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Re: Films racistes / Films antiracistes

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  Sujet:   Re: Films racistes / Films antiracistes  
 De: i...@edu.org (téo)
 Groupes: can.francais, francom.chatting.amitie, fr.rec.cinema.discussion, fr.rec.tv.programmes, fr.sci.philo
 Suivi-à: fr.rec.tv.programmes
 Organisation: Aioe.org NNTP Server
 Date: 20. Aug 2008, 13:56:08
 References: 1 2
Barton Fink (USA, 1991) : En 1941, Barton Fink est un jeune auteur qui
connaît soudainement le succès grâce à une pièce de théâtre. La première
scène du film nous met tout de suite dans l'ambiance. Il est dans les
coulisses, et assiste médusé au succès phénoménal de sa pièce : c'est le
triomphe ! Le public applaudit à tout rompre et se lève, transporté
d'enthousiasme par le sublime génie de ce petit auteur juif encore inconnu.
Mais Barton Fink est quelqu'un de timide et de renfermé sur lui-même. Sa
nouvelle notoriété lui vaut un contrat à Hollywood, qu'il commence par
refuser : "Je me couperais du peuple", dit-il. Il est en effet devenu en
peu de temps la nouvelle coqueluche de Broadway. Cependant, il ne résiste
pas à la tentation d'une gloire plus grande encore, et arrive à Los Angeles
où il rencontre un producteur truculent. Celui-ci est expéditif et haut en
couleurs. C'est un juif originaire de Minsk, qui se déclare "plus fort que
les autres youpins du coin !"

Voilà donc Barton Fink à l'hôtel, devant sa machine à écrire. Le problème
est que son voisin de la chambre d'à-côté est vraiment trop bruyant et
l'empêche de se concentrer. Et voilà que celui-ci débarque dans son
univers. Il est gros, rougeaud, brutal et alcoolique : c'est un goy ! Et
pourtant, l'intellectuel délicat et timide qu'est Barton Fink va se mettre
à apprécier cet individu simple et entier. Mais il lui faut aussi trouver
un scénario au plus vite pour le tournage d'un film. Le problème est que
Barton éprouve toutes les difficultés du monde à écrire le scénario qu'on
lui demande. C'est le blocage, pendant plusieurs semaines ! Quand son
producteur le reçoit chez lui, au bord de la piscine, Barton, tout penaud,
a bien dû lui avouer que l'inspiration n'était pas encore au rendez-vous.
Il doit alors subir les sarcasmes de l'adjoint, qui ne s'attendait certes
pas à la réaction brutale du producteur, qui le chasse sans façon avant de
renouveler sa confiance au petit génie qu'il a pris sous son aile. Son
admiration envers Barton est telle qu'il va jusqu'à lui lécher la semelle
de sa chaussure, par respect pour la noble fonction d'écrivain !

Barton rentre donc à son hôtel, rassuré. Fort heureusement, l'inspiration
arrive enfin, et Barton parvient à écrire l'ensemble de son scénario en une
seule nuit. Le résultat est tout simplement génial : Oui, Barton Fink a du
génie ! Il déborde de joie au petit matin. Jamais il n'était parvenu à un
tel degré de finesse et de perfection : "Je suis un créateur !" Le soir, il
va danser dans une boîte de jazz. Dans les jours qui suivent, il fait la
rencontre d'un grand écrivain, mais qui s'avère finalement être un individu
fort décevant, alcoolique, brutal et grossier, et qui traite durement sa
fiancée. Sur un malentendu, si l'on peut dire, Barton passe la nuit avec
celle-ci à son hôtel. Mais le lendemain matin, c'est la stupeur et l'effroi
lorsqu'il découvre le corps ensanglanté de la jeune femme dans son lit. Que
s'est-il passé ? Il n'y est pour rien, évidemment, et prévient tout de
suite son voisin. Celui-ci le croit sur parole, et s'occupe de faire
disparaître le corps.

Subitement, tout va donc très mal, d'autant que son producteur est très
déçu, vraiment très déçu de son scénario. Lorsque Barton se présente devant
lui, il est traité cette fois-ci comme le dernier des déchets et
copieusement insulté ! Tout va donc maintenant vraiment mal pour Barton. La
police ne tarde pas à enquêter sur la disparition de la jeune femme : il
s'avère en fait que son voisin, le gros rougeaud alcoolique, est en réalité
un dangereux psychopathe qui a pour habitude de décapiter ses victimes.
C'est aussi un nazi : "Heil Hitler !" s'exclame-t-il avant d'abattre deux
flics à coups de fusil dans l'hôtel en flammes. Le film se termine ainsi.
Si l'on fait le compte, tous les Blancs sont finalement des ordures dans ce
film des frères Ethan et Joel Coen. Le film a bien entendu été récompensé
par une palme d'or au festival de Cannes en 1991. John Turturro, il est
vrai, est magnifique dans son rôle d'intellectuel juif "proche du peuple".

Obsession fatale (USA, 1992) commence par une scène étonnante : dans un
pavillon d'une jolie petite banlieue proprette, un cambrioleur, qui s'est
introduit nuitamment, est surpris par le jeune couple. L'homme parvient à
s'en sortir en menaçant la jeune femme d'un grand couteau de cuisine.
L'agresseur est un Noir, les victimes sont blanches, ce qui n'est pas
normal au cinéma. On imagine que le réalisateur ne va pas en rester là, et
effectivement, dès la scène suivante, on se rend compte qu'il y a aussi des
Noirs sympas, puisque l'un des deux flics qui arrivent pour rassurer notre
joli couple est un homme de couleur. Son collègue ? un Blanc ? est aussi
quelqu'un de très sympa et de très professionnel? mais seulement en
apparence ! Car en réalité, c'est un dangereux psychopathe qui s'est épris
de la jeune femme et qui va rendre au mari la vie infernale. Il va jusqu'à
tuer son collègue noir, en même temps qu'un jeune dealer, et fera passer
son crime pour une fusillade entre les deux hommes, ce qui ne l'empêchera
pas de pleurer la mort de son ami devant les caméras de télévision. Bref,
l'agression de l'homme noir au couteau est bien oubliée à la fin du film,
où le psychopathe aux yeux bleus a une fois de plus le premier rôle. Il
faut remercier ici M. Jonathan Kaplan (encore lui !).

Dans La Firme (USA, 1993), Mitch McDeere (Tom Cruise) est un jeune diplômé
qui vient d'être recruté par la Firme, un puissant cabinet d'avocats de
Memphis. Il est d'abord séduit et fasciné par les avantages qui lui sont
offerts, mais se rend compte peu à peu que les dirigeants travaillent en
fait pour un terrible gang mafieux de Chicago. Tous les avocats présentés -
une bonne trentaine - sont blancs, catholiques et de type nordique. Ils
symbolisent l'élite américaine dans ce qu'elle aurait de plus hypocrite et
éc?urant. Le film est signé Sydney Pollack.

En 1993 encore, paraît une comédie intitulée Les Valeurs de la famille
Adams. La famille Adams est un peu spéciale : on ne sait pas trop si ce
sont des sorciers ou des vampires, mais il est certain qu'ils adorent le
démon. Ils vivent dans un manoir isolé de tout sur une colline ; ils
s'habillent de noir, ils ont les cheveux noirs et le teint cadavérique.
Leur morale est abjecte ; ils ont la passion de faire le mal, et pourtant,
ils deviennent attachants par leur excentricité. Les deux enfants sont
placés dans une colonie de vacances pendant quelque temps, avec d'autres
petits américains, où toutes les petites filles sont blondes, tous les
petits garçons sont blonds, et tous forment la majorité imbécile, lâche et
intolérante. Bientôt, nos deux petits diablotins aux cheveux noirs seront
mis en quarantaine par ce vil troupeau de blonds pétris de morale
bourgeoise. Mais nos petits Adams ne vont pas se laisser faire. Ils vont
réunir autour d'eux les autres individus opprimés de la colonie, tous ces
enfants aux cheveux noirs injustement méprisés par ces blonds arrogants.
Tous ensemble, ils vont faire un coup d'éclat dans le spectacle de fin de
séjour où assistent les parents. Les blonds en prennent alors pour leur
grade, comme il se doit. Les méchants et les affreux sont en fait les
gentils, et les salauds sont invariablement les blonds : le film est de
Barry Sonnenfeld.

Copland (USA, 1995) montre les méthodes policières peu orthodoxes de
certains flics de New York. Beaucoup parmi eux ont fui la grande ville
cosmopolite qu'ils exècrent, pour venir habiter Garrisson, une petite ville
paisible, de l'autre côté du grand fleuve Hudson, où ils peuvent vivre en
paix ? entre Blancs. On ne tarde pas à comprendre que ces flics blancs, qui
enterrent leurs morts au son d'une musique irlandaise, sont terriblement
organisés, et qu'ils n'hésitent pas à falsifier les enquêtes, ni même à
liquider les flics qui les dérangent. C'est en réalité un véritable gang
mafieux qu'ils ont mis sur pieds. Mais le petit shériff du coin, qui avait
fermé les yeux jusqu'à présent, va enfin avoir le courage de passer à
l'action. Tous ces salauds sont des flics blancs, tandis qu'en face, à New
York, la police multiraciale est vraiment super sympa. Ce film qui
porte "la marque" est signé du très rusé James "Mangold".

Dans Complots (USA, 1997), il y a les méchants, et il y a les gentils. Mais
tout n'est pas si simple, car chez les méchants, certains ne sont pas si
méchants que cela, et s'avèrent même être des gentils. Une seule
certitude : tous les méchants sont des Blancs. Et une fois de plus, de ce
côté-ci, les quotas obligatoires ne sont pas respectés. Le film est de
Richard Donner.

Le racisme du cinéma planétarien peut aussi viser d'autres communautés.
L'Arme fatale 4 (USA, 1998) met en scène un couple de flics de Los Angeles,
un Noir et un Blanc qui ont découvert un réseau d'immigration clandestine
chinois. Quatre cents pauvres hères étaient ainsi entassés dans la cale
d'un navire, mais le Black, pris de compassion, et se rappelant sans doute
ses ancêtres esclaves, décide de transgresser la loi et de recueillir une
famille oubliée dans un canot de sauvetage. Nos deux flics ont tôt fait de
remonter la filière jusqu'au chef de cette mafia qui fait entrer les
Chinois par milliers aux États-Unis. Ceux-ci travaillent ensuite de longues
années pour rembourser le prix du voyage et des faux papiers. C'est une
redoutable organisation criminelle qui fabrique aussi de la fausse monnaie.
Le film de Richard Donner est incontestablement drôle et spectaculaire. Il
est aussi un des films les plus racistes qui existe. A notre connaissance,
aucune communauté, à part la communauté blanche, n'a jamais été dépeinte
par des cinéastes juifs de manière aussi outrageante. Ce traitement vient
probablement du fait que la communauté chinoise est la seule qui fasse
reculer la communauté juive sur le plan du business et de l'organisation
communautaire.

On peut voir aussi dans le même genre le film XXL (France, 1997), qui
dépeint sous un mauvais jour les Chinois de Paris dont l'activité
commerciale fait reculer le business de la communauté juive dans le
quartier du Sentier. Ici, c'est un cafetier auvergnat et un commerçant juif
du textile qui vont nouer une alliance contre l'insupportable invasion
asiatique. L'Auvergnat (Gérard Depardieu) est bon vivant, conquérant, sûr
de lui, tandis que le Juif (Michel Boujenah) est angoissé, timide, inquiet.
Mais le spectateur doit comprendre que leurs divergences sont, somme toute,
très superficielles, et qu'ils ont des intérêts communs à défendre face à
ces pourris de Chinetoques, que l'on peut donc insulter sans crainte d'un
procès. Le réalisateur de ce film est Ariel Zeitoun.

La Ligne verte est un film de Frank Darabont, sorti sur les écrans en 1999 :
Dans le pavillon des condamnés à mort de ce pénitencier américain, en 1935,
il y a des gardiens de prisons ignobles, et des détenus pleins d'humanité.
Tout cela est en effet tout à fait plausible. Les pouvoirs surnaturels du
colosse noir, accusé du viol et du meurtre de deux fillettes, le sont
moins. Celui-ci, est doux comme un agneau, innocent et accusé à tort. Il
sera pourtant la victime des hommes, de l'injustice, et de la cruauté de
gardiens psychopathes - blancs.

Dans Dany Ballint (2001), de jeunes néo-nazis sont embrigadés par une
puissante organisation extrêmiste. Dany, leur chef, le seul type
intelligent de la bande, est en fait un Juif angoissé, en rupture avec sa
communauté. Une scène finale du scénario entend montrer contre toute
vraisemblance que ces organisations nazies sont soutenues par la grande
bourgeoisie américaine : le film est de Henry Bean ; le scénario de Mark
Jacobson.

Runaway jury (USA, 2002) est l'histoire de la manipulation des jurés par le
lobby des ventes d'armes aux Etats-Unis. Les "méchants" sont des blonds
manipulateurs, terriblement organisés et efficaces qui agissent pour le
compte du lobby des armes à feu. Espionnage, violence, chantage et
manipulation sont leur spécialité ; tout est mis en ?uvre pour gagner le
procès, mais fort heureusement, ces salauds vont perdre à la fin grâce à
l'intelligence du petit avocat Dustin Hoffman : un film de Garry Fleder,
sur un scénario de David Lieven et Brian Koppelman.

L'esprit politiquement correct américain se retrouve évidemment dans un
autre dessin animé : Pocahontas (1995), de Mike Gabriel et Eric Goldberg.
Pocahontas, jeune indienne indépendante, refuse le mari que lui a désigné
son père et s'éprend d'un aventurier anglais moins raciste que les autres,
auquel elle renoncera finalement pour rester avec son peuple. Les Anglais
sont avides, cruels et répugnants, les Indiens sont bons, sages, nobles et
respectueux. Pocahontas a été étudiée pour plaire à tout le monde : elle
est brune, sexy, le teint ambré, les yeux en amande : elle tient à la fois
de l'Indienne, de la Noire, de la Chinoise, de la Berbère et de la Gitane.
Elle revendique son "ethnicité planétaire".

Dans Terminator II, le tueur psychopathe déguisé en flic est un homme blanc
aux yeux bleus et aux traits nordiques, tandis que le génie de
l'informatique qui met au point une puce miniature destinée à bouleverser
l'humanité est un Noir repentant, qui accepte de détruire le fruit de son
labeur pour sauver l'humanité.

Dans Matrix, de Larry Wachowski (USA, 1999), les humains sont entièrement
soumis à un programme informatique qui domine toutes leurs pensées et toute
leur vie. Ils croient exister, mais ne sont en fait que des esclaves des
machines. Il ne reste plus qu'un petit nid de résistance humaine : Sion. Le
film est truffé de messages kabbalistiques : le héros, Néo, est "l'élu", le
libérateur mythique de l'humanité annoncé selon les prophéties, qui va
pouvoir sauver "Sion", ainsi que le révèle "l'Oracle". Les humains sont
peints sous les couleurs d'une société multiethnique, tandis que la
matrice, qui entend dominer l'univers, est représentée sous les traits de
l'homme blanc : les agents Smith, qui, dans leurs costards-cravates, sont
évidemment très pervers et très méchants. Une fois encore, ce sont les
Blancs qui doivent endosser les responsabilités des véritables tyrans : car
la matrice existe "pour de vrai" : c'est elle qui a fait le film.

Dans O'brother (USA, 2000), trois sympathiques lascars sont parvenus à
s'évader d'un pénitencier du sud des États-Unis. Le début du film paraît
être un hommage à la culture du sud profond, avec, au premier plan, la
cavale de nos trois fugitifs, sur un fond de musique country. Mais
l'habituel message antiraciste y trouve sa place après quelque temps : les
hommes politiques blancs passent pour des magouilleurs hargneux, racistes
et sans scrupules. Le Ku Klux Klan en prend naturellement pour son grade,
et l'on comprend que rien ne vaut une bonne société multiraciale. Le
message politique est ici habilement incarné dans un quadrige de "country
music" formé de nos trois compères et d'un "Black" à la guitare. Il faut
dire que leur musique est vraiment entraînante. On n'omettra pas de
souligner que le système électoral ? one man, one vote ? est dépeint pour
ce qu'il est : une escroquerie, où le candidat qui l'emporte est celui qui
orchestre la meilleure campagne publicitaire. Un bon point tout de même,
donc, pour les frères Joel et Ethan Coen.

Dans Panic Room (USA, 2001), une jeune femme très riche (Jodie Foster) et sa
fille emménagent dans un immense hôtel particulier au c?ur de Manhattan. La
demeure est équipée d'une chambre forte conçue pour survivre en cas
d'agression extérieure. Un soir, trois cambrioleurs pénètrent dans la
villa. C'est alors le début d'une aventure terrifiante qui va très mal se
terminer, car le magot qu'ils cherchent se trouve justement dans la pièce
où se sont réfugiées les deux femmes qui ignorent tout des projets de leurs
assaillants. Parmi les trois cambrioleurs, le colosse noir est le seul à
être un peu intelligent : c'est d'ailleurs lui qui a conçu la pièce forte.
Il est aussi le technicien et le plus scrupuleux des trois malfrats,
puisqu'il refuse toute violence dès le départ. Le chef de l'équipe, en
revanche, est un Blanc, un grand nerveux imprévisible, qui finira avec une
balle dans la tête en tentant de s'en aller. Le troisième, un autre Blanc,
très calme, s'avère en réalité être un dangereux psychopathe et un tueur
fou. A la fin du film, cette espèce de taré s'apprêtait à tuer la jeune
femme à coup de masse dans le visage. Fort heureusement, le Noir intervint
juste à temps. Et c'est aussi ce grand Noir qui, dans des conditions
difficiles, fit une piqûre à la petite fille souffrante et la sauva d'une
mort certaine. Les Blancs sont méchants, les Noirs sont gentils ; le film
est de David Fincher.

Décidément, il est dit que nous ne sortirons pas de ce schéma
culpabilisateur, et il faut se rendre à l'évidence que la répétition
calquée de ces modèles révèlent une volonté précise d'inculquer aux masses
européennes un message bien précis, dans lequel on constate que
la "tolérance" peut s'apparenter à un venin puissant et indolore qui
assoupit la victime avant de la terrasser. On pourra certes objecter que la
majorité des stars d'Hollywood sont encore des Blancs, mais il ne faut pas
perdre de vue l'objectif planétarien n'est pas de détruire totalement les
sociétés blanches, tellement utiles pour la prospérité des affaires, mais
de conduire les hommes blancs à adopter la société plurielle, dans laquelle
ils pourront garder la place qui leur revient : la deuxième. Et puis, c'est
gens-là représentent encore la grande majorité du public qui fréquente les
salles de cinéma. Il faut donc les ménager un peu, et les amener
progressivement à accepter les nouvelles normes planétariennes. De toute
manière, ainsi que le montre très bien le beau film du grand réalisateur
Steven Spielberg, Les Aventuriers de l'Arche perdue (1980), la puissance de
Yahvé est beaucoup trop grande pour que l'on puisse simplement songer à s'y
opposer.

On pourra tout de même regarder avec un certain intérêt cette comédie de
Barry Levinson : Des Hommes d'influence (USA, 1997). Rien ne va plus à la
Maison Blanche : deux semaines avant les élections, le président est
impliqué dans un scandale sexuel. Pour faire diversion, le conseiller du
président expert en manipulations (Robert de Niro) lance une rumeur sur une
guerre complètement imaginaire. Pour la mettre en scène, il contacte un
producteur de cinéma (Dustin Hoffman). Tous deux vont détourner l'attention
du public et bluffer toute la population avec des montages télévisés
complètement trafiqués. Un film réjouissant, où l'on peut constater que le
système est maintenant suffisamment sûr de sa puissance pour se dénoncer
lui-même.

Le cinéma français n'est évidemment pas en reste dans cette discipline de
flagellation de la population majoritaire. Jean-Jacques Annaud, dans La
Victoire en chantant, (France, 1976) nous offre un aperçu de la présence
française en Afrique en 1915, où une population de colons composée
exclusivement de crétins alcooliques est opposée à des Noirs pleins
d'humour.

En 1984, avec Train d'enfer, Roger Hanin lance un cinéma militant. Dans le
numéro du 11 janvier 1985, l'hebdomadaire indépendant Tribune juive, dont
le directeur, le rabbin Jacques Grunewald est connu pour ses sympathies de
gauche, commente ainsi le film de Roger Hanin : "Assassinat atroce dans un
train : un jeune Arabe est lynché et défenestré par trois recrues en
goguette. A partir de ce fait divers, acte raciste émanant de trois paumés,
Roger Hanin a construit un film dont il veut tirer une large morale,
impliquant cette fois la France profonde tout entière. Plus question de
trois garçons isolés et éméchés. C'est d'un véritable réseau néonazi qu'il
s'agit, englobant toute une ville, voire le monde entier." et Tribune juive
ajoute : "Roger Hanin assure que, Juif algérien, on lui a appris dès
l'enfance à aimer les Arabes. Apparemment, on ne lui a pas appris à aimer
les Français." Train d'enfer a bénéficié de l'aide de l'organisme d'avance
sur recette, présidé par Bernard-Henri Lévy, c'est-à-dire d'une subvention
financée par l'argent des contribuables français.

Dans Hors-la-loi, de Robin Davis (France, 1984), "quinze adolescents
d'origines ethniques diverses, s'évadent d'un centre de redressement. Il
font irruption dans un bal de village où le patron du bar, raciste, finit
par tirer dans le tas."

En 1995, dans La Haine, Matthieu Kassovitz dépeint la haine de la société
française qui tenaille trois jeunes : un Arabe, un Noir et un Juif d'une
cité de banlieue. On voit ici encore cette inclination à assimiler les
Juifs aux éléments les plus défavorisés de la société. Matthieu Kassovitz
se fait ici le porte-parole d'une frange d'immigrés rétifs aux lois et qui
hurlent leur haine du système. Les blacks et les beurs deviennent
l'incarnation d'un nouveau mythe de héros rebelle, mais reçu régulièrement
sur tous les plateaux de télévision et bénéficiant du soutien des grosses
maisons de production. C'est encore Matthieu Kassovitz qui signe en 2000
Les Rivières pourpres : dans les glaciers des Alpes, des cadavres
atrocement mutilés sont retrouvés, avec les yeux crevés et les deux mains
tranchées. Les enquêteurs vont suivre une piste qui va les mener à
l'université locale, qui s'avère être une pépinière de dangereux néo-nazis.
Là encore, le scénario est peu crédible, mais c'est amplement suffisant
pour le public à qui le film est destiné.

Avec Taxi, sorti en 1998, Gérard Pirès a eu aussi beaucoup de succès : Sami
Naceri, un fou du volant, parvient à bout d'une bande de dangereux
malfaiteurs. Ces derniers sont des Allemands de type nordique, aussi cons
que méchants. Dans Les Enfants du soleil, sorti en 2004, Alexandre Arcady
prétend raconter le drame des Français d'Algérie, alors que son film n'est
qu'une célébration de la communauté israélite. Le Français "pied noir
catholique propre sur lui" comme dit l'auteur lui-même, s'appelle Lacombe.
Comme "Lacombe Lucien", le milicien simplet et dangereux inventé par
l'écrivain Patrick Modiano pour le film de Louis Malle.


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01.01.
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