France: territoire occupé
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Sujet: France: territoire occupé
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Date: 23. Apr 2008, 21:38:53
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Robert Faurisson censuré sur Radio Courtoisie : Martin Peltier s'explique.
Les auditeurs de Radio Courtoisie ont eu un choc mercredi 9 avril 2008
dans la soirée : "Le Libre Journal de Martin Peltier" s'arrêtait
brusquement, sans explications, remplacé par de la musique, et celui de
Paul-Marie Coûteaux, qui devait lui succéder, était différé. Deux jours
plus tard, Henry de Lesquen, qui avait engagé Martin Peltier après la
mort de Serge de Beketch pour remplacer celui-ci une semaine sur quatre,
mettait fin à cette collaboration. Voici l'explication de cette
étonnante affaire, par l'un de ses protagonistes.
Que s'est-il passé à Radio Courtoisie le mercredi 9 avril ?
Martin Peltier : J'avais invité en deuxième partie de mon "Libre
Journal", de 19h30 à 21h, le professeur Faurisson. Un peu avant 20h, la
musique a couvert nos voix et le technicien m'a signalé par geste que
l'émission était finie. On nous a indiqué qu'un membre du CSA avait
conseillé cette censure dans l'intérêt de la station, et c'est ce qui a
été répété pendant une heure aux innombrables auditeurs qui
téléphonaient pour la déplorer.
Le Parisien du lendemain 10 avril donne une autre version.
Martin Peltier : En effet. Selon lui, l'un de ses journalistes, surpris
par cette brusque interruption des programmes, a interrogé immédiatement
Henry de Lesquen, le patron de Radio Courtoisie, qui lui aurait fait la
réponse suivante : c'est la déléguée aux questions éditoriales, Mme
Paoli, qui aurait pris la décision de couper parce que "l'un des invités
aurait tenu des propos inacceptables", sans que soient précisés
lesquels. Quelle que soit la version véritable, on doit remarquer la
promptitude des réactions de tous. Mme Paoli, ou un membre du CSA
[Tristan Mendès-France] à l'écoute de mon émission, n'a pas hésité à
déranger Lesquen, qui présidait à ce moment une réunion. Le journaliste
du Parisien a été encore plus réactif. Avant le bouclage, il a eu le
temps de s'étonner, d'appeler, d'écrire et de caser son papier. C'est
certainement un bon professionnel. Quoi qu'il en soit, vendredi 11
avril, j'ai reçu une lettre recommandée de Lesquen m'annonçant que mon
"Libre Journal" était supprimé. L'après-midi, il me téléphonait pour
s'expliquer, non pas tant sur les faits que sur la raison de la censure.
Elle est limpide : Robert Faurisson nie l'existence de "chambres à gaz
homicides" dans l'Europe occupée par Hitler. Or c'est interdit par la
loi Fabius-Gayssot et il a été condamné plusieurs fois pour cela. Votre
invitation était donc une provocation suicidaire.
Martin Peltier : Non. J'avais formellement interdit à Faurisson
d'aborder la chose. Nous étions convenus de nous cantonner à quatre
thèmes. D'abord, la persécution des révisionnistes, judiciaire,
disciplinaire et autre. Ensuite, la critique des lois restreignant la
liberté de recherche, à la lumière des pétitions signées ces dernières
années par des historiens français réputés. Troisièmement, l'examen des
faussaires profiteurs de la "Shoah", dont l'actualité récente offre de
bons exemples. Enfin, à la suite de Raul Hilberg, principal historien de
l'"Holocauste", nous devions relever les progrès que l'hérésie
révisionniste fait faire à l'histoire officielle.
Ces sujets, quoique un peu borderline, peuvent en effet être abordés,
mais pourquoi avec Faurisson ? Sa personne est elle-même devenue symbole
de provocation.
Martin Peltier : La question est de savoir si Robert Faurisson est un
homme ou une bête. Si c'est un homme, comme dirait Primo Levi, il a des
droits. Certes, c'est un multirécidiviste, un repris de justice, mais il
a payé ses dettes à la société, il a donc droit de vivre et de
s'exprimer comme tout autre, pourvu qu'il n'enfreigne pas la loi. Une
comparaison va vous éclairer. La campagne pour la dépénalisation de
l'avortement a culminé avec le "Manifeste des salopes" : des femmes en
vue y revendiquaient leur crime pour obtenir l'abrogation de la loi qui
le réprimait. Or, loin de les condamner, on les loue. Et l'on
bâillonnerait Faurisson, même s'il s'engage à respecter la loi Gayssot ?
Quel coeur normal, quel esprit droit, tolérerait ce "deux poids deux
mesures" ?
Bien sûr, mais demeurer au niveau des principes peut être parfois
enfantin. Lesquen est responsable de Radio Courtoisie, de sa survie.
Vous auriez dû lui soumettre la liste de vos invités.
Martin Peltier : Non. Lorsqu'il m'a demandé de venir à Radio Courtoisie,
il m'a détaillé verbalement un cahier des charges contraignant, mais il
m'a laissé libre de mes invités et de mes sujets. Ce qu'il me reproche
est une erreur d'appréciation. Pour lui, Faurisson étant ce qu'il est et
la jurisprudence en matière de révisionnisme ce que nous savons, aborder
le sujet comme je l'ai fait était impossible. Il en voit une preuve
surabondante dans le fait suivant : les invités de l'émission de
Coûteaux, ayant appris que le professeur diabolique était passé avant
eux dans le studio, se sont défilés et l'émission a dû être reportée.
Ils "avaient des bouches à nourrir".
Vous voyez, l'interdit porte sur Faurisson.
Martin Peltier : Pas tout à fait. Henry fait une analyse plus subtile.
Depuis trente ans que Robert Faurisson mène ses recherches
révisionnistes, il a été l'objet de tant d'attaques qu'il se compare,
d'une certaine manière, à Galilée. De toutes ses paroles sourdent, même
quand il se domine, une révolte indomptable et la certitude d'avoir
raison. Pendant ses vingt-cinq minutes d'antenne, il n'a tenu aucun
propos révisionniste passible de la loi Gayssot mais, à plusieurs
reprises, il a laissé entendre que, s'il pouvait parler, on verrait ce
qu'on verrait... Un esprit tordu pourrait poursuivre en contestation de
crime contre l'humanité en s'appuyant sur la seule conviction implicite
du prévenu ! Henry ne veut courir aucun risque et il a coupé. Si une
telle procédure était menée, elle pourrait entraîner des dépenses de
justice insupportables pour Radio Courtoisie, une réputation qui ferait
fuir une part de ses invités et de ses auditeurs, et peut-être, à terme,
supprimer l'autorisation d'émettre. Un chef responsable doit prendre sa
décision en quelques secondes. Lesquen est d'une famille de marins. Il a
préféré sacrifier une chaloupe en perdition pour préserver sa frégate.
Ainsi, vous approuvez ses décisions ?
Martin Peltier : N'exagérons rien, mais je les comprends, surtout celle
qu'il a prise à chaud. La suppression de mon "Libre Journal" me paraît,
elle, inutile et risque de dégoûter une partie des auditeurs. Quant à
moi, je la regrette un peu, car nous avions retrouvé, avec quelques amis
de la presse nationale, un ton et une ambiance qui rappelaient de bonnes
heures et qui pouvaient contribuer à maintenir l'unité de notre camp
dans les passes difficiles que nous traversons. Mais, d'un autre côté,
c'est un poids en moins : moins de travail et moins de dépenses, car
vous savez que l'on n'est ni payé ni défrayé à Radio Courtoisie, et,
n'habitant pas Paris, cela me faisait des frais chaque mois. Le
journalisme à compte d'auteur, je ne sais pas si c'est encore de mon âge.
Et l'émission avec Faurisson, comment la jugez-vous ?
Martin Peltier : Un peu courte, on en était au tour de chauffe, on n'a
pas abordé les points les plus intéressants. Mais enfin ça a le mérite
d'exister. Et les plus courtes sont parfois les meilleures. Nous avons
fait la démonstration qu'un tabou interdit toute expression libre en
France. Et qu'il impose l'autocensure aux plus intelligents et aux plus
courageux : car je ne tiens nullement Radio Courtoisie pour un ramassis
de moules. Nous rappelons ainsi, de la manière la plus explicite, que
notre pays est aujourd'hui un territoire occupé. Il est très difficile
d'y survivre, entre censure et autocensure. C'est pourquoi je comprends
si bien la position de Lesquen. Il y a deux armes pour servir
l'information en France : l'épée et le bouclier. J'ai choisi l'épée,
Lesquen le bouclier.
Vous reprenez les mots du colonel Rémy, quand il pensait que De Gaulle
et Pétain s'étaient partagé les rôles sous l'Occupation.
Martin Peltier : Sauf qu'à la différence de De Gaulle, je ne souhaite
pas diviser le camp des Français attachés à leur patrie. Je n'aimerais
pas que certains se détachent de Radio Courtoisie à cause de je ne sais
quelle tiédeur supposée. La comparaison avec l'Occupation me paraît
fructueuse. Radio Courtoisie est une radio aussi libre que l'était la
zone du même nom : libre, mais sous la menace permanente de l'occupant.
C'est une radio "nono", non occupée, ce n'est déjà pas si mal. Le
Maréchal ménage ce qui doit l'être pour sauver ce qui peut l'être.
Alors, pas de regrets ?
Martin Peltier : Vous êtes devant un équilibriste qui vient de se casser
la figure. Je regrette d'être tombé. Ma femme m'a dit : Tu t'es cru plus
malin que tout le monde et maintenant, tu te retrouves dans la m...,
comme d'habitude. Mais je préfère conclure autrement. C'est avec le
temps qu'apparaissent les dernières conséquences et la portée finale
d'un acte. Peut-être un jour Radio Courtoisie s'honorera-t-elle d'être
la station qui a laissé parler Faurisson vingt-cinq minutes. Et il ne
s'agit pas seulement de défendre l'honneur de la presse et des Français,
il s'agit de ménager l'avenir. Je n'en veux pas à Lesquen de son
réalisme, je m'occupe de réalités plus hautes. En refusant que l'on
piétine le droit, la vérité, la liberté, la justice, je préserve les
chances d'une jeunesse qui souffre sous le joug, et qui trouvera demain,
n'en doutons pas, les moyens efficaces de la victoire.
Un journaliste indépendant.
France, l'autre pays de la censure...

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