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La patate peut sauver le monde

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  Sujet:   La patate peut sauver le monde  
 De: o.geha...@gmail.com (o.gehaime)
 Groupes: fr.soc.economie, fr.misc.finance, fr.soc.environnement
 Suivi-à: fr.soc.economie,fr.soc.environnement
 Organisation: Guest of ProXad - France
 Date: 09. May 2008, 21:30:15
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http://www.bakchich.info/article3659.html

  NOS SOUS
La patate peut sauver le monde
Crise alimentaire / vendredi 9 mai par Bertrand Rothé


A un mois d’une importante réunion internationale à Rome sur la crise 
alimentaire mondiale, l’organisation des Nations Unies pour 
l’alimentation et l’agriculture (FAO), critiquée de toutes parts, a une 
solution originale : le développement de la pomme de terre.

Ce n’est pas un canular. Si, en Chine, 2008 est l’année du rat, pour la 
FAO c’est l’année de la pomme de terre. Un site Internet, un sigle IYP 
(International Year of the Potato), un logo, tout y est. Et c’est du 
sérieux. La patate est la principale denrée alimentaire non céréalière 
du monde. 320 millions de tonnes ont été produites en 2007.
Si j’avance quand tubercule…

La crise alimentaire qui ronge actuellement les pays pauvres est due à 
la spécialisation des échanges. En effet, (mal) conseillés entre autre 
par la Banque Mondiale, de nombreux pays ont préféré acheter leur 
alimentation sur les marchés internationaux plutôt que de les produire, 
la deuxième solution revenant souvent plus cher. Aujourd’hui que les 
prix augmentent, ils ne peuvent pas payer et ils ne savent plus produire.
JPG - 129.2 ko
Super patate
© baroug

Pour la FAO, il existe une solution : la pomme de terre. Le féculent 
refuse les lois du marché. À la différence du blé, du maïs, du tourteau 
soja, il n’est pas coté à la bourse de Chicago. Par ailleurs, la FAO 
précise que « seule une part infime de la production fait partie du 
commerce extérieur ». Le féculant se consomme sur place. Pour finir, la 
patate se paie à son juste prix. « Le prix de la pomme de terre dépend 
en général des coûts de production ». Exactement comme dans les cours de 
marxisme, le prix de la tubercule est la somme du « travail incorporé », 
il n’est pas fixé par le marché. C’est donc une culture « vivement 
recommandée pour atteindre la sécurité alimentaire ». Elle peut « aider 
les agriculteurs à faibles revenus et les consommateurs vulnérables à 
surmonter la crise actuelle ». La FAO n’a pas encore crié « vive le 
protectionnisme, à bas le marché », mais c’est tout comme.

La FAO fait des erreurs de nouveau converti. Même si son discours 
antilibéral est le bienvenu pour gripper un peu l’appareil, la réalité 
est plus complexe. L’augmentation du prix de la pomme de terre fait de 
temps en temps la une des journaux des pays en voie de développement. Il 
y a un an, par exemple, l’Algérie a connu une crise de la pomme de 
terre. La TVA sur les patates importées fut revue à la baisse et le 
journal El Watan annonçait à ses lecteurs énervés par la hausse du prix 
de la patate que « les prix baisseront début novembre ».
Quand patate rime avec pauvreté

Mais le féculent a d’autres vertus. Il permet de mesurer le 
développement économique. Ainsi, tandis qu’il se consomme de moins en 
moins dans les pays développés, les pays pauvres ont augmenté leur 
consommation. Selon les chiffres de la FAO, ces derniers sont passés « 
de moins de 10 kg par habitant en 1961-1963, à 21,53 kg en 2003 ». Et « 
tout semble indiquer qu’elle enregistrera une forte hausse à l’avenir ». 
Mc Cain, le géant mondial, qui produit plus d’un tiers des frites 
surgelées consommées dans le monde, a ouvert en 2004 une usine en Chine 
et une autre en Inde en 2005.

Mais la palme de la consommation de pommes de terre revient aujourd’hui 
aux anciens satellites soviétiques. Huit des premiers consommateurs sont 
des pays de l’est. Leader incontesté : la Biélorussie. Chaque habitant 
en consomme 337 kg par an. La vodka, souvent composée d’alcool de pommes 
de terre y serait-elle pour quelque chose dans ces pays où l’alcoolisme 
fait des ravages ? Rien n’est moins sûr.
La vieille loi économique de Giffen

L’idée de la FAO n’est pas nouvelle. Giffen, un économiste irlandais, 
remarqua déjà au XIXe siècle que la pomme de terre échappait aux lois du 
marché. En économie, lorsque les prix d’un produit baissent, sa 
consommation augmente. Pour la pomme de terre, c’est l’inverse : sa 
consommation augmente lorsque son prix augmente. Comme c’était la base 
de l’alimentation irlandaise, lorsque les prix augmentaient, les 
Irlandais du XIXe siècle consommaient moins d’autres types de biens et 
davantage de pommes de terre. Il fallait bien survivre, et rien n’est 
plus nourrissant qu’un bon plat de patates.

Compte tenu de toutes ces données, la FAO ne pourrait-elle pas changer 
son slogan « Fiat panis » (du pain pour tout le monde) par « de la purée 
pour tous ». Mais comment faire ? Il n’y a pas de mot latin pour les 
pommes de terre !


-- 
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DateSujet  Auteur
01.01.
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