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Le plan catho pour reprendre le pouvoir scientifique :

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  Sujet:   Le plan catho pour reprendre le pouvoir scientifique :  
 De: Nolavauspam...@klube_internaite.effaire (Jacques Lavau)
 Groupes: fr.sci.astrophysique, fr.sci.geosciences, fr.sci.paleontologie
 Suivi-à: fr.sci.paleontologie
 Organisation: Club-Internet / T-Online France
 Date: 11. Mar 2008, 01:14:29
L'intervenant est Oldcola :

Je rêve !
Voici ce qui peut arriver quand une association chrétienne catholique, 
le Centre d'Etude et de Prospectives sur la Science (pdf, interview de 
Dominque Tassot) trouve sympathique les idées de l'Intelligent Design.

Entre l'interview proposée en pdf et le communiqué de presse affiché 
sur le blog de William Dembski on notera une légère modification 
éditoriale :

     version communiqué : "Centre d’Etude et de Prospectives sur la 
Science (C.E.P). C.E.P. is an organisation consisting of 700 French 
speaking scientists, intellectuals and representatives of other 
professions, all of whom oppose evolutionary theory on scientific 
grounds."

     version interview : "Centre d’Etude et de Prospectives sur la 
Science (“Center for Studies and Prospectives on Science” or CEP), a 
group of 700 European Catholic scientists and intellectuals based in 
France."



L'intervenant est Adriatika :
L'interview de Dominique Tassot, Président du CEP, est un monument que 
chacun est en droit de découvrir pour murir sa réflexion sur le débat.

Le lien vers le document d'origine est dans le message ci-dessus, 
livré par Oldcola, que je remercie au passage.

Je me permets donc, n'ayant pas réussi à contacter l'auteur, à en 
poster une traduction que j'espère fidèle. Toute correction est la 
bienvenue. Et si l'auteur s'insurge contre cette mise à disposition 
sur le forum de ses "pensées", je la retirerais immédiatement, avec 
mes plus plates excuses.

Vous en souhaitant bonne lecture...

....

Interview de Dominique Tassot

Par John L. Allen Jr.
NCR senior correspondant

Le 22 aout 2006, Allen interviewa Dominique Tassot, Directeur du 
Centre d’Etude et Prospective sur la Science, un groupe de 700 
scientifiques et intellectuels Catholiques basé en France. Ils 
discutèrent à propos de l’évolution, la science et l’intelligent design.

NCR : Pouvez vous décrire le Centre d’Etude et de Prospective sur la 
Science ?
TASSOT : Il a été fondé en 1997, bien que ce soit en réalité la 
transformation en organisation d’un groupement informel déjà existant. 
Nous sommes principalement une association francophone. Nous publions 
un journal interne, CEP, et sponsorisons une conférence annuelle. Nous 
avons 700 membres, dont la moitié sont des scientifiques. Il y a aussi 
des historiens, des hommes et des femmes issus de confréries 
religieuses, et d’autres. Nous publions des travaux en histoire des 
sciences. Cependant, l’axe principal autour duquel s’articule notre 
intérêt est une approche critique de la théorie de l’évolution.

Diriez-vous qu’il s’agit d’une organisation Catholique ?
Oui. Tous nos membres ne sont pas Catholiques, mais les plus influents 
le sont certainement.

Quelle est votre formation scientifique ?
Je suis diplômé de l’Ecole des Mines, qui est une haute école 
d’ingénieurs. J’ai étudié les mathématiques, la physique et la chimie. 
Ma carrière professionnelle s’est déroulée dans la métallurgie, et non 
pas dans l’enseignement ou la recherche. De nombreux membres du CEP, 
cependant, sont impliqués à plein temps dans l’enseignement et la 
recherche.

Etes-vous en relation avec les évêques Français ?
Oui. L’évêque Henri Marie Raoul Brincard, du diocèse du Puy-en-Velay, 
par exemple, est un ami. (Le Puy-en-Velay est un haut-lieu Marial et 
un important lieu de pèlerinage en France). En fait, c’est par 
l’intermédiaire de Brincard que j’ai pu déposer sur le bureau même de 
Benoît XVI une lettre à propos de l’évolution. J’ai écrit cette lettre 
avant l’article du Cardinal Christoph Schönborn sur l’évolution, paru 
dans le New York Times, mais l’ai envoyée après.

Que disiez-vous dans cette lettre ?
J’y soulignais deux points.
Premièrement, je rappelais que le pape Pie XII en son encyclique 
Humani Generis de 1950 suggérait d’organiser un débat à l’intérieur de 
l’Eglise Catholique à propos de la théorie de l’évolution, débat qui 
n’a jamais eu lieu. Je disais le temps venu d’ouvrir le débat, puisque 
l’on peut trouver, dans chaque discipline, des personnes d’un bord ou 
de l’autre, ce qui n’était pas le cas dans les années 50.
Deuxièmement, Je disais que l’impact d’un tel débat n’est pas juste 
scientifique. En elle-même, l’évolution est une question scientifique, 
mais elle a des conséquences sur une bien plus large échelle. Cela 
ouvre pour l’église la possibilité de reprendre l’initiative dans le 
champ de la culture. Encore aujourd’hui, les intellectuels Catholiques 
perdent leur temps à expliquer que telle ou telle théorie est ou n’est 
pas compatible avec la foi, ce qui implique que l’initiative vient 
systématiquement d’autres groupes ou mouvements.
L’important est la possibilité pour l’église, pour les Chrétiens, de 
rétablir une vision du monde autonome. Le concept de la création est 
important de ce point de vue. Aujourd’hui, beaucoup de gens croient 
que la vérité est diffusée par la science, et l’église ne fait que 
réagir à cela. Si on accepte que la science détient la vérité, 
inévitablement les intellectuels Chrétiens évolueront tous dans une 
conception scientifique du monde, qui est effectivement étrangère au 
Christianisme.

Quelle fut la réponse du pape ?
Il a répondu très positivement, offrant à nos membres sa bénédiction 
et nous encourageant à poursuivre nos contacts avec la communauté 
scientifique. Il n’a rien dit, cependant, à propos de l’idée de créer 
une commission ou tout autre véhicule propre à amorcer le débat.

Quelle fut votre réaction à l’article du New York Times de Juillet 
dernier, par le Cardinal Christoph Schönborn ?
Schönborn n’a pas dit si Darwin est ou n’est pas compatible avec la 
foi Chrétienne, mais que Darwin a tort. D’un point de vue théorique, 
c’est quelque peu différent. Il a affirmé qu’il est possible pour la 
philosophie et la théologie d’atteindre un niveau de certitude 
supérieur aux certitudes scientifiques. C’est quelque chose de nouveau 
venant des théologiens. Depuis trois ou quatre siècles, les 
théologiens ont généralement suivi les scientifiques, la voie tracée 
par les sciences. C’est une question d’autorité intellectuelle, bien 
sûr héritée du cas Galilée et consorts. Petit à petit, l’autorité à 
été transférée des théologiens aux scientifiques.
Une fois de plus, la question est de savoir s’il est possible de 
recouvrer une vision Chrétienne du monde, à l’intérieur de laquelle la 
science aurait sa propre place, très importante. Avoir une place, 
cependant, est très différent que d’être le cadre à l’intérieur duquel 
tout est placé.

Que pensez-vous du meeting Schülerkreis donné par le pape Benoit du 1 
au 3 septembre ?
Dans ma lettre à Benoit XVI, je l’invitais à rester le maître de ce 
débat. Je veux dire par là qu’il ne devrait pas déléguer ce rôle à 
l’Académie Pontificale des Sciences, certes en le formulant quelque 
peu différemment. Bien qu’il ne soit pas possible pour moi de 
percevoir toutes les influences dans les coulisses du Schülerkreis, je 
suspecte le pape d’avoir pour objectif d’exploiter le Schülerkreis 
pour tester de nouveaux opinions et pour les critiquer. C’est très 
important pour moi, encore que j’ignore ce qu’en sera le résultat.

Quelles sont vos liens avec l’Académie Pontificale des Sciences ?
Le problème est que ce n’est pas une académie Catholique. C’est plutôt 
le lieu où la conception scientifique du monde peut pénétrer l’église 
catholique. Les deux tiers de ses membres ne sont pas catholiques. 
C’est aussi l’académie Pontificale qui compte le plus grand nombre de 
Prix Nobels, célèbres dans leurs disciplines. Je ne discute pas la 
qualité de ces gens, mais le sens et l’exploitation de cette académie 
au sein de l’église.

Voyez-vous le Centre d’Etudes et de Prospectives sur la Science comme 
une alternative à l’Académie Pontificale des Sciences ?
Je ne dirais pas ça. Ce que je voudrais dire, plutôt, c’est que c’est 
un endroit où le débat engagé depuis plusieurs années pourrait prendre 
place. Mon avis est simplement que l’Académie Pontificale des Sciences 
existe pratiquement par elle-même, et je ne suis pas sûre que ce soit 
l’outil qu’il devrait être pour le pape.

Pouvez-vous citer un scientifique éminent appartenant à votre groupe ?
J’ai mentionné Guy Berthault, dont les travaux sur la datation des 
dépôts sédimentaires sont hautement pertinents dans ce débat, tout 
autant qu’intéressant pour l’histoire de la science. L’évolution 
s’appuie depuis le début sur une chronologie de la terre extrêmement 
longue, basée à son tour sur la théorie des sédiments. Basiquement, 
l’idée est que, quand on trouve plusieurs strates de roches 
sédimentaires différentes, la strate du dessous est plus ancienne que 
celles situées au dessus, et que l’ensemble des couches a mis un temps 
extrêmement long à se former. Cela semble une telle évidence que 
pendant deux siècles, les géologues n’ont pas discuté le principe 
sous-jacent.
Mais si vous y réfléchissez, la question de ce qui est au dessus et de 
ce qui est en dessous n’a pas nécessairement à voir avec une échelle 
des âges. Si vous mélangez du mercure, de l’huile et de l’eau dans un 
verre, le mercure finira par tomber au fond, et pas parce qu’il est 
plus ancien. Les principes physiques opèrent. La densité est le 
facteur causal qui détermine la position ; la chronologie n’a rien à 
voir avec ça. La même chose s’applique aux différentes strates de 
dépôts sédimentaires. Les strates ont été déposées là où elles sont, 
et ce n’est pas nécessairement les plus anciennes que l’on trouvera en 
dessous. C’est comme penser que les sédiments se déposent basiquement 
du haut vers le bas. Au lieu de cela, ils sont charriés par des 
courants horizontaux. Les couches se forment par densité, vitesse et 
géométrie, pas au fil du temps.
Berthault a commencé par publier ces réflexions en 1990, dans un 
ouvrage de l’Académie Française de la Science. Il est alors allé à 
l’Université du Colorado, à Boulder, où il a réalisé des expériences, 
utilisant un matériel très sophistiqué capable de simuler les courants 
marins (d’eau) ainsi que les phénomènes physiques associés. En effet, 
il a créé une science de la sédimentation, et nous pouvons réellement 
calculer le temps nécessaire pour que se dépose ce que nous observons. 
Il y a une équipe de scientifiques Russes qui a repris ces expériences 
et a publié ses résultats dans l’Académie Russe de la Science. Il 
semble véritablement que la chronologie géologique habituelle ait été 
rendue obsolète.

Quelles sont les conséquences pour la théorie de l’évolution ?
Il semble que l’échelle de temps associée à l’évolution n’ait pas de 
base scientifique. Il est maintenant possible de calculer le temps 
qu’il faut pour produire certains dépôts sédimentaires, et c’est une 
question de jours, non pas de millions d’années. Dès lors, les 
fossiles peuvent nous dire où est mort un animal, pas nécessairement 
quand il vivait. Comme les fossiles justifient la théorie de 
l’évolution, les expériences de Berthault la remettent sérieusement en 
question, s’ils ne la réfutent pas.

Avez-vous commencé à douter de l’évolution sur un plan scientifique ou 
religieux ?
Quand j’était étudiant en mathématique, mon livre de chevet était l’un 
de ceux écrit par Teilhard de Chardin. J’ai étudié chez les Jésuites, 
qui sont tous en faveur de l’approche très positive que Theilhard a de 
l’évolution. J’étais un Theilhardien. J’admettais tout en bloc. Je ne 
voyais pas de contradiction entre ma foi et ce que j’étudiais en 
science. Mais plus tard, j’ai lu un livre écrit pendant la seconde 
guerre mondiale par deux scientifiques français, qui remettait en 
question l’évolution sur un plan scientifique. Mes doutes remontent à 
cette époque.

Qu’est ce qui vous a convaincu ?
A l’origine, ce fut l’argument des probabilités, c’est à dire 
l’extrême improbabilité d’une mutation positive dans le sens suggéré 
par la théorie de l’évolution. Plus tard, naturellement, j’ai aussi 
été convaincu par la réfutation de la chronologie géologique par 
Berthault.
A la base, les vérités théologiques, philosophiques et scientifiques 
doivent être en accord. Toutes vérités doivent fonctionner ensemble. 
Ainsi, si l’évolution ne semble pas avoir de base scientifique, il 
n’est pas utile de perdre du temps à discuter si elle est compatible 
avec la théologie Chrétienne.

Quand vous dites que l’évolution ne semble pas avoir de base 
scientifique, parlez vous de la micro-évolution (développement 
spécifique à chaque espèce) ou de la macro-évolution (développement 
d’une espèce à une autre) ?
Je veux dire macro-évolution. C’est, à propos, ce qui fait tout 
l’intérêt du livre Vérité et Tolérance (2003) par le –alors- Cardinal 
Ratzinger, parce qu’il est un des quelques théologiens à comprendre 
cette distinction. Normalement, les gens parle de l’évolution, mais ne 
font pas la distinction, et c’est impossible de dire quoi que ce soit 
de sensé dans ces conditions.
Vous devriez vous souvenir que dans l’article du New York Times, le 
Cardinal Schönborn a dit quelque chose d’honnêtement incroyable à 
propos du texte de 1996 par Jean Paul II qui présente l’évolution 
comme étant « plus qu’une hypothèse ». Schönborn décrit ce texte comme 
« plutôt vague et sans importance ». Beaucoup de gens furent surpris 
de l’entendre parler d’un texte papal de cette façon, mais c’est 
vraiment très facile à comprendre. Le mot « évolution » n’est jamais 
défini dans ce texte. En philosophie, on est supposé définir chaque 
chose, mais ce n’était pas le cas là.
La phrase « plus qu’une hypothèse » était réellement une référence à 
Humani Generis. (Note : Pie XII, dans son encyclique, référait à 
l’évolution comme à une « hypothèse ») Mais que veut dire cette 
formule ? Que signifie « plus qu’une pomme de terre » ? Cela ne veut 
rien dire sans une définition et une distinction plus poussées.

Que voulez vous dire par « macro-évolution » ?

Je veux parler de l’apparition d’un organe chez un individu (une 
progéniture) qui n’existait pas chez ses parents. Quand vous le 
formulez de cette façon, vous comprenez immédiatement que c’est 
impossible. La suprématie de la théorie de l’évolution dépend d’une 
confusion volontaire entre micro et macro évolution. Darwin lui-même 
s’appuie sur la micro-évolution, en donnant de multiples exemples, 
mais il dérive ensuite en généralisant à propos de la macro-évolution. 
C’est philosophiquement incorrect.

Si l’évidence est aussi irrésistiblement contre la « macro-évolution » 
que vous le dites, pourquoi n’y a-t-il pas plus de scientifiques pour 
la défendre?
Ils vivent dans cette confusion et en général, n’y pensent même pas. 
Très peu de gens, en réalité, font ces distinctions. Je pense qu’ils 
vivent et pensent à l’intérieur du paradigme de l’évolution. Comme 
l’explique Thomas Kuhn (dans son livre The Structure of Scientific 
Revolutions) les théories sont acceptées ou rejetées de façon à 
défendre le paradigme dominant. L’information qui entre en conflit 
avec ce paradigme est laissée de côté, elle n’est pas publiée. D’un 
point de vue psychologique, rien de plus normal. Il n’y a pas que les 
scientifiques à fonctionner ainsi.

Croyez-vous que les scientifiques défendent l’évolution car elle n’a 
pas besoin de faire appel à Dieu?
Aux Etat Unis, les gens sont plutôt conscients des dimensions 
politiques et religieuses de la théorie de l’évolution. En Europe, 
j’ai l’impression que la plupart des scientifiques n’y pensent même 
pas. L’évolution est le paradigme accepté, et c’est comme ça. Ils 
réfléchissent à l’intérieur de cette vision scientifique du monde. Ils 
ne sont contraints de le remettre en question que lorsqu’ils sont 
confrontés à un évènement clairement incompatible avec le paradigme.

Vous avez dit que le Pape Benoit est l’un des quelques théologiens qui 
font la distinction entre micro et macro-évolution. Que savez-vous de 
sa pensée à ce sujet ?
En résumé, le Pape Benoit est devenu familier des découvertes du 
Professeur Berthault il y a plusieurs années, du temps qu’il était 
cardinal. Il a rencontré Berthault dans un centre de conférence et a 
passé quelques jours en sa compagnie, presque accidentellement. C’est 
un centre dans les Alpes que Ratzinger utilise pour ses rencontres et 
conférences théologiques, et Berthault était l’un des directeurs de 
l’association qui louait les locaux. Ratzinger y était venu plusieurs 
fois ces dernières années, et c’est là qu’il fit la connaissance de 
Berthault. Je pense que cela a pu avoir quelque influence sur lui. 
C’était une opportunité pour lui de voir que même sur les questions 
scientifiques relatives à l’évolution, le débat est possible. Beaucoup 
de gens pensent que les découvertes scientifiques sont complètement 
établies et ne se discutent pas. Il pensent de la façon dont les 
choses sont présentées dans les manuels scolaires. Mais ces manuels 
scolaires sont le résultat d’un long processus, qui n’est pas si 
simple en lui-même. La science ne fournit pas de certitude définitive.

Etes-vous « créationniste » ?
Non, parce ce que nous sommes arrivés à nos conclusion avant même 
d’entendre parler des créationnistes. Notre position est différente, 
d’abord parce que nous sommes catholiques. De ce que je peux en voir, 
le créationnisme est principalement un mouvement évangéliste. Leur 
approche de la religion est différente. Nous avons eu une lecture par 
un scientifique évangéliste qui travaille dans la génétique et se 
considère lui-même comme créationniste. Sur un plan scientifique, de 
bonnes relations sont possibles avec les créationnistes, mais notre 
position est différente. Nous ne sommes pas astreints, par exemples, à 
une lecture littérale de la Bible. Les Catholiques lisent la Bible 
selon la tradition de l’église, les pères des l’église, etc. Trop 
souvent, le littéralisme Biblique conduit à des interprétations 
individuelles de la Bible.

Que pensez-vous de l’intelligent design ?
Nous avons découvert le mouvement de l’intelligent design il y a 
quelques années, et nous l’étudions avec intérêt. Certainement, sur 
l’idée du design en soit (ou : dans la nature), nous sommes d’accord. 
Plusieurs articles internes que nous avons publiés proviennent de 
sources intelligent design.
Une fois de plus, la différence est que nous sommes catholiques. En 
général, le mouvement de l’intelligent design tente intentionnellement 
de rester en dehors des questions religieuses. Si c’est une question 
d’approche intellectuelle pour expliquer la nature comme le résultat 
de l’intelligent design, je pourrais être en accord avec ça. Mais nous 
croyons que ce designer peut être connu par la religion.

Qu’attendez vous de la rencontre du Schülerkreis ?
J’attends que le débat aille plus loin. Il y a quelques mois, le 
Cardinal Schönborn a publié un essai dans First Things à ce propos, 
que j’ai trouvé intéressant et traduit en Français. Je lui ai envoyé, 
ainsi que ma lettre au pape. En réponse, Schönborn a dit que le débat 
continuait, et qu’il en était ravi. A cette époque, je n’était pas 
certain de saisir sa pensée, car ce qu’il disait manquait de clarté.
Ce que j’espère de cette rencontre à Castelgandolfo, c’est que ce 
débat scientifique intéressera les philosophes et les théologiens de 
plus en plus. Le fait est que pour de nombreux théologiens, un débat 
scientifique est quelque chose de nouveau.

Pensez-vous que Benoit XVI prendra une position officielle sur 
l’évolution ?
Je pense que c’est trop tôt. Je pense qu’il exploite sa rencontre du 
Schülerkreis pour étendre le débat. Mais même s’il sait lui-même où il 
veut aller, et je crois qu’il le sait, cela prendra du temps. Beaucoup 
d’intellectuels Catholiques sont aujourd’hui convaincus que 
l’évolution est une vérité objective parce que la plupart des 
scientifiques l'affirment. Démontrer que ce débat sur le terrain 
scientifique est possible, ainsi que sur les terrains philosophiques 
et théologiques, est une échéance plus lointaine que quelques mois. 
Entre temps, ce que je vois, c’est que dans son travail d’enseignement 
quotidien, Benoit délivre quelques axes de réflexion relatifs à 
l’importance de la création, etc. Je n’attends pas, cependant, une 
position officielle prochainement.

Vous dites savoir où veut en venir le pape. Qu’en est-il ?
Dans le passé, le Cardinal Ratzinger était convaincu que l’évolution 
était vraie, et, étant un homme intelligent, il a inventé une voie 
pour la rendre compatible avec la vérité théologique.
Aujourd’hui, je crois son opinion différente. Il y a quelques années, 
il a commencé à comprendre la différence entre micro et 
macro-évolution, ce qui est crucial dans son raisonnement. Lors d’une 
conférence, en Allemagne, il a effectivement dit que c’est l’une des 
plus importantes expériences de sa vie. Le fait qu’il ait consacré 
trois pages au sujet de l’évolution dans Vérité et Tolérance est en 
soit anormal. Il saisit que micro et macro-évolution ne sont pas la 
même chose, et je pense qu’il croit que les gens acceptent une vision 
du monde athée en relation avec la théorie de l’évolution parce qu’ils 
acceptent la confusion entre micro et macro-évolution. Il veut que les 
gens comprennent cette importante vérité.

S’il ne prend pas officiellement position, comment le fera t’il ?
Je pense qu’il utilisera une fois de plus le Cardinal Schönborn, peut 
être même plusieurs fois de plus. Ils se connaissent bien, Schönborn 
comprend les desseins du pape, et ensemble, ils inventent une voie. 
Quelquefois le meilleur chemin pour aller de A à B n’est pas le plus 
direct. La première chose est que les gens sachent qu’un débat est 
possible. Ultimement, la solution sera livrée par la science, car 
l’évolution en elle-même est une question scientifique. Mais c’est 
important que les théologiens sachent que dans le monde scientifique, 
non seulement le débat est possible, mais il a déjà lieu. Pour le 
moment, seul cela changera l’esprit des théologiens, car dans trop de 
cas, leur réflexion est subordonnée à la science.

http://www.sur-la-toile.com/discussion-5247-620-Dieu-et-la-science%2C-incompatible-.html
-- 
La science se distingue de tous les autres modes de transmission des
connaissances, par une "croyance" de base : nous croyons que les
experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent
contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre
la peine de vérifier, par des expériences.
-- Jacques Lavau  (retirer les anti et les spam pour le courriel)
http://lavaujac.club.fr


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*   Le plan catho pour r
Jacques Lavau
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+- Re: Le plan catho pour r
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`* Re: Le plan catho pour r
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11.03.
 `- Re: Le plan charlatan po
Jacques Lavau
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