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Re: OoOoOoOoO

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  Sujet:   Re: OoOoOoOoO  
 De: ahmed.ou...@welho.com (Ahmed Ouahi, Architect)
 Groupes: fr.rec.arts.litterature
 Organisation: Helsinki Television
 Date: 04. Oct 2008, 17:55:59
 References: 1 2 3 4
Cependant, l'ultime question qui restera posée, n'est autre, que si la 
politique pourrait-elle s'en passer de l'armée, qui a d'ores et déjà, prise 
toutes les choses en main, en y incrustant tous ses points d'appui aux 
alentours de l'économie...

Essentiellement, aussi ses propres racines en toutes ressources économiques 
et surtout dans les pays, soi-disants, industrialisés, qui ne puissent plus 
respirer, que si l'armée en fasse autant...

D'autant plus, qu'à tel point, la politique elle même, commence à se sentir 
négligeable sans ces ressources que l'armée lui procure, ce qui lui donne la 
possibilité de rester en liaison si étroite avec la banque, sous couvert de 
contrôle, juste pour sauvegarder le rôle...

-- 
Ahmed Ouahi, Architect
Bonjour!


"morobone" <par-ici-les-spams@neuf.fr> kirjoitti 
viestissä:d1bd172c-50f6-4bd3-9f71-59586783b4ef@m73g2000hsh.googlegroups.com...
On 24 août, 21:21, "esra, la mule" wrote:

> Tardi est un "spécialiste" de la grande guerre, ses oeuvres sont
> excellement documentées et ses textes sortent tout droit des tranchées ...
>
> a.. C'était la guerre des tranchées (Casterman, 1993)


"A bas la guerre ! Vive la paix !". J'ai apprécié cette BD et je
partage le point de vue idéologique de Tardi, mais j'ai vu trop de
"facilités" dans son travail pour n'en pas faire la critique. Qu'il
s'agisse d'une oeuvre de dénonciation de la guerre, nous sommes
d'accord ; que cette dénonciation soit probablement utile à ses
lecteurs autant qu'à son auteur, toujours d'accord ; et que ce
dernier, dans son introduction, juge utile de préciser que sa BD
"n'est pas un travail d'historien", mille et mille fois d'accord.
Alors, passons ? Eh bien non. C'est justement sur cette précision
qu'il convient de s'arrêter.

Certes, hormis la page 35 qui rend très mal la journée du 2 août 1914,
toutes les autres planches "guerrières" contiennent leur lot de petits
détails rendant tout à fait crédibles les scènes relatées. Certes, il
y a dans chaque dessin, ou presque, l'écho des photographies d'époque,
comme il y a aussi dans chacun des textes, ou presque, l'écho d'un
vieux témoignage. Toutes choses faisant que l'ensemble sonne aussi
juste que possible. Sauf que... sauf que si la critique d'une oeuvre
peut porter sur ce qu'elle contient, elle peut et elle doit aussi
porter sur ce dont elle manque. En l'occurence, "Cétait la guerre des
tranchées" manque de la rigueur propre aux universitaires et surtout
de cette vision d'ensemble qu'offre une réelle étude ou un réel essai.
En un mot : cette BD manque de nuances et s'exonère de la complexité
des comportements humains. Son tort principal est de pécher par excès
en s'attachant trop exclusivement aux horreurs de la guerre, de la
"grande boucherie". Exclusive de laquelle découle malheureusement une
tonalité monochromatique : la morbidité. Fascination de l'esprit qui
s'englue dans la boue mélée au sang ? Peut-être. En tout cas, le
tableau proposé par Tardi me paraît aussi incomplet et aussi
unilatéral que le sont, à l'exacte inverse, les récits patriotiques.
D'un côté l'horreur et l'absurdité, de l'autre, l'héroïsme et la
beauté des sacrifices. Or, poussée jusqu'à la caricature, la réalité
de ces différents aspects perd toute signification et toute portée.
Propagande à droite, propagande à gauche : bourrage de crâne à droite
autant qu'à gauche... et misère au centre !

Le dernier reproche que j'adresserai à Tardi, peut-être le pire et le
plus dur des reproches, du genre de ceux qu'on se dit parfois entre
ami, est le suivant : tes personnages, parce que servants de tes
symboles, me semblent manquer de corps, de présence et de réalité. Tu
te sers d'eux afin de promouvoir ta paix, tout comme Barrès les
utilisait au service de sa guerre. Vous faites l'un et l'autre, de
plusieurs millions de poilus, les soldats de votre cause... et je
crains que vous ne préfériez les sacrifiez pour elle plutôt que de la
sacrifier pour eux.

Donc, Tardi, tout comme Barbusse d'ailleurs, sont deux auteurs
engagés. Et ce n'est qu'en cela qu'ils nous sont agréables à lire...
pour peu que l'on partage leur engagement pacifiste. En ce cas, ils
nous confortent et renforcent encore nos convictions, nos dégoûts, nos
colères et nos révoltes, mais ils ne nous intruisent en rien.
L'erreur, et le danger intellectuel, consiste donc, après les avoir
lu, à se croire plus instruit de la Guerre alors que leur sujet est la
Paix.


DateSujet  Auteur
01.01.
o 
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