Gandalf_le_Gris a écrit :
> Il faut en effet se méfier des annonces de type médiatique qui ont
> pollué la paleoanthropologie tout au long de ses 2 siècles d'existence.
> Se rappeler à ce sujet l'affaire de Piltdown qui en fut un cas extrème.
> Voir aussi les recherches sur l'ADN humain et simiesque des années 80
> qui concluaient médiatiquement et surtout intempestivement sur un
> dernier ancêtre commun à l'homme et au chimpanzé qui ne serait vieux que
> de 5 millions d'années. Depuis cette annonce, on a trouvé cependant
> plusieurs fossiles préhumains (et donc postsimiesques) dans le créneau
> 5-7 millions d'années, dont les fameux Orrorin et Toumaï, ceci
> repoussant donc d'autant la fameuse bifurcation ! Je pense qu'il faut,
> dans le même ordre d'idées, se méfier des annonces qui ont été faites
> dans les années 90 sur l'Eve Mitochondriale ou sur l'Adam Y-Chromosomal
> qui postulent que les 6 milliards d'êtres humains actuels descendent
> d'une part d'une femme africaine très récente et d'un unique homme qui
> le serait tout autant (environ 100 à 150 milliers d'années). C'est le
> modèle connu sous le nom "Out of Africa". L'un des modèles concurents
> (le modèle du "candélabre") préconise lui une descendance régionale =
> Homo ergaster serait l'ancêtre des Occidentaux (y.c. Néandertalis) et
> des Africains actuels, et Homo erectus serait l'ancêtre des Asiatiques
> (et peut-^tre des Aborigènes) actuels. Je ne comprends pas très bien
> d'ailleurs comment une espèce unique (Sapiens) peut descendre de 2
> espèces parallèles et complètement isolées géographiquement (Ergaster et
> Erectus). La solution est peut être dans un troisieme modèle (le modèle
> réticulaire) qui supprime les barrières géographiques et permet aux
> Ergaster et aux Erectus de batifoler joyeusement ensemble. Sapiens
> serait alors le fruit de leur descendance hybride ..... des hybrides
> interféconds cette fois-ci, puisque nous sommes là pour en parler.
>
> Le racisme et son apogée du 20ème siècle, le nazisme, empêchent donc
> maintenant,comme vous le suggérez, de considérer que l'humanité actuelle
> est multiple. Il n'y a plus, non pour des raisons purement
> scientifiques, mais plutôt pour des raisons philosophiques, qu'une seule
> espèce humaine : Homo sapiens, et même pour certains une seule
> sous-espèce : Homo sapiens sapiens. Le Pygmée, l'Occidental, le Chinois,
> l'Africain et l'Aborigène sont "un". Même si le paléoanthropologue des
> millions d'années futures, dont j'avais parlé dans mon précédent post,
> aura peut-être un tout autre avis, si à cette lointaine époque, l'homme
> aura réussi à se débarraser de ses vieux démons. ......
>
> La question est donc pour moi beaucoup plus vaste que l'hypothèse de
> départ (Néandertal + Sapiens = mystère). Nous avons maintenant à la
> place Ergaster + Erectus = Sapiens (monde entier) mais aussi Ergaster +
> Erectus = Néandertalensis (Europe ancienne). Sans compter que => Sapiens
> = Africain + Occidental + Asiatique + Pygmée + Aborigène. De jolies
> résolutions d'équations en perspective .....
C'est aussi la conclusion de ce court article sur Homo Floresiensis.
<http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/vie-1/d/homo-floresiensis-espece-unique-pour-des-capacites-cognitives-developpees_5941/>
Homo Floresiensis, espèce unique pour des capacités cognitives développées
Par Céline Sivault, Futura-Sciences
Une publication parue dans la revue Science au début de mois de mars
présente le résultat des analyses du crâne de homo floresiensis, le
petit homme découvert sur l'île de Flore en Indonésie. Elles semblent
montrer qu'il s'agirait d'une espèce unique, dotée de capacités
cognitives développées.
Le 28 octobre 2004, une équipe de scientifiques australiens et
indonésiens annonçaient la mise à jour, l'année précédente, d'ossements
de sept hominidés, parmi lesquels se trouvait le squelette d'une femme
presque complet, LB1. Elle mesure environ un mètre, la taille de son
crâne, comparable aux chimpanzés ou aux australopithèques, représente
environ un tiers de celle des hommes actuels. La communauté scientifique
s'interroge alors : s'agit il d'un individu souffrant de microcéphalie,
une maladie réduisant la taille du crâne, de pygmées, ou d'une nouvelle
espèce d'hominidés aujourd'hui éteinte ?
Les analyses du crâne de homo floresiensis menées par Dean Falk, expert
de l'évolution du cerveau à l'université de Floride, apportent un
éclairage. Le cerveau de LB1, dont la mort remonte à 18 000 ans, a bien
sûr disparu de la cavité crânienne, mais il a laissé des empreintes à
l'intérieur de la boîte crânienne traduisant la présence de certaines
zones. A partir des données issues d'une technique d'imagerie médicale,
la tomographie, consistant en un balayage du crâne avec un rayonnement
électromagnétique, l'équipe de Falk, en collaboration avec des
scientifiques de l'université de Washington, a reconstitué une image
tridimensionnelle de la cavité crânienne.
Les résultats indiquent que l'homo floresiensis aurait été doté d'un
cerveau évolué, présentant un lobe frontal, impliqué dans la résolution
de problèmes, et un lobe temporal, important dans les mécanismes liés à
la mémoire, développés. Cette découverte est cohérente avec la
découverte sur le site de crânes d'animaux carbonisés indiquant la
maîtrise du feu et la pratique de la chasse, et de divers outils, et
semble montrer qu'il n'y a pas toujours de lien direct entre la taille
du cerveau et l'intelligence.
La taille du crâne de Homo Floresiensis représente 1/3 de celle des
humains actuels.
La comparaison du modèle réalisé par les scientifiques et le cerveau
d'un malade atteint de microcéphalie a montré peu de ressemblance, et a
conduit à rejeter cette hypothèse. La comparaison avec d'autres modèles
a montré qu'il se rapproche plus du cerveau d'hominidés anciens,
notamment celui d'Homo erectus. Il s'en distingue néanmoins par
certaines caractéristiques, comme la position d'une zone impliquée dans
l'analyse des informations sensorielles, qui sépare le cortex visuel
primaire du reste du cerveau, placée chez homo floresiensis à l'arrière
du cerveau, signe d'un développement cérébral avancé.
L'équipe de recherche pense plus que jamais que les individus dont les
os ont été découverts appartiennent à une nouvelle espèce, intelligente
de surcroît, qui aurait évolué vers une réduction de taille pour
s'adapter à son environnement restreint. Ce point de vue n'est pas
partagé par l'ensemble de la communauté scientifique. S'il s'avérait
exact, cela montrerait que l'évolution n'est pas si linéaire que ce que
l'on pensait, et que plusieurs espèces du genre homo auraient coexisté
il y a peu de temps.
> PS = les usages autorisent les 2 écritures Neandertalensis et
> Neanderthalensis, mais la vallée allemande d'origine du 1er fossile
> rapporté à cette espèce s'appelle Neander. D'où Neandertal (sans H) car
> TAL signifie "vallée" .....
>
>
> ---------------- Gandalf_le_Gris
>
> Pour me joindre =
> le 1er -nopub n'existe pas
> le 2nd est orange
>