On 5 mai, 16:06, Frantz <fr.wana...@fasshauer.frantz> wrote:
> gaspard a écrit :
>
> > [...]
> > Suffit pourtant de rouler un peu dans notre beau pays (et
> > même dans le tien, ça doit le faire) en dehors des heures et
> > des secteurs chargés, pour constater que ça existe.
>
> Oui, ça existe. Mais ça ne sert à rien pour justifier une pratique
> habituelle. Comme les chutes sans décès du je-sais-plus-combientième étage.
A quelle pratique habituelle penses-tu?
La pratique habituelle à laquelle j'ai toujours vu associée
l'expression "autoroute déserte", c'est celle qui dit que
quand il fait beau, t'as 1km de visi ou plus et pas un chat
sur cette distance, tu peux aller sans problème à 250km/h
si t'as envie (je te laisse calculer la vitesse donnant une
distance d'arrêt de 1km).
Et ça, ne t'en déplaise, c'est une situation courante,
pas comme les chutes libres en référentiel kowalskien.
>
> >> Par le fait de garder un oeil sur la route tout en
> >> ayant un lecteur DVD allumé ? Voir ma première réponse, et ce qu'en ont
> >> dit d'autres : on peut se contenter de la bande son.
>
> > C'était pas de ça que je parlais, maintenant, même réponse
> > qu'aux autres, si t'arrives à rouler avec une vidéo en marche
> > juste au-dessus de ton tableau de bord, tu me diras comment
> > t'arrives à ne pas avoir l'attention détournée par elle.
>
> En faisant attention à la route ? Les essuie-glaces prennent une place
> bien plus importante dans le champs visuel, et pourtant tu en fais bien
> abstraction.
Ben voilà, quand on sait plus quoi dire, on met le battement
des essuies-glaces sur un pied d'égalité avec un film, c'est
sûr, les 2 doivent captiver l'attention de manière identique :p
>
> > Remarque,
> > peut-être qu'à 200, la "vidéo" du paysage réel est assez
> > intéressante elle aussi, pour qu'on en arrive à négliger celle
> > qui est juste en-dessous. A 110, ça va être dur...
>
> Bah oui, à 110, on se traîne, c'est bien connu, on peut rouler les yeux
> fermés.
>
Chsépa si ça t'arrive de rouler à 110 sur autoroute déserte
ou presque (je demande, comme t'as pas l'air de connaître),
mais il ne se passe pas énormément de choses...
>
> Ah, on pourrait donc accélérer, et à des vitesses importantes, par
> distraction. Parce qu'on papote, parce qu'on pense à autre chose,...
> J'aime l'entendre dire.
Ben si tu regardes ni la route ni le compteur, tu vas pas
avoir grand-chose pour corriger la position de ton pied sur
l'accélérateur. Y a le bruit, mais avec une voiture bien
insonorisée, ça se zappe facilement...
>
> Merci de rétablir des nuances. Donc pour certains rouler plus vite peut
> bien être très négatif si ça ne leur apporte même pas ce gain
> d'attention.
A-t-on jamais prétendu le contraire?
> Et donc l'argument de rouler plus vite pour mieux maintenir
> son attention ne concerne pas tout le monde. Ça limite sa portée ça.
La portée, je rappelle pour les oublieux, c'est la notion
d'homéostasie du risque (perçu).
>
> Je connais les extrêmes pour expliquer. Tu vois vraiment pas ce que j'ai
> voulu soulever ? Mettre des sanctions lourdes sur une seule
> interprétation humaine, les risques de dérives ou d'erreurs causant un
> dommage important sont élevés.
Ben les sanctions lourdes, elles se font sur un fait établi, non?
Y compris les mesures de vitesse, d'abord parce que les
mesures automatisées sont elles aussi sujettes à caution,
ensuite parce qu'on n'est jamais sûr du témoignage de celui
qui est au bout de la partie (plus ou moins) automatisée du
traitement.
Après, ça fait longtemps que je prône l'usage de caméras
vidéos pour appuyer les infractions relevées et permettre au
contrevenant de défendre éventuellement sa cause.
> Le fait de penser à autre chose en conduisant arrive à tout le monde,
> après chacun se met une limite au niveau de distraction qu'il
> s'autorise, entre penser 2s à un sujet sans importance et simple et
> regarder un DVD qu'on adore et qu'on vient juste d'acheter, la sortie
> son reliée au système "HiFi" de la voiture.
> Et la nuance entre un niveau de distraction et un autre n'est pas
> forcément immédiatement perceptible/estimable même par le conducteur
> lui-même.
Oui.
Néanmoins, on pourrait:
- dire que certains systèmes ne sont ni indispensables ni
acceptables en voiture (à commencer par le téléphone tenu
à l'oreille)
- étudier et préciser les normes de construction des dispositifs
potentiellement à risque, mais qui présentent un intérêt réel
en voiture (GPS, ordinateurs de bord)
- éviter d'imposer un cadre de conduite qui oblige à adopter
des allures monotones et à consacrer une grande partie de
l'attention au compteur et à la tenue d'une vitesse constante.
>
> > Le mieux, à la base, c'est d'intéresser les conducteurs à
> > la route. Et pour ça... faudrait déjà commencer par rendre
> > les trajets moins soporifiques... ça fait juste une dizaines
> > d'années qu'on en parle ici, depuis la création du groupe
> > en fait.
>
> Curieusement, ceux qui téléphonent au volant, tu les retrouvent aussi
> dans les endroits où une attention soutenue est nécessaire.
>
Permettre une conduite qui soutient mieux l'attention n'empêche
pas de réprimer par ailleurs les comportements qui délaissent
les priorités essentielles.