"YouDontNeedToKnowButItsNoëlle" <"YoudontNeedThatNeither"@sol.earth> a écrit
dans le message de news: 4877c435$0$896$ba4acef3@news.orange.fr...
> Christian ORANGE a écrit :
> Toutefois, je dois vous faire remarquer que TOUT ce que
>> l'on nous présente comme "du grand art" est caractérisé par des prix
>> démentiels et correspond très trictement à ce qui apparaît comme une
>> dérive commerciale frisant l'escroquerie, pour rester très modéré.
>> Je citais Cézanne et Van Gogh qui n'ont pas vendu une seule toile de leur
>> vie (ou à peu près). Ils sont de pures créations de Vollard. De leur
>> vivant, l'un (Cézanne) était un "peintre" que les enfants bousculaient
>> sur les trottoirs d'Aix (je tiens cela de ma famille qui habitait Aix et
>> qui a connu Granet comme ami proche, et Cézanne comme aixois) pour se
>> moquer de ce fils d'un papa banquier, au mauvais caractère qui voulait
>> absolument faire de la peinture et n'arrivait à rien. Tandis que les
>> toiles de Van Gogh deviennent "intéressantes" quand il est bon pour
>> l'asile. Où est ce grand art, là-dedans?
> Il est dans les toiles, et non de ce qu'il en est advenu du vivant des
> peintres ou après leur mort. Un réalisation artitique s'inscrit toujours à
> la fois dans une histoire culturelle ( des racines du monde de l'art ), un
> moment ( le contexte présent d'une société ) et une certaine dimension
> humaine qui échappe davantage au temps, liée au monde physique, aux
> perceptions, à nôtre humanité commune. Ce que moi j'appelle l'impersonnel.
> Nous ne savons rien du peintre d'Altamira, s'il était respecté ou en
> marge, si ses peintures avaient une importance rituelles ou étaient les
> graffitis d'un homme qui s'ennuie pendant la pluie. Nous ne partageons
> aucune dimension culturelle avec lui ; cependant quelque chose peut encore
> nous atteindre.
>
>> Les toiles quelque peu délirantes de Van Gogh sont claires, gaies,
>> amusantes, plaisantes à regarder.
> Lumineuses oui, mais certainement ni amusantes ni gaies de mon point de
> vue. Plutôt violentes, peut-être perturbantes avec leurs tourbillons, les
> constrastes, les couleurs dures.
>
> Elles représentent bien le monde intérieur
>> d'un homme, oui : d'un jobastre. Si A. Vollard n'avait pas mis la main
>> sur ses toiles et n'avait pas été un négiciant hors pair (pour ne pas
>> dire un requin) elles auraient en majorité fini comme clôtures de
>> poulaillers comme cela a manqué arriver à l'une d'elles.
> Ce qui ne prouve rien, quand à leur valeur artistique. De tout temps des
> œuvres de valeur ont été perdues, brûlées, détruites pour une raison ou
> une autre.
>
>> C'est bien ce qui apparaît avec un peu de recul. Je n'exagère rien... et
>> ces observations me font naturellement poser des questions. Pas à vous?
>> C'est là le problème. Vous ne pouvez pas séparer ce que l'on appelle
>> l'art (reconnu) d'une très belle réussite financière...
>
> Le monde de l'art est certainement le lieu et l'objet d'enjeux financiers
> importants et parfois sans proportion avec l'oeuvre. Cela ne se résume pas
> à ce jeu comme vous sembler le dire de façon un peu simpliste. La
> reconnaissance peut être étroite ou large, s'accompagner de succès
> financier ou pas.
>
> à moins qu'il faille
>> suivre cette phrase en sens contraire ce qui me paraît plus judicieux
>> pour beaucoup de ces réussites.
>
> Je vous souhaite le genre de réussite que vous vous souhaitez à vous
> même...N'étant pas très sûre d'avoir compris laquelle.
>
> Cordialement,
>
> Noëlle Adam.
Croyez bien qu'à plus de 68 ans et ayant produit plus de 150 peintures (sans
avoir rien gagné par ce moyen), si je continue à peindre c'est que j'y ai
plaisir, que cela m'apporte quelque-chose, sinon j'aurais vite arrêté.
ou si vous préférez, je n'ai aucune prétention à être un picasso qui
vendait la nappe du rstaurant sur laquelle il avait esquissé un taureau.
Mais je suis inévitablement en contact avec sans doute plus d'une
cinquantaine de peintres, plus ou moins vieux ou jeunes, faisant des
peintures que j'aime ou que je trouve presque ausssi affreuses que les
"baigneuses) de Cézanne, et certains vendent leurs "oeuvres" 2000 et 4000E.
tandis que d'autres qui me semblent obtenir d'au moins aussi bons résultats
n'en vendent pas une à 150E. C'est quand-même un problème. D'abord parce que
ces gens-là ne peuvent pas vivre d'eau fraiche et d'amour de l'art... mais
surtout parce que cela implique la question mais qu'est-ce donc que l'art?
Et je crois bien interpréter la pensée générale en disant qu'il y a une
disparité outrancière entre les prix de travaux (je n'emploie pas oeuvre à
dessein pas oeuvre que je trouve prétentieux) de personnes obtenant des
résultats qui ne me (leur) semble pas offrir, bien souvent, de tels écarts
d'agrément pour l'oeil, de telles qualités.
Vous avez pu constater que je prise pas tellement Cézanne (et là au moins,
je ne suis pas le seul) ni Gauguin, ni Vlamink,... et que je ne comprends
pas la renommée mondiale de la joconde dans laquelle je vois une bonne
peinture sans plus. Il y a bien des peintures de peintres peu cotés ou
inconnus qui sont excellentes et que je lui trouvent supérieures. Alors j'en
reviens à mon pemier propos. Le génie d'une peinture tiendrait-il au prix
que l'on (qui est-ce "on" au fait?) lui attribue?
Cordialement. Ch