Puisque les idiots utiles reparlent d'Hiroshima et de Nagazaki...
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Sujet: Puisque les idiots utiles reparlent d'Hiroshima et de Nagazaki...
De: antispam.c...@skynet.be (Mara Jade Skywalker)
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Organisation: Imperial Holonet
Date: 09. May 2008, 17:25:17
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Eh bien reparlons-en...
27 juillet 1945 - Ultimatum du président Harry Truman au Japon -
Allemagne. Berlin. "Déclaration de Potsdam". Le président américain
Harry Truman fait parvenir à Tokyo, via l'ambassade japonaise
de Moscou, l'ultimatum exigeant la capitulation totale
et inconditionnelle de l'Empire de Japon.
Le lendemain, Truman, après avoir pris connaissance du rejet
de l'ultimatum, approuvera l'utilisation de l'arme atomique
pour mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale.
Japon. Tokyo. Le Premier ministre japonais, Kantaro Suzuki,
soutenu par les "Faucons", le Ministre de la Guerre Korechika
Anami et le chef d'Etat-major Yoshijiro Umezu, en raison
de l'absence d'indication sur le sort de l'Empereur et du trône
impérial, rejettera l'ultimatum américain le lendemain, le 28 juillet,
en déclarant les Accords de Potsdam "nuls et non avenus".
6 août 1945 - Largage de Little Boy au-dessus d'Hiroshima -
Pacifique Central. Mariannes. Tinian. 1h37. Les trois B-29 "météo"
du 509th Composite Group, "Straight Flush" (Claude R. Eatherly),
Full House (Ralph R. Taylor) et Jabbitt III (John A. Wilson),
prennent leur envol de l'aérodrome de North Field, sur Tinian.
2h44. C'est au tour du B-29 "Enola Gay", piloté par le commandant
du 509th Composite Group, le colonel Paul W. Tibbets, transportant
la première bombe atomique de l'histoire, "Little Boy". Il est suivit
à deux minutes d'intervalle par deux autres B-29 d'accompagnement
chargés d'appareils de mesures, de caméras de prises de vues
et de scientifiques, "Great Artist" et "Necessary Evil", pilotés
respectivement par le major Charles W. Sweeney et le capitaine
George W. Marquardt.
L'objectif primaire est Hiroshima. L'objectif secondaire, Kokura.
http://en.wikipedia.org/wiki/Enola_Gay
Japon. 7h30. Le B-29 météo assigné à Hiroshima, Straight Flush,
signale par radio à Tibbets de bonnes conditions météorologiques
et une légère couverture nuageuse au-dessus de la ville.
Le sort d'Hiroshima, une ville industrielle et un des plus importants
noeuds de communication stratégiques de la Mer Intérieure,
entre les îles Honshu, Shikoku et Kyusyu, qui abrite le QG
de la 2ème Armée japonaise du général Fusataro Teshima,
et de nombreuses casernes, ainsi qu'une grande base navale,
est désormais fixé.
8h15:17. A 31600 pieds [9632m] au-dessus d'Hiroshima,
Enola Gay largue avec précision Little Boy sur sa cible:
le pont routier "Aioi-bashi", en forme de 'T',
qui enjambe la rivière Oka.
http://cjoint.com/data/igbavKHPGP.htm
http://www.wattornot.com/photos/v/japan/sights3/DSC00974.JPG
http://www.fotofinity.com/cgi-bin/show_album.cgi?list_id=1112051397tullSXTUPB
Little Boy explosa 50 secondes plus tard, à 535m d'altitude.
Hiroshima compte à ce jour 255200 habitants et une garnison
de presque 25000 soldats japonais.
Les estimations américaines et japonaises divergent quelque peu.
Le bilan des Américains s'établiera à 139402 victimes:
71379 morts ou disparus, et 68023 blessés dont 19691 graves.
Le bilan des autorités japonaises sera revu à la baisse:
61443 tués ou disparus.
La force de l'explosion mesurée est de 17 kT, l'équivallent
de 17000 tonnes de TNT.
25km carrés de la ville sont détruits ou gravement endommagés.
Petit retour en arrière.
Le 27 juillet 1945, le président Harry Truman adresse un ultimatum
à Tokyo exigeant la capitulation totale et inconditionnelle immédiate,
sous peine de "destruction totale".
Le lendemain, le 28 juillet, le Premier ministre japonais Kantaro
Suzuki rejette l'ultimatum américain et fait savoir à la Maison
Blanche que son gouvernement considère la Déclaration
de Potsdam "mokusatsu" (nul et non avenue).
[Cf "Jours de guerre 27-28 juillet 1945"]
Les jusqu'auboutistes japonais avaient encore gagné.
A partir de ce moment, les évènements s'enchaînèrent brusquement.
Le commandant des forces stratégiques américaines dans le Pacificque,
le général Carl Spaatz, reçoit dès lors un ordre écrit stipulant que
le 509th Composite Group devaît lâcher, le 3 août 1945, la bombe
"spéciale" sur l'objectif désigné.
Ce bombardement ne pouvait cependant avoir lieu que si les conditions
atmosphériques permettaient de localiser l'objectif à l'oeil nu.
Suite à des problèmes techniques, la première bombe atomique livrée
au 509th Composite Group ne fut pas Fat Man, comme programmée,
mais Little Boy, la bombe à l'uranium 235.
Le croiseur américain Indianapolis avait livré le 26 juillet 1945
les deux bombes, les instruments de mesure et le matériel
nécessaire aux missions.
Le 2 août 1945, l'ordre ultra-secret de mission "Bombardement spécial,
Vol. n°13" fut consigné par écrit et remis à l'équipage d'Enola Gay.
La cible de Little Boy était Hiroshima, avec une éventuelle solution
de rechange sur Kokura.
La cible de Fat Man serait Niigata, avec une éventuelle solution
de rechange sur Nagasaki.
Etant donné que les objectifs devait être localisé à l'oeil nu,
trois B-29 avec des météorologues à bord ouvriraient la marche
d'environ deux heures.
Ces derniers communiqueraient à l'Enola Gay les conditions météos
au dessus d'Hiroshima. Des prévisions défavorables et une tempête
au large du Japon repoussèrent l'opération du 3 au 6 août 1945.
Le 5 août à 18h30, Little Boy est arrimée dans la soute modifiée
du B-29 "Enola Gay".
Le briefing de l'équipage du colonel Paul W. Tibbets débute à 21h30
et se termine aux environs de minuits.
La mission spéciale du colonel Paul Tibbets.
Enola Gay quitte la piste de North Field, sur Tinian, le 6 août 1945
à 2h44 du matin. Le B-29 du lieutenant Robert A. Lewis, qui occupe
aujourd'hui le poste de copilote, a été rebaptisé l'avant-veille
du nom de la mère de Tibbets, qui assure le commandement
de la mission.
A deux minutes d'intervalle, suivent les deux B-29 d'accompagnement
"Great Artist" du lieutenant Charles D. Albury, piloté par le major
Charles W. Sweeney, et "Necessary Evil" du lieutenant Norman W. Ray,
piloté par le capitaine George W. Marquardt, l'un transportant
les instruments de mesure et des observateurs scientifiques,
l'autre des caméras de prise de vue.
Au décollage, Enola Gay pese 65 tonnes, soit plus de huit tonnes
de surcharge. Cette surcharge était partiellement due aux 4085kg
de Little Boy. Le capitaine William "Deak" Parsons, un expert
en armement de la flotte américaine, a spécialement
pris place dans le B-29 de Tibbets.
Initialement, il devait armer la bombe avant le décollage,
mais étant donner le risque de s'écraser au décollage
et de provoquer une explosion prématurée, il change d'avis
et décide d'accompagner l'équipage et d'assurer la mise
au point finale de Little Boy en vol.
A 7h30, le B-29 météo qui précéde Enola Gay sur Hiroshima,
"Straight Flush" du capitaine Claude R. Eatherly, signale à Tibbets
une légère couverture nuageuse de 3/10ème au-dessus de la ville.
Son sort est désormais fixé et elle n'échapperait plus à son destin.
A 6h du matin, lorsque ce B-29 de reconnaissance météo avait survolé
la ville, les sirènes avaient retenties et les habitants avaient gagné
les abris anti-aériens. La "fin d'alerte" retentit à 7h.
Hiroshima est en août 1945 ce que l'on appelle une ville industrielle
et une ville de garnison, ainsi qu'un des plus importants noeuds
de communication sur la côte nord de la Mer Intérieure,
entre les îles Honshu, Kyusyu et Shikoku. C'est en outre
une des plus importantes bases navales japonaises.
Une nombreuse garnison de l'armée de terre impériale y stationne.
Au total, une population de 255200 habitants et 25000 militaires.
Hiroshima abrite le QG de la 2ème Armée japonaise du général
Fusataro Teshima, le responsable de tout le secteur sud-ouest
du Japon.
Jusqu'ici, elle a été plus ou moins épargnée par les bombardements
américains. Peu de Japonais virent approcher l'Enola Gay à haute
altitude.
Et contrairement à l'alerte deux heures plus tôt, les autorités
de la ville n'estimèrent pas que l'approche d'un B-29 solitaire,
suivit de deux autres, constituait une menace pour la ville.
Lorsque Tibbets commence ses circuits d'approche au-dessus
d'Hiroshima, il est alors précisement 8h06.
D'après les témoignages des survivants, certains habitants
qui observaient ce manège remarquent alors, avec une engoisse
subite, que les deux B-29 suivant l'avion de tête s'écartèrent
brusquement de celui-ci et piquèrent vers le sol, pour s'éloigner
à toute vitesse de l'endroit au dessus duquel le premier
bombardier laissa tomber un objet.
A 8h15:17, Little Boy quitte la soute de l'Enola Gay à 9632m
d'altitude.
Cinquantes secondes plus tard, un éclair blanc-bleuté aveuglant
déchira le ciel. Il fut suivi d'une chaleur de fournaise.
Puis suivi l'onde de choc... Un bruit intenable "plus fort que
1000 tonnerres" retentit sur la ville condamnée. Une explosion
d'une intensité inimaginable, jusque là encore inconnue, projeta
un nuage de fumée en forme de champignon et toute sorte
de débris jusqu'à 15000 mètres d'altitude.
En 1942, la ville comptait 380000 habitants, mais des évacuations
volontaires ou forcées ont ramené ce nombre à 255200 en 1945.
La cible de Tibbets est un pont en forme de 'T' enjambant l'Ota,
"Aioi-bashi", au milieu de la ville. La bombe atomique fut lancé
avec une très grande précision.
http://cjoint.com/data/igbavKHPGP.htm
http://www.wattornot.com/photos/v/japan/sights3/DSC00974.JPG
Little Boy explosa à une altitude d'environ 525m, juste au-dessus
de son objectif. Plus tard, les instruments de mesure d'un B29
d'accompagnement calculèrent la force de l'explosion
à l'équivallent de 17000 tonnes (17 kT) de TNT.
L'onde de choc initiale fut suivie d'un incendie spectaculaire,
qui réduisit complètement en cendres une surface d'environ 12km
carrés. Environ 60000 à 90000 bâtiments sur 25km carrés furent
détruits ou gravements endommagés. Peu de personnes avaient
eu le temps de se réfugier dans les abris.
On ne connaîtra jamais avec exactitude le nombre des victimes
d'Hiroshima. Sur le monument commératif érigé plus tard
à l'épicentre de l'explosion figurent 61443 noms.
Les Américains estimèrent que l'explosion avait fait 139402 victimes:
71379 morts ou disparus, et 68023 blessés dont 19691 graves.
L'ironie du sort voulut que la plupart des grandes usines d'Hiroshima
se trouvaient dans la périphérie de la ville et qu'elles échappèrent
aux conséquences du bombardement.
L'inspection américaine qui suivit précisa que 26% seulement
de ces usines avaient été detruites.
Si la guerre s'était prolongée, elles auraient pu reprendre
leur activité normale.
http://en.wikipedia.org/wiki/Atomic_bombings_of_Hiroshima_and_Nagasaki
6 et 9 août 1945 - Hiroshima et Nagazaki étaient-ils nécessaires? -
Difficile d'y répondre: certain prétendent que oui, d'autre non.
Même après plus d'un demi-siècle de polémiques, le monde reste
divisé sur ce point.
Analysons objectivement la situation: Little Boy a provoqué la mort
de 61443 personnes (sources japonaises) à 71379 (américaines).
Si l'on prend en compte tous les décès dûs aux radiations pendant
la seconde moitié du 20ème siècle, le montant des pertes humaines
d'Hiroshima furent estimées en 2000 à environ 200000 tués.
Fat Man provoqua la mort immédiate d'environ 26000 personnes
(sources japonaises) à 40000 (sources américaines). En tenant
compte des décès ultérieurs, les dernières estimations calculées
en l'an 2000 par les autorités japonaises tournent autour
de 78000 tués.
Le but de l'Etat-major américain dans le Pacifique était très clair:
terminer la guerre le plus rapidement possible, avec le moins de
pertes (surtout américaines, mais également japonaises) possible.
Aux Etats-Unis, après l'euphorie de la victoire en Europe,
l'opinion publique américaine était de plus en plus opposé
au fait de continuer à voir mourrir ses soldats dans le Pacifique.
La publication du bilan catastrophique des pertes américaines
à Iwo Jima et Okinawa scandalisa les Etats-Unis.
Selon les estimations les plus optimistes, la conquête du Japon
par des moyens conventionnels allait prolonger (au minimum)
la guerre de deux ans, et entraîné la perte d'un million
d'Américains (tués et blessés), ainsi qu'entre 15 et 20 millions
de Japonais.
Comparés aux 200000 morts d'Hiroshima et aux 78000 de Nagazaki.
Au printemps 1945, les dirigeants du gouvernement japonais,
de l'Armée impériale japonaise et de la Marine combinée,
se trouvèrent confrontés à des problèmes angoissants.
Ils avaient en effet à définir la politique nationale au nom
de l'Empereur Hiro-Hito. Ils cherchèrent laborieusement
une issue à une guerre catastrophique. Ils essayèrent d'entamer
des pourparlers avec les Alliés qui devaient aboutir à la paix,
afin d'éviter l'occupation du Japon par les forces ennemies.
Quoiqu'il arrive, ils étaient déterminés à sauvegarder
le régime impérial.
A ce stade de la guerre dans le Pacifique, il était clair
que les Japonais avaient perdu la guerre.
De plus, les tentatives de négociations avec les Alliés, entreprises
par l'intermédiaire de l'Union Soviétique, avaient entretemps échoué.
Le Premier ministre japonais, Kantaro Suzuki, rejetta l'ultimatum
américain de Potsdam le 28 juillet, et déclara les Accords
de Potsdam "nul et non avenu".
Le seul espoir de paix pour les Japonais était de suivre la voie
proposée par le ministre japonais de la Défense, le général Korechika
Anami, et les militaires. D'après eux, le Japon devait se battre
jusqu'au dernier homme pour défendre le sol national.
A cette époque, l'Armée japonaise comptait encore, en métropole,
deux millions d'hommes d'active sous les drapeaux, une milice populaire
de 27 millions de personnes mobilisable, et 9000 kamikazes.
Les Américains n'étaient pas loin de penser la même chose quAnami.
Le Japon était vaincu. L'archipel japonais était sous blocus naval
de la 5ème Flotte US, constamment bombardé depuis juin 1944
par l'aviation embarquée et les bombardiers B-29 de la 20ème
US Air Force stationnées en Asie (XX Bomber Command)
et dans les îles Mariannes (XXI Bomber Command).
Au cours d'une conférence qui eut lieu à la Maison Blanche le 18 juin
1945, le chef d'Etat-major de l'armée, le général George C. Marshall,
insista pour que des débarquements américains soient effectués
sur les îles principales de l'archipel japonais, afin de mettre fin
aux hostilités une bonne fois pour toute, et le plus vite possible.
Le président Harry Truman, le successeur de Franklin D. Roosevelt,
approuva cette proposition et donna les autorisations nécessaires.
Les préparatifs de ces débarquements sur l'île Kyushu, l'opération
Olympic, prévus pour le 1er novembre 1945, débutèrent.
Selon les plans américains, un second débarquement sur Honshu
(opération Coronet) était planifié pour le 1er avril 1946.
Mais George Marshall se montrait soucieux du nombre de victimes
américaines que ces opérations allaient entraîner.
Selon ses estimations les plus optimistes, l'invasion du Japon
allaient entraîner la perte d'au moins un million de combattants
américains, ainsi que de douze millions de Japonais,
et uniquement pour les deux ans à venir.
Tout au long de la reconquête des îles du Pacifique, dans les combats
sanglants sur Guadalcanal, dans les îles Salomons et Aléoutiennes,
sur Tarawa, dans les îles de l'Amirauté, sur Iwo Jima, dans les îles
Mariannes et aux Philippines, et pour finir à Okinawa, les soldats
japonais avaient prouvé de manière fort éloquente qu'ils étaient
vraiment déterminés à se battre jusqu'au dernier homme,
même si leur situation était tout à fait désespérée.
Aux yeux des Américains, le seul espoir de briser le fanatisme
des Japonais et de mettre rapidement fin aux hostilités avant
ces débarquements, étaient l'utilisation de la plus formidable
des armes secrètes américaines: la bombe atomique.
Cette éventualité fut évoquée lors de la conférence du 18 juin 1945.
Concrètement, il s'agissait de deux bombes atomiques qui seraient
tout à fait au point et prêtes à être utilisées vers la fin du mois
de juillet 1945.
Elles étaient nées dans le colossal laboratoire secret près d'Oak Ridge,
dans le Tennessee. Installations ultra-secrètes entourées de dizaines
de kilomètres de barbelés, et constamment surveillées nuit et jours
par de nombreux postes de garde.
La première de ces armes revolutionnaires avaient été baptisée "Little
Boy" ("Petit garçon"). Le principe de cette bombe était relativement
simple: Little Boy contenait une certaine quantité d'uranium 235,
qu'une charge conventionnelle ferait exploser à la suite
d'une réaction en chaine.
L'intensité de cette explosion n'était cependant pas déterminée
avec exactitude.
Les Américains disposaient également d'une seconde bombe atomique,
qui reposait sur un principe différent. Cette bombe avait été baptisée
"Fat Man" (Gros Lard) et contenait une charge de plutonium 239.
Elle avait été assemblée dans le complexe nucléaire de Hanford,
dans l'état de Washington.
C'est ce type de bombe au plutonium, baptisée "Trinity",
qui fut testé avec succès le 16 juillet 1945 dans le désert
du Nouveau-Mexique, près de la localité d'Alamogordo.
Si les essais s'avéraient concluants, une bombe de ce type
serait prête à l'emploi vers la fin du mois de juillet 1945.
Lorsque Little Boy et Fat Man furent terminés d'être assemblés,
les B-29 chargés du largage avaient déjà été modifiés et équipés
de tout le matériel d'observation et d'enregistrement nécessaire
en prévision de l'utilisation de ces nouvelles armes.
L'unité désignée, le 509th Composite Group du 21ème US Bomber
Command de la 20ème US Air Force, basé sur l'aérodrome géant
de North Field, sur l'île de Tinian, sous les ordres du colonel
Paul W. Tibbets Jr, suivait un entraînement spécial depuis
décembre 1944.
Il disposait de bombardiers lourds à long rayon d'action Boeing
B-29 Superfortress. Ces mastondontes volants de 56 tonnes à pleine
charge étaient les seuls avions suffisament puissants pour conduire
les bombes atomiques sur leur cible.
Au cours des vols d'exercices, tout comme pendant les bombardements
sur le Japon, les avions de ce groupe avaient lâché des bombes
peintes en orange et renfermant 4536kg de TNT.
Les aviateurs de Tibbets les surnommèrent "bombes citrouilles",
en raison de leur forme et de leur couleur. Lorsqu'elles étaient
lâchées, elles étaient supposées se comporter à peu près
comme Fat Man.
Aux Etats-Unis, un comité avait été créé dans le but de déterminer
les objectifs sur lesquels les bombes seraient lancés.
Ce comité regroupait des scientifiques du projet Manhattan
et des représentants des forces aériennes stratégiques américaines.
Il sélectionna initialement des villes qui avaient été peu touchée
ou endommagées, comme Kokura, Hiroshima, Niigata et Kyoto
comme objectif prioritaire.
Ce n'est qu'ensuite que Kyoto fut remplacée par Nagasaki.
Henry Stimson, le Secrétaire à la Guerre américain, opposa son veto
à une attaque atomique de Kyoto pour épargner les nombreux
monuments historiques et oeuvres d'art de la ville.
Les chefs militaires américains comprenaient parfaitement l'attachement
des Japonais pour leur Tenmo (régime gouvernemental impérial).
Ils étaient dès lors disposé à faire en sorte que la reddition
inconditionnelle du Japon permette de conserver cette forme
de gouvernement traditionnelle. Cette optique n'étaient
cependant pas partagée par tous les dirigeants alliés.
La proclamation de Potsdam et l'ultimatum du président Harry Truman
le 27 juillet 1945, exigea du Japon une reddition inconditionnelle de
toute ses forces armées, à défaut de quoi le Japon serait rapidement
et complètement détruit. Mais elle brillait par l'absence d'indications
relatives au sort de l'empereur Hiro-Hito.
Selon l'historien Robert J.C. Butow, c'est cette absence d'indications
sur le sort de Hiro-Hito qui fut un atout inestimable pour les chefs
militaires japonais partisans de la lutte jusqu'au dernier homme.
Le 28 juillet 1945, le Premier ministre japonais, Kantaro Suzuki,
fait savoir à la Maison Blanche que son gouvernement considérait
la proclamation de Potsdam "mokusatsu" (nul et non avenue).
Les jusqu'auboutistes japonais avaient encore gagné.
Le général Leslie Groves, le directeur du projet Manhattan, écrira plus
tard: "Les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki furent les causes
directes de la reddition du Japon et de la fin de la Seconde guerre
mondiale. Aucun doute ne peut subsister à ce sujet! Ces bombes semèrent
la mort et la destruction, mais elles épargnèrent la vie à un infiniment
plus grand nombre de soldats américains, britanniques... et japonais."
A l'occasion du 50ème anniversaire de l'emploi de l'arme nucléaire
contre le Japon, le 6 août 1995, un sondage Gallup révelait
qu'une majorité écrasante d'Américains approuvaient la prise
de décision de 1945: 72% pour et 24% contre, dans la tranche
d'âge de 50 à 60 ans. 80% pour et 13% contre pour les 60-70 ans.
Le 26 août 1945, un sondage analogue avait donné les proportions
à peu près similaires: 85% en faveur du bombardement atomique,
10% d'opposition, 5% sans opinion.
Cet état d'esprit peut en 2005 sembler incompris. Mais en 1945,
les Américains haïssaient profondément le Japon, à un point tel que
l'on a du mal à se l'imaginer aujourd'hui, pour leur attaque surprise
de Pearl Harbor, leur culte du Bushido et de la mort, et la terrible
guerre dans laquelle il les avait plongé.
9 août 1945 - Largage de Fat Man au-dessus de Nagazaki -
"Bombardement spécial n°16". Le 509th Composite Group
de la 20ème US Air Force entame sa seconde et dernière
mission atomique sur le Japon.
http://en.wikipedia.org/wiki/Atomic_bombings_of_Hiroshima_and_Nagasaki
Mais celle-ci se déroule beaucoup moins bien que la première,
trois jours plus tôt, au-dessus d'Hiroshima.
Cette fois encore, l'opération est menée par un B-29 porteur
et deux B-29 d'accompagnement.
Initialement, il était prévu que se soit le B-29 "Great Artist"
qui transporte la bombe au plutonium Fat Man ("Gros Lard"),
piloté par le major Charles W. Sweeney.
Des difficultés techniques sur le "Great Artiste" pour démonter
les appareils de mesure utilisés le 6 août obligèrent les Américains
à choisir un autre B-29 pour transporter Fat Man, le "Bock's Car"
du capitaine Frederick C. Bock.
Le largage de "Fat Man" étant toujours confié à Sweeney,
on procède donc à un échange des deux équipages.
C'est donc le B-29 "Bock's Car", piloté par Sweeney,
qui larguera la bombe atomique au plutonium.
http://en.wikipedia.org/wiki/Bockscar
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Great_Artiste
Il a été décidé la veille que la ville de Niigata était trop
éloignée et ne convenait plus pour ce type d'opération.
Kokura est donc désigné comme objectif primaire de cette mission,
et Nagasaki comme objectif de substitution.
Deux autres B-29 étaient chargés d'observer les conditions météo
au-dessus des deux cibles primaires et secondaires, "Up an' Atom"
du capitaine George W. Marquardt sur Kokura, et "Laggin' Dragon"
du capitaine Edward M. Costello sur Nagazaki.
Kokura occupait une situation intéressante, parce qu'un énorme arsenal
militaire était implanté sur la pointe septentrionale de Kyushu.
Nagasaki, pour sa part, est une ville industrielle importante.
Quatre usines Mitsubishi fabricant du matériel de guerre y étaient
installées. Contrairement à Hiroshima, construite dans une région
de delta au relief peu accentué, Nagasaki est bâtie sur des collines
et dans deux vallées.
Cette configuration du terrain réduira fortement les dégâts
et la superficie touchée.
Les conditions atmosphériques étaient tellement mauvaises au-dessus
de Kyushu que le bombardement ne put avoir lieu avant le 9 août 1945.
Une tempête naissante obligea Bock's Car et les deux autres B-29
à se séparer en remontant vers le nord. Les trois bombardiers
devaient se regroupés au dessus de l'île de Yakushima,
au sud de Kyushu.
Fat Man fut arrimée à la soute modifiée de Bock's Car le 8 août
à 22h.
Le briefing de l'équipage débute à 23h et se poursuit
jusqu'à 2h du matin, le 9 août.
Les deux B-29 météo, "Up an' Atom" et "Laggin' Dragon", décollent
les premiers de l'aérodrome de North Field, sur Tinian, pilotés
par les capitaines George W. Marquardt (Kokura) et Edward
M. Costello (Nagasaki), à 2h58 du matin.
"Bock's Car quitte" décolle de North Field, sur Tinian, à 3h49.
Tout comme la première mission, un technicien spécialiste
en armes de la marine, le lieutenant Frederick Ashworth,
se trouve à bord, chargé de surveiller la bombe atomique.
Mais contrairement à Little Boy, Fat Man, qui pèse 4550kg,
est armée avant le départ. Et la base évacuée par sécurité.
Les deux B-29 d'accompagnement, "Great Artiste", piloté
par le lieutenant Frederick C. Bock, et "Big Stink" du lieutenant
Herman S. Zahn, piloté par le major James I. Hopkins, chargés
des appareils de mesures, des caméras de prises de vues
et de scientifiques, font de même à 3h51 et 3h53.
Premier ennui: le major Sweeney découvrit en vol que les 2730 litres
de carburant d'un des réservoirs étaient inutilisables à cause
de la défaillance d'une pompe. Cet incident diminuait
sérieusement ses réserves de carburant.
En second lieu, Sweeney perdit du temps et du carburant au-dessus
de l'île de Yakushima, où il dut décrire de nombreux cercles
pour attendre les autres B-29.
A 9h50, après 40 minutes d'attente, le "Great Artist" rejoint
le "Bock's Car", mais le "Big Stink" se faisant attendre,
et les deux bombardiers décident de poursuivre
seuls leur vol vers Kokura.
A 7h38, le B-29 météo "Up an' Atom" avait signalé au "Bock's Car"
des conditions météorologiques assez bonnes.
Mais lorsque Sweeney arrive à proximité de Kokura, à 10h20, la ville
était cachée au 7/10ème par d'épais nuages. "Bock's Car" survole
trois fois la ville en attendant une éclaircie, mais la visibilité
n'était vraiment pas suffisante. en attendant le "Big Stink",
mais ce dernier n'arrive toujours pas.
Sweeney et Bock tourne au-dessus de Kokura pendant vingt minutes,
attendant le "Big Stink", mais celui-ci n'est pas au rendez-vous.
A 10h40, les deux B-29 prennent la direction de leur objectif
de substitution: Nagasaki.
"Bock's Car" et "Great Artist" y arrivent à 11h56.
Mais là également, le ciel est nuageux. Les réserves de carburant
commencent sérieusement à diminuer, le lieutenant Frederick
W. Ashworth, le navigateur-bombardier, ordonne de lâcher
la bombe au radar, à la place d'un largage visuel.
"Fat Man" est largué à 11h58 à 28900 pieds (8809m) d'altitude,
et explose à 12h02 dans le zoning industriel au nord de la ville,
à 1840 pieds (560m) d'altitude, entre deux usines Mitsubishi,
à environ cinq kilomètres de sa cible initiale.
Contrairement à Hiroshima, ce n'est pas le centre-ville qui est visé
et le plus touché, mais les installations industriels de la périphérie,
qui seront rasés à 68.3%.
La presse japonaise avait à peine fait mention du bombardement
d'Hiroshima, trois jours auparavent. Les habitants de Nagasaki
ne s'attendaient donc pas à subir le même sort.
A 12h01, il n'y avait que 400 personnes dans les abris antiaériens.
Tout comme à Hiroshima, il n'y eu aucune alerte aérienne.
Suivant des spécialistes américains, la puissance de l'explosion
devait se situer entre 700 et 5000 tonnes de TNT (5 kT).
En réalité, la force de l'explosion fut comparable à environ
22000 tonnes de TNT (22 kT).
Du fait du relief montagneux, la surface sinistrée est plus petite
qu'à Hiroshima, et les pertes humaines beaucoup moins importantes,
mais dans la surface touchée, les effets y furent plus devastateurs
qu'à Hiroshima. Les collines avoisinantes absorbent une partie
de la chaleur et du rayonnement et limitent la portée
de l'onde de choc.
D'après les autorités japonaises, l'explosion atomique
fait 23753 tués, 1927 disparus et 23345 blessés.
Les estimations américaines s'établiront à 40000 morts ou disparus,
et 60000 blessés.
Sweeney et Bock se dirigent ensuite vers Okinawa.
A 13h20, les deux B-29 réussissent un atterrissage de fortune
sur l'aérodrome de Kadena, avec les quelques dizaines de litres
de carburant qu'ils leur reste.
Le général Leslie Groves, le directeur du projet Manhattan,
écrira plus tard:
"Les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki furent les causes
directes de la reddition du Japon et de la fin de la Seconde guerre
mondiale. Aucun doute ne peut subsister à ce sujet! Ces bombes semèrent
la mort et la destruction, mais elles épargnèrent la vie à un infiniment
plus grand nombre de soldats américains, britanniques... et japonais."
10-11 août 1945 - Demande de reddition japonaise aux Américains -
En mai 1945, le Commandement suprême de l'armée japonaise était
aux abois. Le Troisième Reich venait de se rendre aux Alliés.
Il était évident qu'à partir de ce moment, les Américains engageraient
toute leur puissance militaire et industrielle dans une offensive
finale des îles japonaises.
Les relations diplomatiques entre le Japon et l'Union Soviétique
se dégradaient continuellement.
Les Japonais craignaient que les Soviétiques ne rompent l'accord
de non-agression qui unissaient leurs deux nations.
Les Américains avaient conquis l'île d'Okinawa, à 500km de l'archipel
japonais. A partir de cette île, ils avaient débuté la construction
d'aérodromes géants chargé d'accueillir les bombardiers lourds
B29 et organiser des bombardements quotidiens sur les villes
japonaises.
Certains membres de l'Etat-major impérial japonais, obsédés par l'idée
d'un débarquement sur le Japon, estimaient que le moment était venu
d'entreprendre des pourparlers avec les Alliés.
Dès octobre 1944, le Commandement suprême de la flotte japonaise
avait reconnu que celle-ci n'était plus suffisamment puissante
pour subir les assauts des Alliés.
En décembre 1944, les Américains terminèrent l'opération
entreprise sur Leyte, dans les îles Philippines.
Le Premier ministre japonais, Kantaro Suzuki, avait qualifié
cette bataille de décisive pour le Japon. D'un point de vue stratégique,
à ce moment-là, le Japon avait déjà perdu la guerre. Ne serait-il
pas mieux de se rendre alors qu'on disposait encore d'une force
militaire comme base de négociation. Le pays risquait en effet
d'être complètement anéanti au cours d'une prochaine attaque
américaine.
En mai 1945, la majeure partie des membres de l'Etat-major
impérial ne partageaient cependant pas cette angoisse.
Au contraire, ils estimaient unanimement qu'il fallait user de la voie
diplomatique pour essayer de maintenir l'Union Soviétique en-dehors
du conflit. Les Japonais espéraient toujours pouvoir repousser
les tentatives de débarquements américains sur les îles-mères
de leur pays. L'armée de terre impériale japonaise représentait
encore une grande puissance. Les 9000 avions kamikazes étaient
répartis sur de nombreux petits aérodromes pour éviter
que les bombardements de l'aviation américaine n'en détruisent
de trop grandes quantités à la fois. Les plans destinés à repousser
les débarquements ennemis reposaient principalement sur eux.
Les Japonais étaient vraiment décidés à détruire les flottes et
troupes de débarquement à l'aide d'attaques-suicides. Ces attaques
interviendraient au moment où les troupes américaines mettraient pied
à terre. Si elles ne donnaient pas les résultats escomptés, des troupes
de réserve poursuivraient l'opération, mais plus à l'intérieur
des terres.
Les chefs de l'armée japonaise déclarèrent: "L'atout le plus important
de la bataille décisive est la fidélité à un esprit d'attaque
et de sacrifice indomptable" afin de "donner l'exemple
aux 100 millions de patriotes civils au combat."
Le Commandement suprême savait très bien que les Japonais étaient
en mesure de repousser un seul débarquement. Ils ne remporteraient
cependant plus la victoire si ce débarquement était rapidement
suivi d'une seconde et d'une troisième attaque américaine.
L'empereur Hiro-Hito ne fut pas long à comprendre qu'il serait sage
d'entamer des pourparlers. Ses conseillers militaires lui dirent
que la situation du Japon était désespérée et sans issue.
D'après eux, il fallait immédiatement cesser les hostilités.
Début juillet 1945, alors que le Commandement suprême dressait
les plans pour repousser d'éventuels débarquements américains
et les combattre "jusqu'au dernier homme", des diplomates japonais
entreprirent des démarches en Union Soviétique afin que Staline
serve d'intermédiaire pour mettre fin à cette guerre.
Du 17 juillet au 2 août 1945, Joseph Staline, Harry Truman et Clement
Atlee se rencontrèrent lors de la conférence de Potsdam.
Le 27 juillet, Truman envoya aux Japonais un ultimatum exigeant
leur capitulation totale et inconditionnelle.
Ultimatum qui fut rejetté le lendemain par le Premier ministre japonais,
Kantaro Suzuki.
Truman, Staline et Atlee publièrent, en accord avec Tchang Kaï-chek,
la déclaration de Potsdam le 2 août 1945. Cette déclaration répétait
que seule la capitulation inconditionnelle serait acceptée. Dans le cas
contraire, le Japon devait s'attendre à être "rapidement et complètement
détruit". Le fait que cette destruction se ferait à l'aide de bombes
"spéciales" n'était pas stipulé dans cette proclamation.
Le chefs de la diplomatie et des forces armées japonaises n'avaient
plus maintenant qu'à discuter sur le sens du terme "inconditionnelle".
La capitulation du pays entraînait-elle automatiquement la capitulation
des forces armées?
Fallait-il comprendre par "capitulation inconditionnelle" que l'Empereur
serait destitué et la Maison impériale abolie? Aucune précision
à ce sujet ne figurait dans la déclaration de Potsdam.
Les diplomates comme les chefs militaires japonais étaient
inconditionnellement dévoués à leur Empereur.
Les généraux savaient que leurs troupes n'accepteraient jamais aucun
accord entraînant la suppression du Tenmo (régime impérial japonais).
Un officier supérieur japonais déclara à ce sujet: "Le peuple
ne souhaite pas survivre à la guerre, si la paix détruit la structure
de l'Etat japonais."
Le 6 août 1945, en plein milieu de ces débats houleux, survint l'annonce
de l'explosion de la première bombe atomique au-dessus d'Hiroshima.
Le 8 août 1945, l'Union Soviétique envoya sa déclaration de guerre
au gouvernement japonais.
Le lendemain, le 9 août, une seconde bombe atomique est larguée
sur Nagasaki.
Le même jour, les Soviétiques envahissent la Mandchourie et la Corée.
A Tokyo, dans la soirée, l'Empereur convoqua alors immédiatement
tous ses conseillers civils et militaires.
Ils se rencontrèrent dans la nuit du 9 au 10 août, peu avant minuit,
dans un abri aménagé dans une des caves du Palais impérial.
Après la nouvelle de l'explosion de Fat Man à Nagasaki, l'empereur
cherchait à imposer au clan des militaires l'acceptation des conditions
de capitulation alliées. Mais ces derniers refusèrent.
A 3h du matin, le 10 août, lorsque la réunion s'achève, rien n'a encore
été décidé, si ce n'est de tenter un prudent sondage des possibilités
de paix par l'entremise de la Suède et de la Suisse.
La réunion reprend à l'aube du 10 août 1945.
Sous la pression des conseillers de l'Empereur, le clan des militaires
acceptent enfin de "discuter" des termes de l'offre de capitulation
américaine.
Le général Shigenori Togo, le ministres japonais des Affaires
étrangères, soumet cette capitulation à une seule condition:
l'Empereur devra conserver ses droits divins. Les militaires
japonais, pour leur part, y mettent trois conditions:
- Eviter que le Japon ne soit occupé par des forces étrangères,
- Juger eux-mêmes leurs criminels de guerre,
- Et enfin désarmer eux-mêmes leurs propres troupes.
Lorsque les deux groupes de conseillers eurent donner leur avis
sur ces conditions, aux environs de 10h, la réunion reste
au point mort.
Devant l'impasse, il survint alors un fait tout à fait sans précédent
dans l'histoire du Japon: les conseillers impériaux demandèrent
à l'Empereur sa propre opinion sur la question. Il dut donc quitter
son rôle d'observateur et de marionnette pour imposer sa propre
décision.
Hiro-Hito savait ce qu'il lui restait à faire: il dit qu'il était
d'accord avec la suggestion de son ministre des Affaires
extérieures: une capitulation à une unique condition,
le maintien de la Maison impériale au Japon.
En fin de matinée, le gouvernement japonais envoya donc un message
au ministre américain des affaires extérieures, James Byrne,
via l'ambassade de Suède, dans lequel il acceptait la capitulation,
à condition "qu'il ne soit pas porté atteinte au statut de l'empereur
Hiro-Hito".
La réponse de James Byrne arriva à Tokyo le lendemain matin,
le 11 août 1945.
Soucieux de ménager la susceptibilité japonaise et de leur laisser
une porte de sortie "honorable", cette réponse américaine stipulait
que les Alliés accepteraient non plus une capitulation inconditionnelle
du pays, mais uniquement de son armée, et que l'empereur Hiro-Hito
conserverait son trône, qu'il devrait renoncer à son statut
de "Dieu vivant" et qu'il serait soumis au commandement
des troupes d'occupation américaines au Japon.
Là encore, on demanda une nouvelle fois l'avis personnel de Hiro-Hito.
Ce dernier pressa ses conseillers d'accepter les conditions
des Américains. Le gouvernement japonais suit son avis et accepte
enfin les conditions de capitulation imposées par les Américains.
Il renvoie sa réponse affirmative à James Byrne par l'intermédiaire
de l'ambassade de Suède.
La nouvelle de la reddition du Japon aux Alliés devra être radiodiffusée
le 15 août à partir d'un message de l'Empereur enregistré.
Dans la nuit du 14 au 15 août, l'Empereur enregistra son message
qui serait diffusé le lendemain. Il demandait à ses compatriotes
d'accepter la capitulation du Japon. Afin d'éviter des problèmes
inutiles, l'Empereur conseillait avec insistance à sa population
de "ne pas donner libre cours à leur émotion".
Des événements sérieux allaient cependant précédé ce message officiel
radiodiffusé: un petit groupe d'officiers jusqu'auboutistes faisant
partie de l'Etat-major de l'armée impériale refusait toujours
de se rendre. Ils projetèrent un coup d'état. L'Empereur devait
être écarté de ses conseillers pacifiques, et il fallait l'obliger
à changer d'avis et à poursuivre la guerre, à n'importe quel prix.
Durant cette nuit du 14 au 15 août, les conspirateurs prirent contact
avec le général Takeshi Mori, commandant de la Garde impériale
du Palais.
Ils lui demandèrent de participer au coup d'état afin de sauver
l'honneur de la nation japonaise. Mori écouta leurs arguments,
puis déclara qu'avant de prendre une décision, il voulaient
se recueillir quelques instants devant l'autel de Meiji.
Les conspirateurs refusèrent de lui accorder ce délai de réflexion.
Mori fut exécuté sur place. Les conspirateurs utilisèrent le sceau
de leur victime pour rédiger des ordres à l'intention de la garde
impériale.
Ensuite, ils projetaient d'éliminer les conseillers de l'Empereur
et d'empêcher la diffusion de son message radiophonique.
Mais le complot échoue lorsque le commandant du district
oriental de l'armée japonaise arrive au Palais. Il refuse
de prêter main-forte aux rebelles et les obligea à renoncer
à leurs projets.
L'officier qui avait exécuter Mori se suicida sur la Place impériale.
Lorsque le ministre de la Guerre, le général Korechika Anami,
apprit qu'un coup d'état avait été désarmorcé le matin
du 15 août 1945, il se suicida également.
Au cours des jours qui suivirent l'annonce de l'Empereur,
de nombreux japonais se suicidèrent. Ils ne pouvaient supporter
la honte de la capitulation. Le reste de la population accepta
cependant dans le calme la décision de son Empereur.
Le 30 août 1945, les premiers troupes américaines d'occupation
débarquèrent à Yokosuka sans rencontrer la moindre opposition
de la part des soldats japonais.
En 2600 d'histoire du Japon, ce sont les premières troupes
d'occupation étrangères à fouler le sol métropolitain.
Le triomphe américain est total.
Trois jours plus tard, le 2 septembre 1945, à 9h précise, le nouveau
ministre des Affaires extérieures japonais, Mamoru Shigemitsu,
et divers représentants de l'armée impériale et du gouvernement,
mettent le pied sur le pont du cuirassé américain Missouri,
ancré dans la baie de Tokyo.
Il signe les documents officiels de la reddition inconditionnelle
du Japon au nom de l'Empereur Hiro-Hito et du gouvernement
japonais.
C'est le général Douglas MacArthur, désigné par Harry Truman
comme commandant en chef des forces d'occupation au Japon,
le maitre d'oeuvre de cette cérémonie.
Sont présent derrière lui deux invités de marque: les généraux
Jonathan Wainwright, qui signa la capitulation sans condition
des troupes américano-philippines sur Corrigidor, le 6 mai 1942,
et Arthur E. Percival, qui capitula dans les mêmes conditions
à Singapour, le 15 février 1942.
Est également présent le général Philippe Leclerc, qui signe
l'acte de capitulation au nom du Gouvernement Provisoire
de la République Française (GPRF).
La Seconde Guerre mondiale, le conflit le plus meutrier
et le plus dévastateur de l'Histoire de l'Humanité,
est définitivement terminée.
2 septembre 1945 - Jour V-J et fin de la Seconde Guerre mondiale -
Signature officielle de l'acte de capitulation du Japon -
Japon. Jour V-J. 9h. Dans la baie de Tokyo, la délégation japonaise
prend pied sur le cuirassé américain Missouri, ancré dans la baie
de Tokyo, pour y signer l'acte de capitulation officiel et définitif
du Japon devant le général Douglas MacArthur.
http://en.wikipedia.org/wiki/Japanese_Instrument_of_Surrender
http://en.wikipedia.org/wiki/Victory_over_Japan_Day
La délégation japonaise est composé de:
http://www.history.navy.mil/photos/images/h96000/h96808.jpg
[Premier rang, sur la photo]
- Mamoru Shigemitu, Ministre des Affaires étrangères.
- Général Yoshijiro Umezo, Chef d'état-major impérial.
[Second rang, de gauche à droite sur la photo]
- Géneral Yatsuji Nagai, Armée de terre japonaise.
- Katsuo Okazaki, Ministère des Affaires étrangères.
- Contre-amiral Tadatoshi Tomioka, Marine japonaise.
- Toshikazu Kase, Ministère des Affaires étrangères.
- Géneral Suichi Miyakazi, Armée de terre japonaise.
[Troisième rang, de gauche à droite sur la photo]
- Contre-amiral Ichiro Yokoyama, Marine japonaise.
- Saburo Ota, Ministère des Affaires étrangères.
- Capitaine Katsuo Shiba, Marine japonaise.
- Colonel Kaziyi Sugita, Armée de terre japonaise.
A 9h03, au nom des forces alliées, MacArthur appose en premier
sa signature au bas de l'acte, rédigé en double exemplaire,
en japonais et en anglais.
Il est encadré par les généraux britannique Arthur Percival
et américain Jonathan Wainwright, présents à titre d'invités
d'honneur, qui avaient successivement signé leur capitulation
inconditionnelle à Singapour et aux Philippines, les 15 février
et 6 mai 1942.
http://www.history.navy.mil/photos/images/ac00001/ac04627.jpg
Les deux officiers supérieurs ont été récemment libérés
d'un camp d'internement japonais en Chine et rapatriés.
Il ont maigris de 35kg et 40kg durant leur captivité.
Leur présence devant rappeler aux assistants les épreuves
subies par les prisonniers de guerre alliés dans les camps
japonais.
A 9h08, après que Shigemitu et Umezo eurent signé l'acte
de capitulation, les différent délégués alliées sont appelés
à le signer à leur tour, dans l'ordre:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s213704.jpg
[de gauche à droite, sur la photo]
- pour les Etats-Unis, l'amiral Chester W. Nimitz,
- pour la Chine, le général Hsu Yung-chang,
- pour la Grande-Bretagne, l'amiral sir Bruce Fraser,
- pour l'Union Soviétique, le général Kuzma N. Derevianko,
- pour l'Australie, le général sir Thomas Blamey,
- pour le Canada, le colonel Lawrence Moore Cosgrave,
- pour la France, le général Jacques-Philippe Leclerc
de Hautecloque,
- pour les Pays-Bas, l'amiral Emil Lambert Helfrich,
- pour la Nouvelle-Zélande, le maréchal de l'Air Leonard Isitt.
Lorsque la délégation japonaise s'apprête à quitter le bord,
se produit une légère entorse au protocole: on s'apperçoit
que le représentant canadien a signé trop bas sur la copie
de l'acte de capitulation rédigée en japonais, les signatures
suivantes s'en retrouvant toutes décalées par rapport
aux noms des signataires.
Le général Richard K. Sutherland, le chef d'état-major
de MacArthur, y porte des corrections nécessaires.
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s212246.jpg
MacArthur termine la cérémonie officielle par ces mots:
"Prions tous que la paix soit maintenant restaurée dans le monde
entier et que Dieu la fasse durer pour toujours. La séance est levée!"
La délégation japonaise quitte le Missouri à 9h29, une demi-heure
après y avoir mis les pieds.
La cérémonie est suivie par une magnifique parade aérienne
de l'aviation embarquée américaine.
Au 2194ème jours de guerre, la Deuxième Guerre mondiale, le conflit
le plus destructeur de l'Histoire humaine, prend définitivement fin.
Rédaction écrite de l'acte de capitulation japonaise,
répétée le 12 septembre 1945 à Singapour:
http://www.law.ou.edu/ushistory/japsurr.shtml
Signature de la capitulation japonaise dans la baie de Tokyo -
2 septembre 1945 - Gallerie photos -
Arrivée des délégués alliés devant le destroyer Buchanan:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s300000/s304314.jpg
Leclerc montant à bord du destroyer Nicholas, navire devant
le conduire sur le Missouri:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210639.jpg
Délégation japonaise montant à bord du destroyer Lansdowne:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210641.jpg
Cuirassé Missouri (BB-63) ancré dans la baie de Tokyo:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210649.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210636.jpg
Arrivée de la délégation japonaise sur le Missouri, 9h:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s300000/s329104.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/h96000/h96808.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/ac00001/ac02719.jpg
Vice-amiral Charles A. Lockwood (COMSUBPAC) montant sur
le Missouri, l'amiral William F. "Bull" Halsey (3ème Flotte US)
[à l'extrêmité gauche de la photo]:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g470000/g472627.jpg
Contre-amiral Richard E. Byrd, Chef des opérations navales USN:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s211865.jpg
Amiral sir Bruce Fraser, commandant de la British Pacific Fleet:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s400000/s415491.jpg
Amiral William "Bull" Halsey sur le pont du Missouri:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g330000/g337956.jpg
Douglas MacArthur et Chester Nimitz:
http://www.history.navy.mil/photos/images/h49000/h49707.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/g330000/g332660.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/h49000/h49702.jpg
Douglas MacArthur et les délégués alliés sur le Missouri:
http://www.history.navy.mil/photos/images/ac00001/ac02717.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s213704.jpg
Signature de Mamoru Shigemitu, Ministre des Affaires étrangères:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s213700.jpg
Signature du général Yoshijiro Umezo, Chef d'état-major impérial:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g330000/g332701.jpg
Général Douglas MacArthur, comme Président de cérémonie
et commandant en chef des troupes d'occupation au Japon:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s211872.jpg
Amiral Chester W. Nimitz, pour les forces américaines:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g700000/g701293.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/h58000/h58082.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/h58000/h58406.jpg
Général Hsu Yung-chang, pour la Chine:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s213698.jpg
Equipage du Missouri "spectateur", photographes et preneurs de vue:
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210628.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s210644.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/ac00001/ac01189.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/ac00001/ac04626.jpg
Délégation japonaise quitant le bord du Missouri, 9h29:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g470000/g472629.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/k15000/k15394.jpg
Défilé aérien de la Task Force TF38:
http://www.history.navy.mil/photos/images/g470000/g472630.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/g420000/g421130.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s211863.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/s200000/s211875.jpg
http://www.history.navy.mil/photos/images/h62000/h62593.jpg
--
Jacqueline "Jade" Devereaux - http://jacquie-devereaux.blogspot.com/
antispam.cool@skynet.be [replace "antispam.cool" by "jacquie.devereaux"]
Mara Jade: http://www.bothan-online.com/Jade-Skywalker-Mara.html
The Sarah Connor Chronicles: http://www.thesarahconnorchronicles.fr/
Archives de l'Alliance: http://www.archives-alliance.com/index.php
Battlestar Galactica: http://www.battlestargalactica-online.com/

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