"art-borescencesannée" <art-borescencesannee@orange.fr> a écrit dans le
message de news: 487833d0$0$907$ba4acef3@news.orange.fr...
>
> "Christian ORANGE" <orange.ch@orange.fr> a écrit dans le message de news:
> 4871f554$0$921$ba4acef3@news.orange.fr...
>
> ***Cependant, il me semble qu'espérer être, parmi des milliards d'humains
> actuels (plus ceux du passé), celui qui trouvera (en soi, en plus!) une
> vision unique, ce qui n'a encore jamais été trouvé, ce n'est pas de
> l'ambition, mais une très grande prétention. Et il est bien certain que
> dans le milieu de l'art on rencontre bien souvent une très grande
> prétention.
> Il me semble, en fait, que vous ne répondez pas à la question que vous
> avez conservée ci-dessus. J'y parlais de naturel. Ou alors il faut inclure
> dans le naturel le rêve même le plus délirant.
> J'ai très souvent été choqué, c'est bien le mot, par la théorie (à vrai
> dire plus que simpliste) développée dans un grand nombre de récits (et
> notamment de films) américains où l'on voit le héros infailliblement
> arriver à une grande réussite en "étant simplement lui-même". C'est une
> pure fiction, une utopie totale. Rien de cela n'arrive dans la réalité. Ce
> sont les arrivistes sans scupule qui arrivent au pouvoir ou à la tête
> d'une entreprise ou à une grande réussite en général et non ceux qui ont
> une vision subtile de ce qu'ils ont en eux. Ils y arrivent à la balle et
> au couteau. Ce n'est pas Cézanne ou Van Gogh qui a réussi, c'est Ambroise
> Vollard. Il n'y a aucun doute là-dessus. Est-ce cela l'art? Si c'est
> vraiment cela, il vaut mieux que nous allions à la pêche. En tout cas ce
> n'est pas ma vision et j'y renonce volontiers si c'est cela.***
>
>
> Bonjour,
>
> il me semble -a moi aussi- que vous entretenez une confusion entre la
> valeur marchande et la valeur artistique d'une oeuvre, entre la notion de
> réussite personnelle et de réussite commerciale.
>
> Le prix d'une oeuvre n'a rien à voir avec sa valeur artistique esthétique,
> ou émotionnelle. Les tournesols sont-ils réellement la meilleure toile de
> Van Gogh, ou bien le pure produit d'un merchandising artistique du monde
> commercial de l'art?
>
> Et, pour être un peu plus contemporain, Bram van Velde -que n'apprécie pas
> particulièrement comme peintre- qui vivait dans un garage sordide,
> préférait manger au minimum pour se payer ses huiles, croyez vous qu'il
> peignait, lui aussi, pour être reconnu? Et à l'inverse, Combas (accolade
> de 2 adjectifs qui lui vont si bien), reconnu et vendu, qui prétendant
> nous faire découvrir le Louvre, s'exclame devant un Delacroix, "ah quel
> cul, on a envie de le toucher"... Et c'est ça que l' a-culture
> contemporaine valide comme peintre??!! Les mouches à m... de la réussite,
> les rapaces des petits fours dans les vernissages mondains...
>
> On peint parcequ'on en a besoin, parcequ'on en crève, parcequ'on étouffe,
> parceque cela nous est vital, parcequ'on est amoureux à en crever,
> parcequ'on est triste, parcequ'on est seul, parceque ça nous "tient les
> couilles", parceque la mort ... . Pas pour gagner des caramels mous à la
> grande loterie de la réussite.
>
> Je vous parle de peinture, et vous parlez de réussite. Je vous parle
> d'avancer, un peu mais constamment, sur son petit chemin personnel, et
> vous me d'arriver à se faire du fric, à être reconnu. Je vous parle de
> peindre parceque cela vous est vital comme de manger ou respirer, alors
> que vous cherchez un stratégie pour obtenir de l'estime des autres.
>
> Quelle reconnaissance faut-il au peintre si ce n'est la propre estime de
> ce qu'il fait?
>
> Les correspondances de Van Gogh ou de Cézanne, puisque ce sont là vos
> exemples parlent plus de peinture, d'une recherche, d'une nécessité
> intérieure, que d'argent. Que Vollard se soit fait de l'argent sur leur
> dos, tant mieux pour lui, mais cette gloriole est éphémère. Vollard est
> bouffé par les vers, et ce n'est pas son nom que l'on retient. Et puis,
> qu'est-ce qu'ils en ont à faire de cela? pensez vous sincèrement que
> c'était leur préoccupation?
>
> Vous avez raison, l'artiste est prétentieux...c'est un prétentieux d'une
> grande fragilité, en équilibre au bord du vide. Seul.
>
>
> Quand il se demande: "Que peindre? Et comment?". Il peint ses chaussures
> parce qu'il a rien d'autre....
>
> Piste n°2 donc: Peignez donc vos chaussures ;)
> Comment? Avec votre âme...
> Art-borescences
>
> PS: Ne ramassez pas les cailloux: ce message n'est pas agressif !! Il ne
> parle - que - de Peinture... Merci à ceux qui le liront comme tel ;)
Comment voulez-vous peindre avec votre âme? L'âme n'existe pas. C'est une
fantaisie de religieux.
Bon, vous parlez je suppose de l'âme au sens figuré: la personnalité, la
conscience intime. Mais quand-même, le vocabulaire donne toujours une
orientation au discours. Orientaton que je ne suis pas, dans ce cas.
Vollard a très bien vécu... et complètement déformé le milieu et même la
notion d'art.
Ch