Ca c'est beaucoup plus classe
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Sujet: Ca c'est beaucoup plus classe
De: nos...@nospam (baiona)
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Organisation: Guest of ProXad - France
Date: 09. May 2008, 18:19:08
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Journal Le Monde
article de Julien Schramm et Rodolphe Rolland
La longévité force le respect.
De Mathusalem à Jeanne Calment, nous avons tous admiré l'apparence pérenne des
« vieux chênes » immuables plantés là au beau milieu du flux mouvant de la vie.
En effet, comment ne pas s'extasier devant la permanence alors que tout fout le
camp continuellement ?
C'est que pendant les périodes d'agitation, ces figures vénérables nous
rassurent, opposant aux mouvements vertigineusement incertains leur immobile
présent.
Las, dans notre Top14 et notre Pro D2, où les entraîneurs succèdent aux
entraîneurs, l'image bienveillante du patriarche vouant allégeance unique au
club de son c½ur est devenue inaccoutumée.
La recherche du résultat sous la pression financière contraint à la réussite,
le travail en profondeur devient menacé s'il n'est pas facteur de succès, du
coup la course à l'objectif fixé en début de saison est devenue une course
contre la montre où l'entraîneur joue sa tête.
Il existe toutefois des exceptions à la règle.
Nous avions encore il y a peu deux magnifiques spécimens de fidélité,
d'attachement
indéfectible à des couleurs, à un club : Guy Novès entraîneur de Toulouse depuis
1993 et Patrice Lagisquet entraîneur de Biarritz depuis 1997.
Si Novès est encore en place à Toulouse menant les siens avec le talent qu'on
lui connait, Lagisquet lui, a rendu son tablier ce week-end mettant fin à 10
années de loyaux services à la tête du BO avec trois titres empochés (2002, 2005
et 2006).
La fin d'un cycle, l'usure, la lassitude.
Telles sont les raisons alléguées pour justifier la décision de Patrice
Lagisquet de suspendre définitivement sa collaboration avec l'équipe fanion du
Biarritz Olympique.
C'est presque soulagé et le visage rasséréné, contraste manifeste avec le
masque des derniers temps, que le coach du BO a annoncé sa « retraite », mettant
ainsi fin à un feuilleton éprouvant dont l'épilogue ne fut qu'un long
crépuscule.
Quelle étrange interview d'après match !
Mis en confiance par Guillard, le grand Patrice a lâché la bonde à son c½ur en
toute simplicité, la confession inattendue à cet instant est venue tout
naturellement éclore sur les lèvres de ce réservé, comme si la charge
émotionnelle était soudain devenue trop lourde pour un seul homme.
A l'époque maintenant révolue de la conscription, il était de coutume de
préparer les matchs du tournoi des V nations par une opposition raisonnée entre
l'équipe de France et le Bataillon de Joinville.
En cette année 1991, pensionnaire du BJ, je me retrouvais à l'aile face à mon
adversaire du jour Patrice Lagisquet.
J'avais pour le joueur (et je l'ai gardée) une dévotion sincère ; racé,
élégant, comparable parfois à un mustang lancé au galop, l'ailier était ma
parfaite antithèse.
Bon, mouvement des lignes arrières, balle à Lagisquet, un contre un, je
l'oriente
vers la touche lui laissant comme choix unique le passage à l'extérieur.
Crochet intérieur, l'homme est passé, je ne l'ai même pas effleuré !
Insaisissable qu'il était alors !
Samedi à Aimé-Giral, Lagisquet a prouvé qu'il était encore maître du
contre-pied, certainement moins imprévisible dans cet art qu'auparavant, mais
tout aussi efficace.
R.R
PS : J'en profite pour saluer mes anciens compagnons du BJ mouture 1990-1991 et
particulièrement Christophe Porcu, le dernier d'entre nous encore en activité

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