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A part le Sida, l’Afrique ne nous appor te rien »

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  Sujet:   A part le Sida, l’Afrique ne nous appor te rien »  
 De: taur...@a6.cc (Taureau Assis)
 Groupes: fr.soc.politique, soc.culture.quebec, qc.politique, soc.culture.belgium, soc.culture.african
 Suivi-à: fr.soc.politique
 Organisation: Aioe.org NNTP Server
 Date: 20. Jul 2008, 12:58:05
http://www.independent.ie/opinion/columnists/kevin-myers/africa-is-giving-nothing-to-anyone--apart-from-aids-1430428.html

Article paru dans “The Irish Independent”, le 10 juillet 2008 - par 
Kevin Myers, journaliste et éditorialiste irlandais.

« Alors même que les États africains refusent de prendre des mesures 
pour restaurer un semblant de civilisation au Zimbabwe, il nous faudrait 
de nouveau faire l’aumône, à l’Ethiopie cette fois. L’Éthiopie était 
déjà au centre de l’actualité il y a près de 25 ans, avec la campagne 
contre la faim de Bob Geldof. Et durant ce laps de temps, la population 
du pays a bondi de 33,5 à 78 millions d’habitants…

Pourquoi diable devrais-je de nouveau encourager la croissance 
démographique catastrophique de ce pays ? Où est la logique ? Il n’y en 
a aucune. Et deux choses me disent que la logique ne compte pas dans 
cette affaire.

La première, c’est ma conscience. La seconde, c’est l’image, une fois de 
plus, d’un de ces enfants qui, une fois de plus, fixe l’objectif, de ses 
yeux une fois de plus grand ouverts, illustrant une fois de plus la 
tragédie qui une fois de plus, etc.

Désolé mais moi, j’ai parcouru ce pays. A pied et financièrement. 
Contrairement à beaucoup d’entre vous, je suis allé en Ethiopie. Comme 
beaucoup d’entre vous, j’ai craché au bassinet pour les bonnes œuvres 
qui là-bas luttent  contre la famine. L’enfant aux yeux grand ouverts 
que nous avons sauvé il y a 20 ans est désormais cet homme en rut, 
arborant une Kalachnikov et procréant comme bon lui semble au gré de ses 
poussées hormonales.

Il y a sans doute de bonnes raisons pour prolonger ce système 
économique, social et sexuel détraqué et destructeur. J’ignore 
lesquelles. Et il y a surement toutes les bonnes raisons du monde de ne 
pas écrire le présent article.

Ces lignes ne me rallieront à coup sûr aucune amitié. Elles provoqueront 
le courroux indigné des lecteurs bien-pensants, une catégorie qui ne 
manque jamais une occasion de pervertir le débat public irlandais de ses 
persiflages et de ses injonctions morales. (…) Qu’importe…

Mais par pitié, vous, les représentants des ligues de vertu bien 
pensantes,  épargnez-moi les allusions à “Notre Famine” et les analogies 
trop faciles [ndlr : allusion à la Grande Famine irlandaise entre 1845 
et 1852, dont les effets se feront sentir de longues années] . Il n’y 
aucune comparaison possible. En 20 ans de famine, la population de 
l’Irlande a été réduite de 30%. Durant ce même laps de temps, grâce à 
l’aide alimentaire occidentale, aux semi-remorques Mercedes à dix roues 
et aux avions Hercules, la population de l’Éthiopie a plus que doublé.

Hélas, ce pays dévasté n’est pas isolé dans sa folie… Quelque part, 
dans ce continent merveilleux, se trouve la Somalie ; un autre charmant 
pays bien pourvu en fainéants perpétuellement en rut, brandissant des 
Kalachnikovs, mâchonnant du khat et excisant les filles. C’est désormais 
un continent pratiquement entièrement peuplé d’indigents sexuellement 
hyper-actifs, et des dizaines de millions de personnes ne survivent que 
grâce à l’aide internationale.

Cette dépendance n’a pas encouragé la prudence politique, ou le simple 
bon sens. La sottise vaudou semble constamment gagner du terrain et le 
prochain Président d’Afrique du Sud est persuadé qu’un peu d’eau du 
robinet sur un pénis post-coïtal est un bon moyen de prévenir les 
infections. En outre, cela va sans dire, la pauvreté, la faim et 
l’écroulement social n’ont pu prévenir des guerres ineptes au Tigré, en 
Ouganda, au Congo, au Soudan, en Somalie, en Erythrée, etc.

Une situation dépeinte à grands coups de crayon, certes. Mais c’est 
ainsi que l’histoire a souvent dépeint ses épisodes les plus sordides, 
les plus décisifs aussi. Le Japon, la Chine, la Russie, la Corée, la 
Pologne, l’Allemagne, le Vietnam, le Laos, le Cambodge… ont eu à 
surmonter des épreuves bien plus dures que celles que doit endurer 
l’Afrique. Tous ces pays aident aujourd’hui ce continent, y 
investissent, alors que l’Afrique, avec ses vastes savanes et ses 
opulents pâturages n’apporte pratiquement rien à personne, si ce n’est 
le Sida.

Pendant ce temps, les populations africaines épuisent leurs ressources, 
et provoquent des dégâts écologiques catastrophiques. En 2050, la 
population de l’Ethiopie sera de 177 millions : l’équivalent de la 
France, de l’Allemagne et du Benelux réunis, mais situés dans les zones 
arides et dévastées de la Vallée du Rift, où l’on trouve de moins en 
moins de sources de protéines.

Quel sens cela a-t-il d’encourager activement l’augmentation de la 
population adulte d’un pays déjà surpeuplé, à l’environnement dévasté et 
économiquement dépendant ? En quoi est-il moral de sauver un enfant 
éthiopien de la faim aujourd’hui, et lui permettre de survivre dans un 
contexte de circoncision brutale, de pauvreté, de faim, de violence et 
de sévices sexuels, qui résultera en une autre demi-douzaine d’enfants 
aux grands yeux, dont les perspectives seront tout aussi réjouissantes ? 
Cela vous permettra sans doute de vous sentir mieux, ce qui est la 
raison principale d’une charité aussi abondante. Mais ce n’est pas 
suffisant.

Cette charité intéressée est l’un des fléaux de l’Afrique. Elle a permis 
de maintenir en place des régimes politiques qui se seraient effondrés 
autrement. Elle a prolongé de 10 ans la guerre entre l’Erythrée et la 
Somalie. Elle a inspiré à Bill Gates un programme d’éradication de la 
malaria, alors qu’en l’absence quasi complète d’auto-discipline, cette 
maladie est actuellement l’une des formes les plus efficaces de contrôle 
des populations.

Si ce programme réussit, se vante-t-il, des dizaines de millions 
d’enfants qui seraient morts en bas-âge parviendront à l’âge adulte. 
Très bien, et ensuite ? Hmm… je sais. Qu’ils viennent tous ici. En voilà 
une riche idée.


DateSujet  Auteur
01.01.
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