Bureau Internet du département de la Publicité
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fr.soc.culture.chine ]
Je reprends une discussion du mois dernier sur la censure des blogs :
> Le moins que l'on puisse dire c'est que cette opération ne semble guère
> émouvoir la communauté française de Chine ... du moins celle qui échange
> sur la liste France-Chine. Pour les fans, le blog d'Elodie tourne
> toujours - http://www.jvgruat.com/Chine/discussions/
Encore plus fort :
http://www.01net.com/editorial/361603/un-rapport-devoile-les-dessous-de-la-censure-du-net-en-chine/
Un rapport dévoile les dessous de la censure du Net en Chine
Ordres de censure, manipulation des sites médias, blocage par mots-clés...
Reporters Sans Frontières publie un rapport exclusif qui
détaille les pratiques du gouvernement chinois.
Julie de Meslon , 01net., le 11/10/2007 à 19h15
« Interdiction de publier ou de commenter toute information concernant
l'étudiante battue à mort dans l'université de l'agriculture
de Canton. » Voilà le genre de SMS que reçoivent quotidiennement les dirigeants
des portails et des sites d'information de Pékin. Et
ce n'est là qu'un des multiples procédés employés par les autorités pour
contrôler l'information diffusée sur Internet, y compris la
simple expression du blogueur lambda.
Certaines de ces méthodes sont détaillées dans un rapport édifiant, tout juste
publié par Reporters Sans Frontières (RSF) et l'ONG
Chinese Human Rights Defenders. RSF tire ainsi la sonnette d'alarme : l'approche
du Congrès du Parti communiste chinois provoque une
véritable purge sur le Net. Le rapport a en fait été rédigé par un employé d'une
société Internet chinoise, qui doit bien sûr garder
l'anonymat. Ses informations ont toutefois été vérifiées par RSF, dans la mesure
du possible.
Cet expert précise en préambule les nombreux organes gouvernementaux chargés de
surveiller et de contrôler le Net chinois et de
réprimer ceux qui s'éloignent de la ligne du Parti. Leur budget de
fonctionnement pour l'année 2006 en dit long sur l'intérêt
grandissant des autorités pour le Web : 19 milliards d'euros, rien que pour un
des cinq bureaux concernés.
Ce « bureau Internet du département de la Publicité » (ex-département de la
Propagande) a notamment tenté de remplacer l'anonymat
par un système d'enregistrement des blogueurs sous leur vrai nom, indique
l'expert, heureusement en vain. En revanche, Pékin aurait
parfaitement réussi à mettre en place une « communication » étroite et
quotidienne avec les vingt plus grands sites chinois, comme
Baidu, Sina ou Yahoo! China.
Dix ans de prison pour un blog
Téléphone, e-mails, et surtout SMS et messagerie instantanée : tous les moyens
sont bons pour livrer à ces médias la bonne parole. A
cet effet, MSN Messenger a été interdit aux dirigeants de ces sites, pour être
remplacé par une messagerie instantanée maison. Les
sites sont ainsi informés des thèmes à traiter ou non (Lire l'encadré
ci-dessous), des articles officiels à retranscrire, des textes
à corriger ou à supprimer, qu'il s'agisse d'articles, de commentaires dans des
forums ou de n'importe quelle forme de communication.
Ainsi le rapporteur cite-t-il en exemple la suppression d'un simple sondage
demandant aux internautes s'ils souhaiteraient renaître
en Chine : 64 % avaient répondu non.
Malgré cette pression permanente, certaines informations échappent à la
vigilance des portails. Ils doivent donc recourir à des
systèmes de blocage automatique par mots-clés, testés par l'auteur du rapport.
Ainsi, toute expression relative au massacre de
Tiananmen ou à sa date, le 4 juin 1989 (1989.6.4, émeutes...), empêche la
publication du texte qui la contient sur la plupart des
forums et blogs des grands sites. « En Chine, publier une information censurée
sur un blog peut valoir deux, trois voire dix ans de
prison à son auteur, bien souvent au motif d'espionnage », rappelle
Jean-François Julliard, responsable de la recherche à RSF.
En marge de ces méthodes ciblées, le gouvernement chinois dispose également
d'une armée de cyberpoliciers (plusieurs milliers selon
le rapport) qui traquent sans relâche le dissident sur la Toile. Des petits
policiers virtuels se chargent également de «
sensibiliser » régulièrement les 162 millions d'internautes du pays.
RSF espère qu'à l'approche des Jeux olympiques de Pékin l'opinion publique se
fera plus pressante auprès des autorités chinoises,
d'autant que l'ouverture économique du pays devrait progressivement éroder son
acharnement à la censure. Malheureusement, d'autres
pays sont prêts pour la relève, comme le Vietnam ou l'Egypte, qui se montrent de
plus en plus actifs en matière de censure sur le
Net.
Exemples de messages envoyés aux portails et sites d'information de Pékin par
les autorités
- Ordre de retirer des sites une enquête sur le suicide du directeur du
département de la Sylviculture.
- Interdiction de reproduire toute information concernant l'explosion d'un pont
dans la ville de Nanjing (Jiangsu, Centre) (11 mai
2006).
- Interdiction de reproduire toute information concernant le débat autour de la
commutation de peine de hauts fonctionnaires (14 mai
2006).
- A la suite de propos racistes de la part d'internautes chinois, ordre de
fermer les commentaires des articles, des forums et des
blogs ayant trait au don d'argent fait par la Chine après un tremblement de
terre en Indonésie. Ordre de remplacer ces commentaires
par des messages de soutien bénéfiques aux relations entre les deux pays et à
l'image de la Chine sur le plan international (29 mai
2006).
Source : « Chine - Voyage au coeur de la censure d'Internet », Reporters Sans
Frontières/Chinese Human Rights Defenders

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