Re: Films racistes / Films antiracistes
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Sujet: Re: Films racistes / Films antiracistes
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Date: 20. Aug 2008, 13:48:28
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Films racistes / Films antiracistes
Posted août 19, 2008
Nous republions ici un article paru sur notre ancien blog, que le lobby
avait censuré, puis supprimé d'autorité en janvier 2008, sans autre forme
de procès. La liste des films ci-dessous est naturellement très loin d'être
exhaustive. Nous n'y avons pas intégré les analyses cinématographiques
publiées dans Le Fanatisme juif et dans La Mafia juive.
On a coutume de dire qu'en démocratie, les médiats constituent le "quatrième
pouvoir", après le pouvoir exécutif (le gouvernement), le législatif
(l'Assemblée) et le judiciaire. L'importance qu'a prise la télévision dans
notre univers quotidien vient sans doute démentir aujourd'hui l'ordre bien
établi des juristes et des politologues. La vérité est que les médiats, et
notamment la télévision, occupent une place essentielle dans le formatage
des esprits et la formation des opinions de nos contemporains. Point n'est
besoin de s'appesantir sur ce sujet. Et sur le petit écran, le cinéma est
encore le support le plus populaire pour faire passer un message dans les
masses, invitées de préférence à regarder les "coups de c?ur" des
programmes-télés, qui vont invariablement au film le plus chargé
d'humanisme et d'idéologie.
Le métissage
Le cinéma planétarien célèbre les vertus de la démocratie multiculturelle et
du métissage : il s'agit, sous une forme ou sous une autre, d'amener le
spectateur à concevoir un monde sans frontière et de lui inculquer la
tolérance envers "l'autre". Dès les années 50, un cinéaste cosmopolite
entendait sensibiliser le public au racisme de la société américaine. La
porte s'ouvre (USA, 1950) raconte l'histoire survenue au Dr Brooks, un
interne noir dans un hôpital. Il accueille un jour deux truands, Ray et
John Biddle, blessés au cours d'un hold-up. John meurt, et Ray accuse le Dr
Brooks de l'avoir tué? "Plaidoyer antiraciste qui suscita quelques remous à
l'époque", nous apprend le Guide des films de l'historien Jean Tulard
(2002). Le film est de Joseph Mankiewicz.
Les premiers films mettant en scène des couples mixtes sont pourtant si
surprenants qu'il a fallu traiter le sujet à part entière. En 1967, le
réalisateur américain Stanley Kramer a été l'un des premiers à faire
l'apologie du métissage aux Etats-Unis, à travers le film Devine qui vient
dîner ce soir. Kramer imagine une jeune beauté présentant son mari à ses
parents. Vous l'avez deviné, celui-ci est un noir, sympathique, cultivé,
intelligent, et dont le naturel désarmant et la gentillesse viennent à bout
de la méfiance instinctive et vicieuse des bourgeois blancs américains. Le
film remporta évidemment dix nominations aux Oscars. Il semblerait que la
production se soit tarie dans les années qui suivirent, mais il serait
nécessaire de pousser les recherches plus avant pour s'en assurer.
Police frontière (USA, 1982) est l'histoire d'un officier de l'immigration
américaine, qui surveille les clandestins du côté d'El Paso. Il est un jour
confronté à une situation cornélienne quand le bébé d'une jeune Mexicaine
est kidnappé pour être vendu à un couple stérile. On imagine que le film de
Tony Richardson entend nous apprendre la fraternité universelle.
L'idéal planétarien se manifeste avec beaucoup de succès dans le cinéma de
science-fiction. Steven Spielberg, dans E.T, l'extraterrestre (1982), nous
apprend à accueillir l'autre, l'étranger, ce qui est une très bonne chose
dans l'absolu. Star Trek, ce feuilleton-culte où toutes les minorités
ethniques sont représentées, est évidemment tout imprégné d'esprit
planétarien. Quelques détails permettent aux initiés de se repérer dans les
principes de la société Vulcain. Les scénaristes du feuilleton télévisé
sont Leonard Nimoy et William Shatner. Les méchants sont curieusement
représentés sous les traits d'hommes blancs, tandis que les gentils forment
une humanité multi-ethnique.
Il est certain, en tout cas, que ce type de message de sensibilisation a
connu un regain d'intérêt dans les années 1990. Dans Love Field (USA,
1993), Michelle Pfeiffer joue le rôle d'une belle blonde qui adore les
Noirs. Nous sommes en 1963, aux États-Unis, et le président Kennedy vient
d'être assassiné. Bouleversée, Lurene décide d'aller aux obsèques à
Washington, malgré l'opposition de son mari, qui joue le rôle du crétin de
service. Dans le car, elle fait connaissance avec un Noir et sa petite
fille. Mais celui-ci reste froid et distant. Le comportement de cet "homme
de couleur" lui semble louche, et l'enfant paraît avoir été kidnappé. A une
halte, elle décide alors d'appeler la police, juste avant de se rendre
compte de son erreur : cet enfant est bien sa fille, et si l'homme l'a
enlevée, ce n'était que pour la libérer d'un horrible orphelinat après la
mort de sa mère. S'étant amourachée de la petite, la belle blonde décide de
ne pas les abandonner, et fuit avec eux. La police est maintenant à leurs
trousses, convaincue que ce "nègre" a kidnappé à la fois un enfant et une
jeune femme blonde qui s'apprêtait à le dénoncer. La scène de violence
raciste a un peu tardé, mais elle est finalement arrivée, comme prévue :
tandis que la voiture volée est tombée en panne, notre Noir se fait
copieusement tabasser par trois sales cons de Blancs sur une route de
campagne. La belle blonde va alors le soigner dans une grange, et lui
offrir son corps. A partir de là, les jeux sont faits. A un motel où
l'attend son mari, jaloux et fou de rage, la bagarre éclate entre les deux
hommes. Le Noir, bon et débonnaire, aura évidemment le dessus sur le Blanc,
coincé, mesquin et "frileux", comme dirait Alain Minc. La fuite en avant ne
durera pas éternellement, on pense bien, mais tout rentrera dans l'ordre,
après les arrestations. La jolie blonde va divorcer, et se mettre en ménage
avec le Noir. Ce très beau film est signé Jonathan Kaplan. Ce réalisateur,
qui avait hésité entre la carrière de cinéaste et celle de rabbin, signe
ici un chef-d'?uvre antiraciste.
La mixité ethnique a été banalisée dans les années 90, et utilisée le plus
souvent comme aspect secondaire du film, auquel le public n'est pas censé
prêter attention. Les films de Quentin Tarantino, par exemple, ?uvrent dans
ce sens : dans Pulp Fiction (USA, 1993), on assiste aux délires meurtriers
d'un duo de choc, un Blanc et un Noir. Le chef du gang est un Noir ; sa
femme est une blanche complètement shootée. Dans Jackie Brown (1997), le
principal personnage est un Noir, trafiquant d'armes, dont la femme est une
petite blonde, là encore complètement camée. Dans Reservoir Dogs (1992),
les personnages sont des chiens enragés qui s'entre-dévorent dans un
impressionnant carnage. Ils sont tous blancs, et plus ou moins tarés.
En 1995, dans Liaison interdite, Paul Seed met en scène un soldat noir
américain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci souffre du mépris de
ses compagnons d'armes : ce sont des Blancs arrogants, méchants et
racistes. Avec un ami, il est affecté aux cuisines du mess des officiers,
où il rencontre Esther, une mère de famille dont le mari est parti au
front. Très vite, ils se sentent attirés l'un par l'autre. Mais leur
relation est mal vue : elle est anglaise et blanche, et il est américain et
noir.
Independance day, de Roland Emmerich (USA, 1995) a fait sourire : une
immense soucoupe volante envahit le ciel, libérant un nombre infini de
petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes
du monde. Un informaticien new yorkais décrypte les signaux émanant des
étranges voyageurs. Ils ne sont pas du tout amicaux, et ils se préparent à
attaquer la terre. Les deux héros qui vont sauver la planète sont un Noir,
et un Juif hassidique. Ce n'est plus la peine de se cacher puisque le
public ne voit rien !
Men in black (USA, 1997) est un film qui nous apprend à accueillir
l'étranger, tous les étrangers, et mêmes les extra-terrestres. Nous ne le
savons pas, mais ils sont déjà nombreux à vivre parmi nous et à avoir pris
une forme humaine. Les membres d'une agence spéciale ultra-secrète sont
ainsi chargés de veiller à la régulation de ces flux migratoires d'un
nouveau genre et de garder secret l'existence de ces extra-terrestres afin
de ne pas alarmer la population. Nos deux super-agents spéciaux ? un Noir
et un Blanc ? sont ici amenés à traquer un Alien hostile, qui ne résistera
pas à l'efficacité de ce tandem de choc. Bien que les deux soient aussi
compétents l'un que l'autre, le Blanc est tout de même un peu fatigué.
C'est donc le Noir qui va continuer la lutte et profiter des faveurs de sa
nouvelle co-équipière ? blanche. Le film a été réalisé par Barry
Sonnenfeld, sur un scénario de Ed Solomon et une musique de Danny Elfmann.
Il a en outre été produit par Steven Spielberg. Tous sont des
extra-terrestres déguisés en êtres humains et des agents de la "Matrice".
"Du passé faisons table rase". A défaut de tirer un trait sur l'histoire
d'avant 1789, on pourra la traficoter un peu, tout doucement, afin
d'accoutumer le public a accepter l'univers cosmopolite et pluriel de la
société de demain. Il en est ainsi pour Les Mystères de l'Ouest (Wild wild
West, USA, 1999) : En 1869 aux Etats-Unis, des savants de renom ont
mystérieusement disparus. Le président Grant demande alors aux agents West
et Gordon de résoudre cette énigme. Un divertissement invraisemblable, dans
lequel le réalisateur Barry Sonnenfeld a eu la bonne idée de prendre un
acteur noir pour héros (Will Smith).
Le cinéma "anglais" connaît aussi cette tendance multiculturelle. Dans Dirty
Pretty things (Grande-Bretagne, 2002), Stephen Frears raconte l'histoire de
Okwe, un Nigérian clandestin, chauffeur de taxi le jour et veilleur de nuit
dans un hôtel. Celui-ci découvre un trafic d'organes humains qui se déroule
dans l'hôtel, mais aussi l'amour d'une jolie jeune femme blanche qui va lui
faire aimer la vie en Angleterre.
Dans Les larmes du soleil (USA, 2003), le réalisateur noir Antoine Fugua
dépeint une guerre civile entre tribus noires en Afrique. Une unité de l'US
Army est chargée de récupérer une jeune Américaine dirigeant un centre de
soins hospitaliers. Celle-ci, on s'en doute, est pétrie de principes
humanitaires ; à tel point qu'elle refuse de suivre Bruce Willis et son
commando de choc, si les blessés africains ne sont pas emmenés eux aussi.
Bruce Willis va donc désobéir aux ordres, et ira jusqu'à faire massacrer la
moitié de son unité pour sauver les Africains sous son autorité. Un
dialogue du film fait comprendre au spectateur que si les Américains
agissent ainsi, c'est pour "se racheter" de tous les crimes de l'homme
blanc commis dans l'histoire. Mais c'est oublier un peu trop facilement
qu'une bonne partie des Noirs vendus à l'époque de l'esclavage l'avaient
été par d'autres Noirs, qui n'avaient cure de vendre leurs frères de race à
des Blancs. Et si le réalisateur Antoine Fuga avait rappelé le rôle
accablant des commerçants juifs dans la traite des Noirs, sans même parler
des esclavagistes musulmans, dont le commerce dans l'Océan indien a duré
quatorze siècles, il n'aurait de toute manière jamais pu produire son film.
Voici un film catastrophe : Le jour d'après (USA, 2004). Après les volcans,
les tornades et les météores, le réchauffement de la planète provoque un
raz-de-marée suivi d'une vague de froid. Le film est plat et ennuyeux, mais
la fin est révélatrice de l'état d'esprit du réalisateur. En effet, les
peuples du Nord sont obligés d'émigrer vers le sud. Le président américain
déclare alors : "Les Américains, mais aussi de nombreux peuples sont
aujourd'hui les hôtes de ce que l'on appelait autrefois le Tiers-Monde,
nous étions dans le besoin et ils nous ont laissé entrer chez eux, ils nous
ont accueillis ; je leur exprime toute ma gratitude pour leur hospitalité."
Le message du réalisateur Roland Emmerich est donc clair : il faut que nous
laissions entrer tous les immigrés chez nous, car il est possible que
demain, dans un avenir? disons incertain, nous ayons besoin d'eux nous
aussi. Rappelons que Roland Emmerich est aussi le réalisateur
d'Independance Day, le film dans lequel la Terre est sauvée de la
catastrophe par un Noir et un juif hassidique. Sacré Roland !
La production française dans ce domaine est exemplaire : Dès 1988, dans
Romuald et Juliette (1988), Coline Serreau nous montre une histoire d'amour
interraciale. Romuald (Daniel A.) est le jeune PDG d'une importante
entreprise, qui tombe amoureux de la femme de ménage, une antillaise mère
de cinq enfants. Le scénario n'est évidemment pas très crédible, mais il
reflète bien la volonté d'inculquer la "tolérance" et l'ouverture à
l'autre.
Dans Itinéraire d'un enfant gâté (France, 1988), Claude Lelouch raconte
l'histoire d'un homme (J.-P.Belmondo) qui a soudainement abandonné sa
famille pour aller vivre en Afrique. Il réapparaît, deux années plus tard,
pour reprendre ses affaires. Ici encore, on se rend compte que le mariage
des Blanches avec des Noirs et des Sémites est une véritable obsession chez
les réalisateurs juifs.
Dans L'Union sacrée (France, 1989), deux flics sont obligés de faire équipe
dans une enquête sur un réseau islamiste, qui se finance par toutes sortes
de trafics. Le Juif Simon Atlan (Patrick Bruel) et l'Arabe Karim Hamida
(Richard Berry) se détestent cordialement. Et pourtant, face à
l'intolérance et au fanatisme des méchants islamistes, ils vont peu à peu
se lier d'amitié. Dans ce film, le Juif est un peu fou et sympathique,
tandis que le flic arabe est sérieux et efficace.
Le commissaire, joué par Bruno Kremer, parle à ses hommes dans un langage
direct : "Vous devez vous comporter comme des croisés, chargés de défendre
le monde occidental ! Avec ces salauds-là, tous les coups sont permis !" Il
faut comprendre ici que, contre les méchants islamistes qui menacent notre
belle démocratie multiculturelle, ce sont les Français de souche qui
doivent une fois encore aller au casse-pipe. Les islamistes sont évidemment
dépeints comme des bêtes féroces. Ecoutons l'un de ces dangereux tarés,
dont le réalisateur a surpris la conversation à la terrasse d'un café : "On
va transformer la vie de ce pays en cauchemar. Aujourd'hui on tape ici,
demain là-bas. Il n'y a pas d'innocents qui comptent."
Simon est séparé de Lisa, son épouse. C'est une goy, une petite française
bien mignonne qui adore les juifs, mais qui n'a pu supporter la vie avec
Simon, trop gosse dans sa tête. Lisa ne le supporte plus ; en plus, comme
elle l'explique à Karim, sa belle-mère a fait circoncire son fils alors
qu'elle-même n'a jamais imposé le baptême à l'église. Lisa s'occupe de
vernissages et d'expositions dans une galerie d'art. Quand un attaché
d'ambassade, un certain Rafjani se présente dans l'exposition de tapis
qu'elle a organisée, elle n'hésite pas à le sermonner sur le droit des
femmes dans son pays. Elles sont comme ça, les Françaises : moralisatrices,
donneuses de leçon, et surtout, ouvertes à tous les vents de l'Orient.
C'est comme ça qu'on les aime ! Et Lisa, qui a quitté le juif, va en effet
tomber sous le charme de Karim.
Mais il se trouve que ce Rafjani est aussi le chef du réseau islamiste ?
comme par hasard. Le quartier général de ce réseau mafieux a enfin été
repéré par nos deux super-flics. C'est un pseudo centre culturel. Les
islamistes, qui sont vraiment des gens très méchants, y torturent un pauvre
kabyle en lui fourrant un entonnoir dans la bouche et en lui versant deux
bouteilles de whisky dans le gosier. A l'intérieur, apprend-on, "c'est un
véritable arsenal ; on se croirait à Beyrouth". Se retrouvant face à
Rafjani, notre flic Karim n'hésite pas à lui lancer au visage : "J'ai honte
d'appartenir à la même race que toi !" C'est comme ça qu'on les aime, les
musulmans : divisés, pleins de ranc?ur et de honte, et prêts à
s'entre-tuer ! Rafjani, qui doit être expulsé du territoire, est vraiment
plein de haine : "Je me vengerai, dit-il, même si je dois mettre Paris à
feu et à sang. Allah Akbar !"
Autre scène : Lisa, notre petite Française bien mignonne, dîne au restaurant
avec Karim. Simon, qui est toujours amoureux d'elle, arrive de manière
impromptue : "Tu te tapes ma femme en cachette !" Toujours impulsif, Simon
décide de jouer la partie à la roulette russe : "Tu gagnes, tu gardes ma
femme". Très courageusement, il place le canon du revolver sur sa tempe et
tire : clic. Karim refuse de jouer à ce jeu stupide et se lève. Le juif
tire alors en l'air, et là, le coup part : "T'es mort, dégage !". Karim, ne
partira pourtant pas la tête basse et, très dignement, giflera Simon avant
de s'en aller. Et l'on note que, dans ce duel terrifiant pour la femme
blanche, le juif et l'Arabe savent rivaliser avec panache.
Mais les méchants islamistes entendent bien liquider ces deux flics trop
consciencieux. Ici a lieu une scène d'anthologie du cinéma français. Le
restaurant kasher de la mère de Simon est mitraillé en plein jour, comme à
Chicago ! Lisa, grièvement blessée, va mourir à l'hôpital. Au cours de la
cérémonie funèbre qui a lieu à l'église, Simon, plein de haine et de
vengeance, n'y tint plus et sort précipitamment. La cérémonie religieuse
catholique est évidemment perturbée (c'est comme ça qu'on les aime !) et
Simon s'enfuit. La scène qui suit nous montre Simon priant à la synagogue,
avec la kippa et le châle de prière sur la tête. On entend aussi son père
prier pour lui dans le restaurant : "Donne-lui la force, donne-lui la
rage !" Po po po !
Le diplomate islamiste est finalement expulsé sans que Simon ait pu assouvir
sa vengeance. Devant les caméras de télévision, Rafjani tente encore de se
faire passer pour une victime, se plaignant de la dureté de traitement que
lui a réservé "la patrie de Voltaire et d'Anatole France, protectrice des
opprimés" (ces islamistes sont d'une perfidie !). Fort heureusement, tout
ne finit pas si bien pour ce salaud d'islamiste, puisque l'on voit sa
voiture exploser dans la nuit, avec la Tour Eiffel illuminée en arrière
plan. Le film se termine sur ces quelques lignes qui apparaissent à
l'écran : "Simon et Karim ont sans doute rêvé cette vengeance. La loi du
talion ne sera jamais une réponse à la violence. Cette histoire est une
fiction. La réalité est toute aussi cruelle." C'est beau, non ?
Apparaissent alors les visages du juif et de l'Arabe regardant au loin
comme les statues d'un couple de prolétaires soviétiques. Bref, c'est du
grand cinéma. C'est signé Alexandre Arcady, qui ne s'est pas foutu de nous.
Aïe aïe aïe !
En 1989, Gérard Oury nous propose Vanille-fraise : Deux agents secrets ont
pour mission de faire sauter un navire chargé d'une cargaison de
missiles. "Il est noir, expert en explosif (et vachement sympa), nom de
code : Vanille. Elle est blanche, et nageuse de combat, nom de code :
Fraise !
En 1993, Matthieu Kassovitz signe le film Métisse : Lola est une "sublime
métisse antillaise" qui a deux amants. L'un est blanc, juif et rappeur, et
l'autre est noir, fils de diplomate et étudiant en droit. Elle leur fixe un
jour un rendez-vous commun pour leur apprendre qu'elle attend un bébé.
Entre les deux hommes, c'est d'abord la guerre. Mais le racisme entre le
Juif et le noir n'est pas bien méchant, et bientôt, ils vont faire une vie
à trois : le Juif, le Noir musulman et la métisse chrétienne. "Une comédie
tonique qui n'a pas peur ni du poids des traditions, ni du choc des
cultures", selon un grand hebdomadaire "PC".
Le film Un, deux, trois soleil, de Bertrand Blier (France, 1993) est un
modèle du genre : C'est la vie ordinaire et sombre de Victorine (Annouk
Grinberg, épouse du réalisateur), gosse de banlieue. Sa mère est folle, son
père alcoolique, et son premier amour a été assassiné par un beauf. Elle
calme sa violence, rencontre Maurice, qui lui fait deux enfants. Le flic
blanc, un imbécile, est marié à une mama noire qui lui donne des petits
métis. L'institutrice blanche ne rêve que de se faire culbuter par ses
grands élèves blacks et beurs. Jean-Pierre Marielle laisse sa porte ouverte
la nuit pour les petits voleurs noirs, et leur offre à dîner avec ces
mots : "Tu es la chance de mon pays. Quand tu seras grand, épouse une
Française, bien blanche."
Trop de bonheur (France, 1994) montre la vie de quatre adolescents dans le
midi de la France à l'approche de l'été : Valérie, Mathilde, Kamel et son
copain Didier. Ils se réunissent pour une soirée avec quelques autres dans
la villa de Mathilde en l'absence de ses parents. Kamel aime Valérie.
Musique, danse, alcool, émois affectifs, trahison, violence. Lorsqu'ils se
retrouvent quelques années plus tard, à peine se reconnaissent-ils. Kamel
vit maintenant avec Mathilde. Ce film qui porte l'estampille cosmopolite
est signé Cédric Kahn.
En 1997, le réalisateur Robert Guédiguian présente Marius et Jeannette : A
Marseille, Jeannette vit seule avec ses deux enfants, qu'elle a eu de deux
lits différents. La grande fille lui a été laissée par un salaud qui l'a
quittée : un con de blanc. Quant au fils de 12 ans, c'est un petit métis
d'Africain qui travaille très bien à l'école. Son père, qu'elle regrette,
parce qu'il était adorable, est malheureusement mort sur un chantier.
Jeannette rencontre Marius. C'est un grand gaillard taciturne qui est
vigile dans une usine désaffectée. Tous les personnages du film sont des
braves gens du petit peuple qui, pour certains, ne cachent pas leurs
sympathies communistes. Le film a naturellement été récompensé par un César
pour la meilleure actrice en 1998.
Bernard Stora est le réalisateur du film Un Dérangement considérable
(1999) : "Depuis l'enfance, Laurent Mahaut consacre toute son énergie à la
réalisation de son rêve : devenir footballeur. Embrasser la carrière
professionnelle permettrait en effet à ce joueur surdoué de mettre sa mère,
Rose, et ses deux demi-frères, Djamel et Nassim, à l'abri du besoin".
C'est encore Bernard Stora qui signe le scénario du téléfilm Une autre vie
(2004) : le jeune Malien Ismaël Traoré, est venu étudier la médecine à
Marseille, au grand désespoir de son oncle qui a arrangé son mariage. A
l'hôpital, il rencontre Marta, une jolie blanche, et délaisse sa jeune
femme africaine. Chez Bernard Stora, l'apologie du métissage semble être
une obsession : alors que dans le roman d'Emmanuel Roblès, le médecin est
un Blanc, Stora l'a remplacé par un Noir, pour sensibiliser le public à
cette question : un téléfilm qui trouve bien sa place dans "La semaine de
l'intégration" sur FR3.

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