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Espace astronomique (11) Les montures.

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  Sujet:   Espace astronomique (11) Les montures.  
 De: az...@aol.com (FaDiese28)
 Groupes: fr.sci.astronautique
 Organisation: http://groups.google.com
 Date: 05. Oct 2008, 00:52:44
Espace astronomique (11) Les montures.

La génération des 8 m touche à sa fin, du moins pour les projets. Le
dernier sera probablement le LSSt, après la mise en service du « bino
» du Mont Graham. Logiquement, l’étape suivante devrait être une série
d’engins de 16 m de diamètre. Magellan appartient plus ou moins à
cette catégorie, il est le seul programme dans cet ordre de dimensions
à ce jour. On peut penser que des pays comme la Chine, qui a inauguré
récemment son premier projet de télescope, pourrait d’ici quelques
années s’inscrire dans ce domaine. La France, avec le Canada et
l’Université d’Hawaï a depuis longtemps un projet de « super CFHT »
dans cet ordre de dimensions, mais on connaît l’aversion profonde du
pays bidochon pour tout ce qui est sciences et techniques. Les chances
de réalisation sont donc quasiment nulles.

Le domaine suivant est celui des 30 m. Du fait de la rareté des
possibilités de lancer des projets, les constructeurs ont tendance à
pousser chaque opportunité au maximum des possibilités techniques. Or,
le diamètre de 30 m apparaît comme une limite en raison des
contraintes sur la monture. Avec les miroirs segmentés, ce n’est plus
le diamètre  du miroir primaire qui pose une limite technique, mais
c’est bien plutôt la rigidité de la monture.

Classiquement, les montures de télescopes se divisent en deux
catégories : les alt-azimutales et les équatoriales. Puisque la Terre
tourne, même si l’église chrétienne, par la bouche du pape, regrette
d’avoir réhabilité Galilée, il faut compenser cette rotation pour
obtenir de longues pauses.

Dans les montures « Alt-Az », on combine deux rotations : une autour
d’un axe vertical, qui permet de changer l’azimut, l’autre, suivant un
axe horizontal qui permet de faire varier l’altitude. Dans le ciel, la
rotation de la planète, fait décrire aux astres une trajectoire
courbe. Il faut donc agir simultanément sur les deux axes pour suivre
une cible. La monture « alt-az » est mécaniquement la plus simple et
la moins chère, c’est traditionnellement, pour cette raison, le choix
préféré des amateurs pour qui les questions budgétaires sont
primordiales. Les amateurs cherchent aussi à viser un objet pour
l’observer à l’œil nu et ensuite le suive « à la force du poignet » en
manœuvrant à la main le télescope.

Pour les télescopes d’observatoires, qui ne font pas d’observations
visuelles, le suivi d’un objet pose un problème mécanique complexe. De
plus, ce suivi est ponctuel, dès que l’on considère un champ étendu,
la vitesse de déplacement apparent des astres varie suivant leur
position. Il en résulte une rotation globale de l’image qu’il faut
aussi compenser par une rotation des instruments. Ce n’est pas
forcément chose facile lorsqu’on utilise un spectrographe de plusieurs
tonnes.

Ainsi, la monture alt-az apparaît simple au premier abord, mais
demande, pour le suivi la combinaison de trois mouvements dont la
vitesse est variable suivant la région du ciel qui est observée.
Historiquement, ce problème a éliminé ce type de monture de tous les
projets de gros télescopes. La situation n’est toutefois pas figée, ce
ne sont plus des dispositifs mécaniques qui commandent les télescopes
modernes, mais des ordinateurs. Commander des mouvements variables en
fonction de la région du ciel observée ne pose aucun problème
particulier pour eux. Les caméras CCD faites d’une mosaïque de
capteurs peuvent même ajuster la direction de lecture de leurs «
pixels » pour compenser la rotation de champ, il n’est donc même plus
nécessaire de prévoir une rotation physique de l’instrument.

Dans ces conditions, la simplification du « gros œuvre » de la monture
avec la réduction de prix qui l’accompagne reprend tout son sens. Mais
plus que le prix, c’est la rigidité de ce type de montage qui est
intéressante.  Ainsi, la monture alt-az refait surface comme une
solution intéressante dans de nombreux grands projets. Toutefois,
l’équatoriale classique, n’est pas encore battue.

Y.B.


DateSujet  Auteur
05.10.
o   Espace astronomique
FaDiese28
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