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mai 68 une vision fin

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  Sujet:   mai 68 une vision fin  
 De: jejvi...@free.fr (UBUjean-jacques viala)
 Groupes: fr.misc.actualite
 Organisation: fan de faustroll
 Date: 11. Jul 2008, 20:08:54
INTERNATIONALISTES TOUJOURS, MAIS PLUS PROLÉTARIENS 

Le prolétariat français, paré de toutes les vertus quand on voyait en
lui une force potentiellement révolutionnaire, est devenu objet
d'indifférence, voire de sarcasme ou de mépris dès lors qu'il est apparu
comme recherchant avant tout l'amélioration légitime de sa condition, et
que, frappé par les conséquences d'une immigration massive que l'on
installait dans les quartiers ouvriers, il a commencé à se plaindre de
devenir étranger dans son propre pays. Dès lors, et surtout bien sûr
s'il vote Le Pen, l'ouvrier français n'est plus pour le soixante-huitard
qu'un "beauf' raciste et stupide, du type de celui dont se gausse le
dessinateur Cabu à longueur de dessin. 

Aujourd'hui, Daniel Cohn-Bendit, "rangé des voitures", est l'un des
personnages les plus en vue de l'Etablissement. Ayant toujours entretenu
l'ambiguïté sur le point de savoir à quelle chapelle du gauchisme il
appartenait, il ne donne certes plus dans l'internationalisme
prolétarien, ainsi que la plupart de ses contemporains, mises à part
quelques exceptions trotskistes comme Alain Krivine. Comme beaucoup de
soixante-huitards, le prolétariat ne paraît plus guère l'intéresser
depuis que le prolétaire est revenu en nombre à des valeurs de droite.
Mais il reste l'internationalisme. Celui-ci s'est mué en mondialisme,
avec une nouvelle force capable de contribuer à la destruction de
l'ordre ancien: les peuples du tiers-monde, spécialement quand ils
viennent s'installer dans les pays occidentaux. 

Ce mondialisme peut revêtir diverses formes, d'ailleurs non
nécessairement exclusives les unes des autres. Il y  le mondialisme
technocratique, celui qui attribue le pouvoir à une petite caste de
"sachants" de préférence dans le cadre d'un nomadisme généralisé des
populations, des produits, des capitaux, comme l'a très bien décrit et
annoncé Attali dans son livre consacré à la civilisation nomade (L'Homme
nomade, Fayard éd.) Attali qui fut le gourou de Mitterrand, et qui est
aujourd'hui l'un des gourous de Sarkozy. Il y a le mondialisme
idéologique, qui fait des "droits-de-l'homme", d'ailleurs à géométrie
variable, le cache-sexe de ses ambitions dominatrices; le mondialisme
"antiraciste", véritable religion qui n'a rien à voir avec la défense
d'étrangers supposés vivre des situations difficiles dans leur pays
d'accueil, mais qui est un projet de société visant à l'universel
métissage, laïque et obligatoire, mais pas gratuit pour autant; le
mondialisme roussseauiste de type écolo, qui veut que la Nature soit
bonne et que seule la Société la corrompt, proposant la Rédemption de
l'Humanité pour la sauver de l'enfer du réchauffement climatique et la
conduire au Paradis du "développement durable". 

Il y a enfin le mondialisme économique, qui repose sur la disparition
des frontières. Certes, dans l'esprit du public d'aujourd'hui, cette
dernière forme n'est pas le produit du gauchisme, mais se rattacherait
plutôt aux puissances financières, aux intérêts du capitalisme, aux
doctrines du libéralisme et de l'ultra-libéralisme. On aurait tort
d'oublier cependant que l'un des plus nets partisans du libre-échange, à
cause précisément de son caractère destructeur, fut Karl Marx. 

Le destin de beaucoup de "soixante-huitards" me fait irrésistiblement
penser à la célèbre chanson de Jacques Brel sur ces jeunes gens qui "
montrent leur cul" aux bourgeois qu'ils traitent de cochon, et qui,
devenus quelques années plus tard de respectables notaires, s'indignent
à leur tour des voyous qui osent les traiter de la même façon. L'un des
plus en vue a récemment déclaré, paraît-il: "Nous nous étions révoltés
pour ne pas devenir ce que nous sommes finalement devenus." Malgré son
malaise existentiel, toute lucidité n'aurait donc pas abandonné cette
génération. Puisse-t-elle un jour prendre l'exacte mesure de son
aveuglement, mais aussi de sa stérilité et de son égoïsme. Et puissent
les enfants et petits-enfants des soixante-huitards rompre avec cet
héritage délétère, et reconstruire patiemment, sur la base des valeurs
qui ont fait la beauté de notre civilisation. 

par Bruno GOLLNISCH dans "Ecrits de Paris"

-- 


UBU.

Ce qui est le plus frappant dans la jeunesse scolaire 
d'aujourd'hui, c'est peut-être moins son ignorance que
 son ensauvagement.
Annie Kriegel le figaro 08.1981


DateSujet  Auteur
01.01.
o 
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