Christian ORANGE a écrit :
> Intéressantes remarques.
> Je ne vous connais pas mais ne doute pas que vos peintutres puissent être
> très intéressantes.
Merci de me faire un tel crédit. Cependant, si je ne suis pas peintre
mais photographe, j'aime la peinture et je crois que bien des questions,
plastiques et autres, sont partagées.
Toutefois, je dois vous faire remarquer que TOUT ce que
> l'on nous présente comme "du grand art" est caractérisé par des pris
> démentiels et correspond très trictement à ce qui apparaît comme une dérive
> commerciale frisant l'escroquerie, pour rester très modéré.
> Je citais Cézanne et Van Gogh qui n'ont pas vendu une seule toile de leur
> vie (ou à peu près). Ils sont de pures créations de Vollard. De leur vivant,
> l'un (Cézanne) était un "peintre" que les enfants bousculaient sur les
> trottoirs d'Aix (je tiens cela de ma famille qui habitait Aix et qui a connu
> Granet comme ami proche, et Cézanne comme aixois) pour se moquer de ce fils
> d'un papa banquier, au mauvais caractère qui voulait absolument faire de la
> peinture et n'arrivait à rien. Tandis que les toiles de Van Gogh deviennent
> "intéressantes" quand il est bon pour l'asile. Où est ce grand art,
> là-dedans?
Il est dans les toiles, et non de ce qu'il en est advenu du vivant des
peintres ou après leur mort. Un réalisation artitique s'inscrit toujours
à la fois dans une histoire culturelle ( des racines du monde de l'art
), un moment ( le contexte présent d'une société ) et une certaine
dimension humaine qui échappe davantage au temps, liée au monde
physique, aux perceptions, à nôtre humanité commune. Ce que moi
j'appelle l'impersonnel. Nous ne savons rien du peintre d'Altamira, s'il
était respecté ou en marge, si ses peintures avaient une importance
rituelles ou étaient les graffitis d'un homme qui s'ennuie pendant la
pluie. Nous ne partageons aucune dimension culturelle avec lui ;
cependant quelque chose peut encore nous atteindre.
> Les toiles quelque peu délirantes de Van Gogh sont claires, gaies,
> amusantes, plaisantes à regarder.
Lumineuses oui, mais certainement ni amusantes ni gaies de mon point de
vue. Plutôt violentes, peut-être perturbantes avec leurs tourbillons,
les constrastes, les couleurs dures.
Elles représentent bien le monde intérieur
> d'un homme, oui : d'un jobastre. Si A. Vollard n'avait pas mis la main sur
> ses toiles et n'avait pas été un négiciant hors pair (pour ne pas dire un
> requin) elles auraient en majorité fini comme clôtures de poulaillers comme
> cela a manqué arriver à l'une d'elles.
Ce qui ne prouve rien, quand à leur valeur artistique. De tout temps des
œuvres de valeur ont été perdues, brûlées, détruites pour une raison
ou une autre.
> C'est bien ce qui apparaît avec un peu de recul. Je n'exagère rien... et
> ces observations me font naturellement poser des questions. Pas à vous?
> C'est là le problème. Vous ne pouvez pas séparer ce que l'on appelle l'art
> (reconnu) d'une très belle réussite financière...
Le monde de l'art est certainement le lieu et l'objet d'enjeux
financiers importants et parfois sans proportion avec l'oeuvre. Cela ne
se résume pas à ce jeu comme vous sembler le dire de façon un peu
simpliste. La reconnaissance peut être étroite ou large, s'accompagner
de succès financier ou pas.
à moins qu'il faille
> suivre cette phrase en sens contraire ce qui me paraît plus judicieux pour
> beaucoup de ces réussites.
Je vous souhaite le genre de réussite que vous vous souhaitez à vous
même...N'étant pas très sûre d'avoir compris laquelle.
Cordialement,
Noëlle Adam.