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Krach du libéralisme: les vestes se retour nent

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  Sujet:   Krach du libéralisme: les vestes se retour nent  
 De: o.geha...@gmail.com (o.gehaime)
 Groupes: fr.soc.economie, fr.misc.medias.presse-ecrite, fr.misc.finance
 Suivi-à: fr.soc.economie,fr.misc.finance
 Organisation: Guest of ProXad - France
 Date: 06. Oct 2008, 14:44:49
Sur le soudain retournement de veste des médias dominants concernant le 
capitalisme...

http://www.leplanb.org/medias/krach-du-liberalisme-les-vestes-se-retournent-2.html

Médias
Le krach des moulins à vent

L’ouragan financier navre les barons de l’information : ils avaient 
placé leurs euros en Bourse. Et ceux qui, dix ans plus tôt, célébraient 
« la dure et juste loi des marchés financiers » (Le Monde, 17.9.98) 
pestent à présent contre le capitalisme « immoral ».

«Depuis plus d’une décennie, les talibans du divin marché financier ont 
rejeté tous les avertissements, méprisé tous les contradicteurs et 
récusé toute tentative de régulation. Résultat : le divin marché a 
accouché d’un monstre comparable à la créature de Frankenstein, que 
personne ne parvient plus à maîtriser. » À la lecture de ces lignes 
signées Laurent Joffrin (Libération, 24.9.08), on se demande si leur 
auteur ne souffre pas du syndrome de Gilles de La Tourette, ce mal 
étrange qui pousse ses victimes à couvrir d’insanités leur entourage. En 
assimilant la finance à un procréateur de monstres, Joffrin injurie son 
papa spirituel, le banquier Édouard de Rothschild, qui l’a embauché avec 
amour en 2006, mais aussi Libération, dont il se vantait naguère d’avoir 
fait l’un des « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche 
(1) ». Hier encore, il réservait ses « avertissements » non pas au 
marché, mais à la « raideur anti-marché » des syndicats d’enseignants, 
accusés de vivre « dans la phobie du capitalisme et dans la détestation 
des valeurs de l’entreprise privée (2) ».
C’est l’un des effets les plus cocasses de la « crise financière 
mondiale » : les dindons du Parti de la presse et de l’argent (PPA), qui 
exaltaient la liberté du capital, s’insurgent à présent contre son 
manque de règles. Ainsi du Monde, qui dénonce les fonds spéculatifs dont 
la crise a rogné le rendement : « Les hedge funds sont le trou noir de 
la finance mondiale » (22.9.08). Le Plan B a immédiatement actionné sa 
base de données délicieuses (BDD) (3). Un an plus tôt, le même journal 
s’interrogeait dans son supplément « Argent » : « Faut-il avoir peur des 
hedge funds ? » Bien sûr que non, concluait alors Le Monde, puisque ces 
fonds – estimés à 1 760 milliards d’euros, soit une hausse de 700 % en 
dix ans – « sont indispensables au bon fonctionnement des marchés » 
(28.10.07).
La débâcle immobilière qui expulse des centaines de milliers 
d’Américains de leurs logements n’altère pas l’allant de la presse 
française. Comme en témoignent les archives du Monde sur cette période, 
les dindons ont continué de glousser joyeusement tant que leurs plumes 
restaient au sec. « Wall Stret bat un record, la crise semble déjà 
oubliée », titre ainsi Le Monde du 3 octobre 2007, avant d’annoncer : « 
Malgré la crise financière, les marchés émergents nagent dans l’euphorie 
» (14.10.07). Ils ne sont pas les seuls : « Les investisseurs ayant misé 
ces dernières années sur les fonds spécialisés dans le luxe ne l’ont pas 
regretté, tant le secteur affiche une santé éclatante » (9.12.07).

Le dindon qui pleure sa farce
Huit mois après le déclenchement de la crise des « subprimes », le 
quotidien vespéral s’inquiète de ce que « la récession américaine 
pourrait être l’une des plus graves depuis 1945 ». Mais il se rassure 
aussitôt puisque « les patrons du CAC 40 ne ressentent pas la crise » 
(21.3.08). Éric Le Boucher non plus, qui brame en tête de sa rubrique 
économique : « Non aux scénarios catastrophes ! » (23.3.08). À cette 
date, le coût de la crise s’élève à 945 milliards de dollars, selon une 
estimation du FMI que Le Monde, soucieux de « restaurer la confiance », 
évacue dans un articulet (8.4.08). En revanche, la proclamation par des 
experts surpayés de l’OCDE, au moment où la banque d’affaires Lehman 
Brothers entame sa descente vers la liquidation, que « le pire de la 
crise est sans doute passé » (4.6.08) bénéficie d’un gros article.
Car les économistes sont aussi nuls que les journaux qu’ils abreuvent. « 
Il n’y aura pas de krach en 2008 », assurait en janvier un expert de la 
Deutsche Bank, David Naud (Le Monde, 2.1.08). « Le pire est passé. C’est 
fini », tranchait quatre mois plus tard Patrick Artus, l’un des 
économistes chouchous du PPA (Challenges, 3.4.08). « Wall Street bien 
armée pour rebondir », titre au même moment La Tribune (3.4.08), tandis 
que La Vie financière pronostique un « redémarrage sur les chapeaux de 
roue » (4.4.08). Lorsque la dégringolade des banques américaines ne peut 
plus être ignorée, les calamars de l’économie ripostent en vaporisant un 
nuage d’encre : « La crise est l’une des conséquences des attentats du 
11 Septembre », suppute Denis Kessler, PDG de Scor (Le Monde, 28.8.08), 
tandis qu’un économiste du Monde invite à « lire la crise actuelle à 
l’aune des cycles économiques », aussi naturels que les saisons.
Fin septembre, tandis que George Bush promettait 700 milliards de 
dollars à ses argentiers dans le besoin, les chaînes de radio et de 
télévision françaises – sans parler du Figaro et de L’Express – 
s’arrachaient George Soros, un richissime spéculateur américain qu’elles 
vénèrent pour son « franc-parler » et sa « clairvoyance ». « Vous aviez 
tout prévu ! » lui lance, admiratif, l’animateur « culturel » de France 
3, Frédéric Taddei (18.9.08). Quatre mois plus tôt, l’homme qui avait 
tout prévu déclarait en effet : « La crainte que le système financier ne 
s’écroule n’a plus lieu d’être depuis le sauvetage de Bear Stearns et la 
capacité de se défendre qu’a démontrée Lehman Brothers » (Les Échos, 
10.4.08).



Notes :
1. Dans Les années Libé, film de Michel Kaptur, France 2, 2 juin 1993.
2. La Gauche bécassine, Laurent Joffrin, Paris, Robert Laffond, 2007.
3. Certaines des perles qui suivent ont été dérobées dans la vitrine de 
notre bijouterie universitaire Acrimed (www.acrimed.org). Des centaines 
de fourmis sardones envahissent actuellement les bibliothèques pour 
relever les palinodies du PPA dans tous les journaux et magazine d’« 
information ».



Le Plan B n°15 (octobre-novembre 2008)



-- 
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DateSujet  Auteur
06.10.
o   Krach du libéralism
o.gehaime
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