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Re: Peut-on se tromper ?

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  Sujet:   Re: Peut-on se tromper ?  
 De: baa...@baagoe.org (Johannes Baagoe)
 Groupes: fr.sci.philo
 Date: 24. Jul 2008, 03:39:36
 References: 1 2 3 4 5 6 7 8
Johannes Baagoe :

[ ab-solu ]

>> Vous pourriez préciser cette étymologie,

Marc Girod :

> Pas beaucoup plus que je ne l'ai déjà fait.

Dommage. J'ai regardé un peu l'étymologie d'ailleurs complexe (voir,
par exemple, la /Critique/ de l'article ABSOLU dans le Lalande),
et ça ne m'éclaire pas vraiment.

>> et en quoi elle constitue un argument ?

> Le concept d'absolu contient en lui-même une discrimination,

Tous les concepts contiennent des discriminations, non ? Sinon,
autrement dit s'ils s'appliquaient de façon indifférenciée à
n'importe quoi, quel serait leur intérêt ?

Mais peut-être entendez-vous par "discrimination" autre chose
qu'"action de différencier en vue d'un traitement séparé des
éléments les uns des autres en les identifiant comme distincts".

Si c'est le cas, qu'entendez-vous ? Quelle différence faites-vous
(j'aurais pu écrire "Comment discriminez-vous"...) entre les concepts
qui contiennent en eux-mêmes une discrimination et les autres,
s'il y en a ? Pourriez-vous donner des exemples de concepts qui ne
contiennent pas en eux-mêmes de discrimination ?

> et je prétends que toute référence à un absolu introduit une
> discontinuité.

Qu'appelez-vous "discontinuité" ?

> Votre façon de questionner est peut-être d'apparence « socratique »,
> mais elle ne vous engage pas beaucoup, ce qui ne nous met pas
> sur un pied d'égalité.

Je ne vois pas de raison de mettre sur un pied d'égalité celui qui
propose une thèse et celui qui la conteste. Le premier a la charge
de la preuve, le second n'a littéralement rien à prouver.

Vous proposez une thèse : "la vérité est une horreur".

Je la conteste : je ne vois pas pourquoi ce serait une le cas,
d'autant que je ne comprends rien à votre moyen pour la démontrer :
"À cause de la discontinuité introduite par cet ab-solu.".

Mais je n'ai pas, pour le moment, d'antithèse à soutenir, même pas
celle que la vérité ne serait pas une horreur. À ce stade, je n'en
sais qu'une chose, c'est que je n'en sais rien. Quand je proposerai
une thèse, par exemple "Il existe au moins une proposition vraie",
vous pourrez la contester, et à ce moment-là, ce sera moi qui serai
sur la sellette.

> Je serais en droit de trouver cette attitude malhonnête.

Dites-moi quelle règle d'honnêteté j'aurais enfreinte ; si je
suis d'accord avec cette règle, si, par, exemple, je vois qu'une
discussion où on la respecte a plus de chances d'être fertile qu'une
autre où on ne la respecterait pas, j'essaierai de ne pas recommencer.

> La réalité constituée par l'ensemble des phénomènes est continue,

Je suppose que par "phénomène", vous entendez "ce qui apparaît à
la conscience", "ce qui est perçu", ou quelque chose du genre. Il me
semble extrêmement hardi de soutenir que leur ensemble soit continu,
ne serait-ce qu'à cause de l'existence de seuils de perception. Sans
parler de celle des atomes ou des quantas, dont vous pourriez objecter
qu'ils concernent davantage le noumène que le phénomène.

Mais on peut aussi se dire qu'avant de recourir à tous ces mots
savants - "phénomène", "continuité", "ab-solu", etc -, il
pourrait être bon de revenir un peu sur terre et de voir au juste
de quoi l'on parle, surtout sur un forum qui n'est pas réservé
aux spécialistes. Ce serait plutôt mon point de vue, même si, une
fois qu'on s'est mis d'accord sur le sens du vocabulaire technique,
on gagnera évidemment du temps à l'utiliser.

> mais si on lui adjoint (pour constituer « la réalité ») des objets
> métaphysiques tels que la vérité, le résultat ne l'est plus.

Je comprends à la rigueur si je substitue "homogénéité" à
"continuité" : une ontologie dans laquelle ne figurent que des
phénomènes est homogène en ce que toutes les entités admises
sont de même nature. Dès lors qu'on lui ajoute des universaux
hypostasiés, ce n'est plus le cas. Si votre rejet de la vérité
n'est que le cas particulier d'une position nominaliste, nous pourrions
carrément être d'accord. Mais c'est là une interprétation beaucoup
trop téméraire pour que je l'adopte sans au moins vous demander
votre avis.

> Je pense que cela était très clair dans l'expression précédente,
> et que votre problème de compréhension ne peut pas m'être imputé.

Ah, il est tout à fait possible que je sois bête en plus d'être
ignorant. Mais le fait est que je ne comprends pas ce que vous voulez
dire. Et quand un auteur n'est pas compris, s'il peut être tenté de
se consoler en disant que ses lecteurs sont des sots, ça ne lèvera
pas l'incompréhension.

> Ne peut-on pas sortir du conflit, et discuter sereinement ?

Pas de problème, je ne vois d'ailleurs pas ça comme un conflit. J'ai
eu tort, sans doute, d'accéder à votre demande d'une explicitation
quant à ce que je percevais comme un manque de clarté dans votre
façon d'écrire. Si vous pouviez me réconcilier un peu avec tout un
pan de la pensée française contemporaine, je ne demande pas mieux -
mais je ne sais pas si un forum Usenet est le meilleur lieu pour cela.

-- 
Johannes


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