Snoop <snoop@snoop.yyy> wrote:
> Tes remarques sont tout à fait pertinentes, mais il me semble que tu
> mets de côté plusieurs éléments importants, lorsque tu soutiens qu'on
> pourrait apprendre le piano sur n'importe quel clavier, notamment le
> touché
Dans ma description d'il y a huit jours, j'ai fait un comparatif
détaillé des avantages/inconvénients des deux types d'instruments et le
toucher aussi bien que la présence sonore étaient pris en compte. Nous
sommes bien d'accord.
Je réagissais simplement ici à un post lapidaire, ni documenté ni
argumenté, susceptible d'infléchir à tort le choix du candidat initial.
En matière de *conseil*, il est important de bien prendre en compte le
réel de la personne à qui on s'adresse. En gros, actuellement, le piano
acoustique est un luxe difficile à atteindre, en particulier à cause des
contraintes de vie qu'il impose et qu'on n'est plus d'accord pour subir,
et le piano numérique représente au contraire une démocratisation
sympathique de l'instrument, dans des conditions qui ne sont pas
catastrophiques du tout. Les « dommages » supposés qu'on pourrait
rencontrer au passage sur un « vrai » piano sont donc à mettre en
balance avec, dans la majorité des cas, simplement l'accès ou pas à
l'instrument ! Et je soutiens que mieux vaut un accès imparfait mais
précoce et pour le plus grand nombre, que pas d'accès ou un accès tardif
et hypothétiquement de qualité pour des privilégiés.
D'ailleurs il est un point que nous n'avons pas encore abordé : piano
droit contre piano à queue. Est-il légitime de considérer qu'ils se
valent et que le « passage de l'un à l'autre » peut « se faire sans
dommages » ? Les mécaniques et la structure des deux instrument n'ont
pourtant rien à voir et, franchement, sur le toucher et la présence
sonore comparés des deux, il y aurait long à dire !
Pour clarifier les choses, j'attends patiemment de gagner au Loto pour
pouvoir me payer le S-400B Yamaha dont je rêve depuis 25 ans. Dès qu'on
n'est plus à ce niveau d'instrument, on est dans le *compromis*, et à
partir de là qui a vraiment autorité pour définir des limites ? (hormis
le cochon de payeur !)
> Par analogie, je dirais que certes, ce n'est pas parce que j'apprends à
> conduire une 50cm3 à vitesse que je serai perdu sur une moto
C'est piégeant les analogies : en 1972, j'ai eu mon permis moto (toutes
cylindrées) après TROIS leçons de conduite sur une Jawa 350cc à
embrayage semi-automatique. Je conduisais jusque-là ma RD125 Yam et je
suis passé direct à la « quat'-pattes » d'Edouard Bracame évoluée depuis
en GL1100 non carénée. Jamais parti au tas (touchons du bois) sur 36 ans
tandis que des fidèles de frm, experts du parcours lent, du
contre-braquage et du conseil technique avisé, y sont allés plusieurs
fois dès leur première année de permis... et avec ABS, anti-patinage et
tutti quanti ! Ceci n'a pas valeur de généralisation... juste
anecdotique.
Pour en revenir aux pianos, il est UN point sur lequel il faut insister
vis-à-vis du candidat : un piano acoustique est un *investissement* sans
risque. Ça ne s'use pas et ne s'accidente pas comme une voiture, ça
garde une très bonne cote pendant de longues années, c'est fait pour
durer au moins 50 ans. C'est un choix à contraintes mais c'est un choix
*noble* et facilement réversible (pour autant que ce soit un instrument
de marque et de bonne facture). C'est aussi vrai pour tout bel
instrument de musique d'ailleurs.
hth,
--
Gérald