Anarchie vaincra (8).
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Anarchie vaincra (8).
Pendant qu’en France les ministres se réjouissent de la décrue de
l’inflation (!) et ne voient que de bonnes nouvelles en visitant les
supermarchés où les pâtes ont augmenté de 30% depuis janvier et les
légumes de 18% en un an, les USA viennent de nationaliser de fait les
société de refinancement des prêts hypothécaires Freddy Mac et Fannie
Mae qui ne valaient pratiquement plus rien en bourse malgré leur
portefeuille de près de $5400 milliards de prêts. C’est le
contribuable qui va mettre la main à la poche pour $200 milliards, un
commencement en attendant mieux, la dette étant de $1600 milliards.
Une double faillite à cent milliards pièce, c’est unique dans
l’histoire du capitalisme, mais ce n’est qu’une petite information
pour les médias qui ont consigne de minimiser la crise capitaliste à
tout prix.
Evidemment, parfois ça déborde avec des faillites à $600 milliards,
des nationalisations à $85 milliards, on y reviendra. La réalité va
plus vite que l’analyse et le commentaire.
Il n’en reste pas moins que le tiers de la capacité de prêts du monde
vient de sauter avec Freddy et Fannie, le reste n’est probablement pas
en meilleure forme. Cette nationalisation est la plus grande de tous
les temps, elle dépasse de loin en valeur ce qu’ont fait les
bolcheviques russes en 17. Que le sanctuaire du capitalisme en arrive
à cette extrémité pour sauver les meubles, en dit long sur l’état du
capitalisme-libéralisme et sa décomposition. En terme de coûts, on est
entré dans la troisième guerre, après l’Afghanistan et l’Irak qui
brûlent en pure perte $400 milliards par an, voici que « la crise »
représente une somme équivalente. Après $200 milliards de prêts-
cadeaux aux banques en début d’années, l’affaire actuelle met la barre
des dépenses au même niveau que celui de l’aventurisme militaire. Bien
entendu, la France va suivre et payer, financièrement et
politiquement.
La solution n’est évidemment pas dans une « gauche » qui n’est là que
pour faire tenir les gens tranquilles et pour offrir une équipe-
rustine de rechange à la bourgeoisie en cas de « crevaison » de ses
serviteurs attitrés de la droite officielle. Même l’extrême gauche ou
soit-disant telle, applique le système hiérarchiste de gestion par les
lois et se refuse à envisager des actions concrètes qui relèvent de
l’action directe. L’anarchie en politique implique l’action directe,
donc des décisions techniques et non pas des consignes générales sous
forme de loi et des crédits donnés aux « décideurs » de la
bourgeoisie.
Bien entendu, on dira qu’un programme anarchiste supprimant la bourse
et transformant toutes les sociétés en scops, ce qui élimine le
pouvoir patronal bourgeois, ferait fuir les capitaux et mènerait à la
ruine. Certes, les capitalistes fuiraient et en quelques clics
informatiques, ils mettraient leur fortune « à l’abris » dans des
paradis fiscaux, ils emporteraient avec eux quelques peaux de
malheureuses bêtes, honteusement baptisées « manteaux de grand prix »
et alors ? Les terrains, les constructions, les usines, le matériel
et surtout les compétences resteraient sur place. Ainsi, ce qui
partirait, ce serait une poignée de parasites et l’argent spéculatif,
n’importe comment destiné à s’évaporer dans des spéculations
hasardeuses. L’économie réelle n’y perdrait rien, seuls les comptables
se lamenteraient.
3/ De même que Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir,
le « New deal » des années 30 aux USA a commencé à appliquer une
recette de l’action directe anarchiste en instaurant une politique de
grands travaux. Les grands travaux peuvent proposer rapidement
beaucoup d’emplois peu qualifiés, ce n’est pas souhaitable, mais peut
servir une situation d’urgence. Le premier des grands travaux à
entreprendre, serait d’établir et généraliser le plus vite possible le
ferroutage. Pour limiter les manipulations, il faudrait exploiter des
wagons dotés de plate-forme pivotantes permettant aux camions de
monter et descendre latéralement à partir du quai. Cette solution
d’avenir est attendue pour la prochaine décennie si tout va bien. Il
faut tout de même rappeler que les brevets sur le sujet datent des
année 30, tout comme la politique de Roosevelt. Si cela se fait dans
les délais annoncés, le capitalisme aura mis 90 ans pour réaliser
cette idée d’une complexité extrême : mettre un pivot sur la plate-
forme d’un wagon.
4/ Mais ce ne sont pas seulement les remorques de camions qu’il faut
mettre sur des trains, les voitures particulières y ont également leur
place. Toujours dans les années 30, les bus au Congo alors belge
roulaient à Kinshasa avec des volants à inertie. Dans ce procédé, il
s’agit d’accumuler de l’énergie cinétique dans un disque en rotation
rapide, puis d’extraire cette énergie sous forme électrique avec un
alternateur avant d’alimenter des moteurs situés dans les roues du
véhicule. La voiture électrique à volant d’inertie à été réalisée dans
les années 60, mais le volant, en rotation rapide dans un caisson à
vide relève d’une technologie de type aéronautique (le volant est en
fibre composite, il est maintenu par des paliers magnétiques,…).
Puisque l’industrie automobile est le domaine réservé de la
bourgeoisie des industries métallurgiques, il était impensable
d’employer une technique aux mains de sociétés d’état.
Aujourd’hui, les premières voitures à volant d’inertie et cycle
combiné roulent, elles sont évidemment japonaises. Il s’agit de
généraliser la formule en éliminant la partie moteur à combustion
interne. Le véhicule fonctionne donc uniquement à l’électricité, il se
recharge en quelques minutes, contrairement aux batteries et surtout,
il prend le TGV pour les grands parcours. Paris - Marseille en voiture
en 3 h… Evidemment, la première génération de voitures doit avoir un
moteur thermique au GPL, puisque l’infrastructure ferroviaire n’existe
pas. Par contre, même ces premières voitures doivent avoir le gabarit
et le système de fixation leur permettant les voyages en train. Il
n’est pas nécessaire de produire ces voitures à la chaîne en grandes
unités de production, il est parfaitement possible de disposer de
petites unités de productions locales. Cela aussi c’est l’anarchie :
produire à la base sans demander l’autorisation aux capitalistes
encore en place.
Y.B.

| Date | Sujet | | Auteur |
| 21.09. |
 | Anarchie vaincra (8) | | | FaDiese28 |
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