Re: de l'ignorance
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Sujet: Re: de l'ignorance
De: Jea...@nirgendwo
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Organisation: Guest of ProXad - France
Date: 06. May 2008, 16:00:28
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"François Guillet" :
>
><Jeanne>|
>| Qu'est-ce que la "philosophie", Monsieur?
>| D'aucuns la décrive telle une voie, sinon "la" voie, qui dévoilerait
>| la "vérité"...
>| J'ai d'instinct, adopté ce point de vue.
>
>D'autres la décrivent comme une voie vers la connaissance objective, focalisée
sur
>l'universalité.
>J'ai, de raison, adopté ce point de vue.
D'accord. Il ne semble d'ailleurs pas que ce soit antinomique.
>
>| "Philosophie de soi réalisation"? J'explique, je synthétise:
>| - "philosophie", pour la recherche de la "vérité".
>| - "soi", parce que votre servante n'a d'autre choix que d'apprendre à
>| "voir" par soi-même. "Voir" quoi?
>| Ce qu'il en est réellement.
>|
>| >L'absence d'ouverture du bouddhisme et le repli sur soi-même qu'il exige
n'ont
>rien à voir avec la raison, la soif de connaissance et l'humanisme.
>|
>| Très bien.
>| Que dire, face à tant de conviction?
>
>Je ne l'ai pas dit à la légère. Elle est fondée. J'ai déjà présenté des
éléments de
>preuve du caractère religieux du bouddhisme :
>- enseignement du bouddha (dogme)
>- croyances irrationnelles (métensomatose, miracles relatés dans la vie du
bouddha
>fondateur)
>- repli sur soi (monastères)
>- exploitation du peuple par une élite moinillonesque (avant l'intervention
>chinoise) comme le clergé catholique de notre propre passé
D'emblée j'évacue l'aspect de ce féodalisme d'un autre temps et auquel
l'intrusion chinoise a effectivement mis un terme.
D'ailleurs le Dalaï lama a opté pour la démocratie pour la suite, si
suite il y avait, dans un contexte d'autonomie au sein de la Chine,
allant jusqu'à annoncer que si un référendum populaire des Tibétains
décidait qu'il ne devait plus y avoir de renaissance future le
concernant, en tant que Dalaï Lama, il serait mis un terme à cette
lignée.
Par ailleurs je ne m'étendrais par sur les exactions commises par le
pouvoir chinois envers des tibétains et je ne pense pas que vous les
réfutiez, ni que vous réfutiez le fait que le peuple tibétain a sa
particularité, une identité propre qu'il serait légitimement en droit
de pouvoir vivre, dans un contexte démocratique.
Quoi qu'il en soit, ces considérations d'ordre géo politique ou
culturelles, ne changent pas d'un iota la qualité de certains exposés
bouddhiques (le bouddha Gotama, je vous le signale, n'était ni
Tibétain, ni Chinois, ni d'aucune appartenance pour les avoir toutes
rompues....comme tout "attachement" quel qu'il fut).
Il est des notions et des partiques qui sont tout bonnement
universelles, telle la mort, le bonheur, la compassion, la "vacuité",
l'"impermanence", l'introspection, etc...
>
>| Tant d'assurance de soi.
>
>Les faits sont là. Si vous les niez ou les occultez, c'est vous qui faites acte
de
>foi.
Non et je vais tenter de m'expliquer.
Je vous demanderais quelque indulgence, car je n'ai absolument pas
l'érudition dont font preuve Rémi Fasollasi et Jeremy Devers (que je
lis avec plaisir et même gourmandise...).
Tout d'abord le bouddhisme se présente sous maintes facettes et si
celui dit Tibétain inclut effectivement toute une lithurgie apparente
pouvant induire à confusion les esprits occidentaux, il en existe
d'autres formes dont certaines réduites à la plus simple expression.
Par exemple "Vipassana" (terme pâli traduit par "vue pénétrante") qui
se réclame des pratiques originelles du Bouddha Gotama Il n'y a ni
moine ni lama, rien que des individus de n'importe quelle appartenance
ou sans appartenance aucune, décidés à parfaire "leur" concentration
mentale, affiner l'"attention", pour une introspection soutenue
amenant à la libération et une claire compréhension de la nature de
tous les phénomènes. Soit brièvement dit, car ce n'est pas le propos.
Le propos étant de vous faire saisir qu'il est parfaitement possible
d'acquérir une adresse qu'un méditant développe en se servant d'un
large arsenal d'outils et de techniques méditatifs et ce, strictement
sans adhérer à certaines présumées "croyances" telle celle des vies
antérieures, par exemple. De même qu'il peut paraître pertinent de
mener une analyse des phénomènes à l'aide de la connaissance
discernante pour parvenir à des vues philosophiques de plus en plus
élaborées, révélant les contradictions des vue élémentaires.
Pour mon cas personnel, je ne me suis jamais senti concernée par
l'affaire des "renaissances". Ni par les miracles du bouddha.
>Il faudrait sans doute se faire moine pour tester le bouddhisme, taliban pour
tester
>l'islam, scientologue pour la scientologie, témoin de Jéhovah etc etc... :-)
Non et... je ne suis pas "nonne"!
Mais il vrai que je m'y suis suffisamment immergée, sans pour autant
être devenue une "bouddhiste" au sens propre du terme et qui inclus
certains engagements.
Je suis et reste un électron libre qui a trouvé là matière à réflexion
et, mieux encore, pris conscience de certaines facultés inhérentes à
mon propre esprit, en avoir saisi l'efficience dans ladite perspective
de "soi réalisation".
>L'observation extérieure, les constats, les analyses, ne seraient donc d'aucune
>utilité ?
Cela n'a jamais été prétendu.
Au contraire, plus l'esprit est "clair", plus pertinente la saisie et
l'analyse.
>| ... n'apprenons-nous pas en permanence et, par suite, changeant
>| continuellement? Seul le "mental" cré une continuité. De toute pièce
>| et parfaitement structurée mais assurément rien de plus qu'une "vue"
>| de l'esprit...
>
>Le mental ne suffit pas, seul il tourne en rond.
Et bien, oui et... non!
On dispose de certaines facultés qui permettent de faire cesser ce
manège et c'est à partir de ce moment là que l'extérieur devient
nettement plus lisible.
>Il faut lui fournir en entrée des données extérieures, données les plus
> diverses possibles (cela nécessite de ne pas rester dans son monastère).
Pour ce qui me concerne, le bouddhisme fut précisément, à une époque
particulière, une "donnée" extérieure!
Une fois pour toute, souvenez-vous que je ne vis ni dans un monastère,
ni seule! Je m'occupe de l'éducation de mes enfants, de la politique
de mon pays et étrangère, je vote, je milite même par moments pour
certaines causes qui m'interpellent, etc...
Je ne suis pas un spécimen de laboratoire, mais une simple quidam qui
cherche à vivre sa vie au mieux de ses possibilités et de celles qui
s'offrent à elle...
Pour mémoire, il y a des lamas mariés, des moines laïcs, des lamas qui
ont rendus leurs voeux pour mieux correspondre avec le milieu où ils
enseignent, des bouddhistes sans éthiquettes ni appellation, ouvriers,
employés, syndicalistes, bref qui travaillent, ont des familles,
s'amusent aussi, enfin font de tout tout comme un chacun de nous.
Bref, des hommes et des femmes comme vous et moi.
Nous ne partageons pas tout à fait la même vision du monde, vous et
moi. Mais cela empêche-t-il d'échanger?
Avec un minimum de sincérité et d'acceptation de l'expression de
l'autre, ce qui n'empêche pas l'esprit critique en évitant, si faire
se peut, les aprioris, on peut se faire part de ses propres
expériences et savoirs.
Par exemple il m'arrive de lire avec intérêt certains échanges qu'il
vous arrive d'avoir avec d'autres plus ou moins férus en "science".
Bien que je n'ai aucun savoir particulier en ce domaine, ma curiosité
est en éveil et y trouve matière à satisfaction.
au plaisir.

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