et on sait enfin qu'il eût cette
> formule lapidaire qui résume, amha, tout l'enseignement du clavier : "Il
> suffit d'enfoncer la bonne touche au bon moment"...
Je ne connaissais pas celle-là, mais j'ai l'habitude de dire à mes
étudiants que le piano est un instrument facile : toutes les touches
sont devant soi, il reste à appuyer dessus.
Tes remarques sont tout à fait pertinentes, mais il me semble que tu
mets de côté plusieurs éléments importants, lorsque tu soutiens qu'on
pourrait apprendre le piano sur n'importe quel clavier, notamment le
touché : si jouer du piano consiste à appuyer d'une force égale sur
toutes les touches, et à tout moment, alors ce n'est pas du piano.
Les pianos muets ont leur utilité, et nombreux instrumentistes (même à
vent) pratiquent parfois en muet, mais ça reste un exercice dont les
mérites ne sont pas à discuter ici.
De plus, de tous les pianos numériques que j'ai essayés, aucun n'avait
de touches aussi lourdes qu'un bon piano acoustique (donc mes repères de
nuances étaient troublés), ni n'avait de présence sonore aussi intense
(simple question de goût), ni une pédale d'expression aussi bien réglée
(on peut toujours laisser la pédale sans que ça retienne plus de 5sec !
les nouveaux sons n'alimentent presque pas la pédale). Ces trois
éléments, non ordonnés, sont les reproches que je formule contre les
pianos numériques grand public.
Par analogie, je dirais que certes, ce n'est pas parce que j'apprends à
conduire une 50cm3 à vitesse que je serai perdu sur une moto, mais
j'aurai plus de faciliter à conduire une moto si j'apprends sur... une
moto : les mêmes sensations, les mêmes découvertes, les mêmes sonorités,
les mêmes réflexes, les mêmes erreurs, et surtout les mêmes erreurs évitées.