Zyrtox a écrit :
> Je ne nie rien de tout ça, je ne veux pas faire mon rabat-joie, mais,
> après ses nombreux essais, Lyon n'a pas davantage réussi à se qualifier
> pour les demi-finales de Ligue des Champions en finissant premier de sa
> poule qu'en finissant deuxième. Du coup, la question du tirage au sort
> importe peu, puisque c'est chaque année la même rengaine : ils se
> sortent (à peu près) bien des poules et se font éliminer ensuite. Je
> sais bien que ça ne s'est jamais joué à grand-chose -- mais n'est-ce
> pas là le propre de cette compétition ? --, mais c'est la réalité.
Oui, mais ça, tu ne peux le dire qu'a posteriori. Depuis qu'il y a des
huitièmes de finale, Lyon n'est allé en quart qu'en finissant premier
(bon, ils n'ont fini qu'un fois deuxième et c'est cette année).
Quand ils se sont fait sortir par le Milan AC, ils s'étaient tapé le PSV
en huitièmes pendant que le Real, qui avait fini deuxième derrière, se
cassait les dents contre Arsenal (pas le même calibre, que tu le
veuilles ou non, surtout cette année-là.
Quand Lyon s'était fait sortir par le PSV, ils avaient affronté Brême en
1/8 pendant que Manchester, deuxième derrière, se faisait sortir par
Milan (pas le même calibre).
Et cette année, pendant que Lyon, pour avoir fini deuxième, s'est pris
Manchester dans la poire, le Barça a lui eu une opposition pas trop
difficile contre le Celtic.
Bref, finir premier de poule augmente nettement tes chances d'aller en
quarts. Après, il faut être costaud et avoir de la réussite, mais il est
moins difficile de devoir passer trois tours costauds que quatre. Donc,
si Lyon est dans le chapeau 1, c'est toujours ça de pris. Ce n'est pas
pour autant qu'ils vont arriver en finale, très loin de là, mais leurs
chances augmentent (sauf s'ils prennent Bayern et Juventus dans la
poule, mais bon.), que tu le veuilles ou non. ;)
> Je crois d'ailleurs qu'avec les départs successifs de nombreux joueurs
> cadres et du vieillissement des autres, l'équipe a de moins en moins de
> chances d'y arriver. Elle était arrivée à un niveau de maturité
> indéniable vers 2005 ou 2006, elle ne fait que faiblir depuis, un peu à
> l'image des coups francs de Juninho, qui étaient une arme décisive à
> l'époque.
On verra.
> [Quatre clubs anglais dans le pot 1 du tirage au sort]
>>> Sur huit places, en voilà la moitié monopolisée par elles.
>> Et ?
>
> Pour une Coupe d'Europe, dont le propre est de faire se rencontrer des
> équipes de différentes associations de football (c'est d'ailleurs ce
> que tu dis aussi), je trouve regrettable qu'un des pays ait une sorte
> de traitement de faveur. D'accord, ils l'ont mérité sur le terrain,
> mais c'est aussi grâce à ces règles -- et là, le serpent se mord la
> poule et l'œuf.
Oui, mais là, c'est un autre problème.
> Je ne remets pas en cause le principe des têtes de série (encore
> que...), mais il me paraît illogique qu'on préfère éviter de faire se
> rencontrer des équipes d'un même pays en poules, pour plus facilement
> se taper ces rencontres à la fin, plutôt que l'inverse. On fait déjà
> plaisir aux gros pays en invitant beaucoup de leurs clubs, en plus on
> met en place des têtes de série intégrales (autant dire qu'on oriente
> complètement le tirage), et enfin on évite que ces clubs se décapitent
> entre eux. Autant ne pas inviter les petits pays, on arrêterait la
> mascarade.
C'est un peu le but aussi, non ? Les affiches, on les veut à la fin, pas
au début. Tu voudrais faire une coupe de France avec les clubs qui
s'affrontent par division avant que les vainqueurs de chaque division ne
s'affrontent entre eux ? Passé le premier tour, bonjour le suspense...
A partir du moment où on désigne des têtes de série, il faut qu'elles
servent à quelque chose et qu'elles soient cohérentes. Si c'est pour
faire du Euro2008-style et mettre Grèce, Suisse et Autriche en tête de
série, c'est du n'importe quoi.
> Je vais te dire, voir un des quatre inamovibles clubs anglais ne pas
> sortir des poules l'année prochaine, ça me ferait bien plaisir. Et je
> dirais bien la même chose des autres pays à fort contingent, mais je
> sais bien qu'ils n'auront pas besoin de mes mauvaises ondes pour se
> saborder tout seuls.
Oui, mais là, c'est la jalousie qui parle (et que je partage ;) ).
> Encore une fois, en invitant autant de clubs d'un même pays à traire la
> vache à lait, on est loin d'éviter ce schéma intranational en fin de
> compétition -- ça a même lieu presque tous les ans --, puisque, par le
> marathon qu'elle constitue, la Ligue des Champions ne sourit qu'aux
> clubs les plus armés, donc aux clubs qui peuvent se le permettre, donc
> aux clubs anglais ou parfois italiens (je fais un raccourci à peine
> exagéré).
>
> Cet argument est donc fallacieux, puisqu'on veut bien l'appliquer au
> début de la compétition, mais qu'on s'en lave les mains lors de ses
> derniers tours.
Ben, quand il y a trois anglais en demi-finale (et encore, parce que
deux se sont affrontés en quart, sinon il y en aurait eu 4), tu auras
bien du mal à éviter qu'ils ne se rencontrent.
Le problème vient du nombre de représentants, pas qu'ils soient tous
têtes de série.
>> - A partir du moment qu'on procède à une répartition par têtes de
>> série, je ne vois pas pourquoi un pays qui surclasse les autres
>> devrait envoyer certains de ces clubs dans un pot inférieur à celui
>> qu'il représente vraiment... Ce serait plutôt injuste pour le club du
>> pays concerné, je ne vois pas où serait la justice.
>
> Ne serait-ce que pour des questions d'équilibre de la compétition et
> éviter que celle-ci ne soit un monopole anglais, espagnol ou italien.
> Par ailleurs, cela permettrait d'avoir des affiches encore plus
> relevées au début de la compétition. Ces poules ont en fait un statut
> assez bâtard : on veut qu'elles soient attractives, malgré le manque de
> spontanéité de ce format, mais on fait en sorte de ménager les gros (à
> la fois par le tirage au sort et la contrainte des équipes d'un même
> pays, qui n'est applicable qu'aux gros). Sus aux gros !
Le problème, c'est les poules plus que leur fonctionnement, et je dirais
même que c'est le concept. A avoir rendu la compétition aussi lucrative,
ceux qui ont pu et su se servir au bon moment sont ceux qui sont armés
pour se resservir. Il n'y a plus de roulement. Si je te cite : Arsenal,
Liverpool, Manchester, Chelsea, Barça, Real, Juventus, Milan, Bayern, je
suis prêt à parier que dans les cinq prochaines éditions, on trouvera à
chaque fois trois voire quatre des demis-finalistes parmi les équipes de
cette liste.
Et ça, ça devient pénible. Ça devient une petite compétition entre amis,
un club privé et on s'emmerde chaque année à voir la même chose, même si
certains matchs sont de toute beauté (un Liverpool-Arsenal même
magnifique, je me sens pas trop concerné). A cet égard, une finale de
coupe UEFA opposant le Zenit Leningrad :) aux Rangers a quelque chose de
très rafraichissant.
Commençons donc à limiter le nombre de clubs par pays à deux, limitons
le nombre d'étrangers par club sur la feuille de match, et là, ça
deviendra intéressant.
> Ta réflexion me fait dire que tout ramener au pays est un peu injuste,
> d'ailleurs. On voit les limites du système dans l'exemple roumain pour
> 2009, où le club pour la première fois champion profite des
> performances des trois clubs de Bucarest des années précédentes, pour
> arriver comme une fleur en poules, alors qu'il aurait largement pu se
> faire dégager lors d'un hypothétique troisième tour préliminaire.
Oui, et alors ? Tant mieux pour eux. A partir du moment où les clubs
font un championnat nationale, tu es bien obliger de le prendre en
compte pour déterminer qui sera convié à la Coupe d'Europe. Dire "en
raison des services rendus à votre pays, celui-ci doit vous laisser
aller en Coupe d'Europe à la place de celui qui l'a sportivement mérité"
me gène un peu.
Ou alors, on prend la liste de tous les clubs qualifiés, on les classe
selon leur indice propre, on met les 16 premiers en poule, les n
suivants au troisième tour, les m suivants au deuxième et les autres au
premier. Là, évidemment, Cluj commencerait au premier tour (tout comme
Nancy). Mais dans ce cas, tu auras tes 4 anglais avec 3 espagnols et 3
italiens directement en poule. Ça ne servirait que les gros ce qui te
défrise.
> Tu vas évidemment dans le même sens que moi. Je serais pour une
> limitation drastique du nombre de clubs pour un pays (en gros, ceux à
> trois ou quatre clubs actuellement, je les passerais à deux ; et tous
> les autres à un, en modulant par le moment de l'arrivée en poules ou
> aux tours préliminaires).
Je plussois
> Cela aurait non seulement pour conséquence de
> vraiment constituer des oppositions inédites d'équipes, d'augmenter les
> subsides aux petits pays et encourager leur développement, de moins
> faire ressembler cette compétition à une pompe à fric, de lui faire
> mieux porter son nom, mais aussi de revaloriser la Coupe UEFA, qui,
> pour le coup, pourrait redevenir un objet de conquête.
>
> Mais bon, nous sommes de doux rêveurs...
On vit surtout une époque de merde.
--
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