Re: Citations de Louis ARAGON
[ Nouvelle discussion
| Répondre au groupe
|
fr.soc.politique ]
Sujet: Re: Citations de Louis ARAGON
De: quin...@francom.esoterisme (quintal)
Groupes: fr.soc.politique
Organisation: Club-Internet / T-Online France
Date: 09. May 2008, 12:41:48
References: 1
|
In article <48232f3f$0$924$ba4acef3@news.orange.fr>,
louis.aragon@staline.net says...
> Subject: Citations de Louis ARAGON
> From: Aragon <louis.aragon@staline.net>
> Newsgroups: fr.soc.politique
>
> Son idée de la France :
>
> " Plus encore que le Patriotisme qui est une hystérie collective comme une
> autre, mais plus creuse et plus meurtrière, qui me répugne, c'est l'idée de
> la Patrie qui est le concept le plus bestial, le moins philosophique dans
> lequel on essaie de faire entrer mon esprit. Mon pays je le hais. Tout ce
> qui est français me répugne.
> L'Armée rouge fera reculer l'ordure, la France en tête.
> J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire que,
> très consciemment, je conchie l'armée française dans sa totalité." (Traité
> du style 1928)
>
> " Les trois couleur à la voirie !
> Le drapeau rouge est le meilleur !
> Leur France, jeune travailleur
> N'est aucunement ta Patrie " (1932)
>
> Apologie de la police politique :
> "Il s'agit de préparer le procès monstre
> d'un monde monstrueux
> Aiguisez demain sur la pierre
> Préparez les conseils d'ouvriers et soldats
> Constituez le tribunal révolutionnaire
> J'appelle la Terreur du fond de mes poumons
> .
> Je chante le Guépéou qui se forme
> en France à l'heure qu'il est
> Je chante le Guépéou nécessaire de France
>
> Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
> Je demande un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
> Demandez un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
> pour défendre ceux qui sont trahis
> pour défendre ceux qui sont toujours trahis
> Demandez un Guépéou vous qu'on plie et vous qu'on tue
> Demandez un Guépéou
> Il vous faut un Guépéou
>
> Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
> Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
> Vive le Guépéou contre le pape et les poux
> Vive le Guépéou contre la résignation des banques
> Vive le Guépéou contre les manouvres de l'Est
> Vive le Guépéou contre la famille
> Vive le Guépéou contre les lois scélérates
> Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
> Caballero Boncour Mac Donald Zoergibel
> Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."
>
> ("Prélude au temps des cerises" dans Persécuté-Persécuteur, Ed
> Denoel, 1931)
>
>
> A propos des bagnes soviétiques :
>
> "Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation
> de l'homme, qui fait du criminel un homme utile, de l'individu déformé par
> la société d'hier, par les forces des ténèbres, un homme du monde de demain,
> un homme selon l'Histoire. L'extraordinaire expérience du canal de la mer
> Blanche à la Baltique, où des milliers d'hommes et de femmes, les bas-fonds
> d'une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par l'effet de
> persuasion d'un petit nombre de tchékistes (3) qui les dirigeaient, leur
> parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par
> exemple, doit se requalifier, dans une autre profession - Cette
> extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le rôle
> l'histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique.
> Nous sommes à un moment de l'histoire de l'humanité qui ressemble en quelque
> chose à la période du passage du singe à l'homme. Nous sommes au moment où
> une classe nouvelle, le prolétariat, vient d'entreprendre cette tâche
> historique d'une grandeur sans précédent : la rééducation de l'homme par
> l'homme".
>
> (Pour un réalisme socialiste. Ed Denoël et Steele, Paris193
>
>
> " Le travail libère " (devise du camp d'Auschwitz) :
>
> "A l'usine de tracteurs de Tcheliabinsk, pendant la construction de cette
> usine, plusieurs fois les brigades de bétonneurs ont organisé des soirées
> d'émulation socialiste au cours desquelles il s'agissait de remplir et vider
> le mélangeur de béton au lieu de 140 fois, comme c'est la normale d'une
> journée, 200 fois et plus. Une large assemblée assistait à ce spectacle qui
> se poursuivait au son d'un orchestre jouant des airs de danse et des
> chansons. Une brigade arriva à fournir en une nuit le chiffre incroyable de
> 200 mélangeurs."
>
>
> (Note du poème Valse du Tcheliabtraktrostroï, dans Hourra L'Oural, Ed Denoël
> et Steele, 1934)
>
> A propos du pacte germano-soviétique (1939-1941) :
>
> " Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, imposé à M.
> Hitler qui n'avait pas d'autre possibilité que de capituler ainsi ou de
> faire la guerre, c'est le triomphe de cette volonté de paix soviétique. (.)
> Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-agression
> germano-soviétique qui ne suppose aucun abandon de la part de l'URSS aux
> pactes G d'amitié g qu'ont signés les gouvernements toujours en exercice en
> France et en Angleterre avec M. Hitler : ces pactes d'amitié avaient pour
> base la capitulation de Munich.
> L'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de semblables
> crimes internationaux. Silence à la meute antisoviétique ! Nous sommes au
> jour de l'effondrement de ses espérances. Nous sommes au jour où l'on devra
> reconnaître qu'il y a quelque chose de changé dans le monde et que, parce
> qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on veut."
>
> (Ce soir, 23 août 1939)
>
>
>
> A propos du dictateur :
>
> " La France doit à Staline tout ce que, depuis qu'il est à
> la tête du parti bolchevik, il a fait pour rendre invincible le peuple
> soviétique, et dans son armée rouge, et dans sa confiance en Staline,
> l'homme qui disait que gouverner c'est prévoir, et qui a toujours prévu
> juste. La France doit à Staline son existence de nation pour toutes les
> raisons que Staline a données aux hommes soviétiques d'aimer la paix, de
> haïr le fascisme, et particulièrement pour la constitution stalinienne, qui
> est une de ces raisons, pour lesquelles un grand peuple peut également vivre
> et mourir. (.)
> Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son
> exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci à
> Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de
> l'indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple,de l'avenir
> d'une classe ouvrière, la première dans le monde montée à l'assaut du ciel
> et que l'on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six
> étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa tête !"
>
> (Les lettres françaises, mars 1953)
>
>
> A propos de l'invasion de la Hongrie en 1956 par les troupes soviétiques (25
> 000 morts et 200 000 exilés en deux mois). Communiqué du Bureau politique du
> PCF où siégeait Aragon qui fut, selon tous les témoins, le plus âpre à
> défendre les troupes d'invasion :
>
> " Barrant la route à ceux qui furent les alliés de Hitler,
> aux représentants de la réaction et du Vatican que le traître Nagy avait
> installé au gouvernement, la classe ouvrière hongroise, dans un sursaut
> énergique, a formé un gouvernement ouvrier et paysan qui a pris en main les
> affaires du pays. Ce gouvernement prolétarien (.) a demandé à l'armée
> soviétique de contribuer à la restauration de la paix intérieure. Le Parti
> Communiste Français approuve pleinement la conduite du gouvernement ouvrier
> de Hongrie (.). Face à l'offensive acharnée et bestiale des fascistes, des
> féodaux et de leurs alliés les princes de l'Église, pour restaurer en
> Hongrie le régime terroriste de Horthy, il eut été inconcevable que l'armée
> des ouvriers et des paysans de l'URSS ne répondit pas à l'appel qui lui
> était adressé alors que les meilleurs fils de la classe ouvrière hongroise
> étaient massacrés, pendus, ignoblement torturés."
>
> (Journal l'Humanité du 27 octobre 1957)
>
>
> Intervention au deuxième congrès des écrivains soviétiques, Moscou, décembre
> 1954
> " Le fait de discuter de la technique du vers écarte
> nécessairement aujourd'hui du vers aberrant, individuel, décomposé, qui a
> perdu ses caractéristiques chantantes et que le peuple ne peut entendre, qui
> ne résonne pas dans le cour du peuple, pour ramener les poètes au langage
> national, énorme et longue expérience collective, langage que l'on avait
> désappris à écrire, et que la nécessité de parler pour la nation entière a
> remis à l'ordre du jour.
>
> Cette reconstruction de notre vers traditionnel sert de
> tous les points de vue la cause du réalisme en poésie ; elle est
> l'expression même du sentiment national menacé par l'individualisme et la
> dénaturalisation de la culture, les abandons des caractéristiques de notre
> poésie française exigés de nous comme sont, en même temps, exigés de nous
> les abandons de notre souveraineté nationale."
>
> Discours d'Ivry, Juin 1954
> " La réévaluation critique de notre patrimoine national est
> l'une des tâches déterminantes de l'art de parti. L'artiste, l'écrivain
> communiste, doit avoir sans cesse en mémoire le mécanisme même par lequel
> Maurice Thorez a fait de notre parti ce qu'il est, quand il a appris à la
> classe ouvrière la signification de Jeanne d'Arc, celle de la Marseillaise,
> quand il lui a rendu son drapeau"
>
> Discours prononcé au Kremlin le 28 avril 1959, lorsque Aragon a reçu le prix
> Staline, rebaptisé Lénine.
> " Je pense qu'en attribuant ce prix à un écrivain français, il
> [le comité des prix Lénine] a voulu marquer la place particulière, dans un
> combat commun à l'énorme majorité des hommes de ce siècle, non seulement de
> l'art d'écrire, mais d'écrire en français, c'est-à-dire en France, du milieu
> d'un peuple que la géographie et l'histoire ont placé à une charnière du
> monde, en un point où plusieurs fois les idées communes à l'humanité en
> marche ont pris force matérielle en s'incarnant dans la masse vivante, et où
> toute défaillance demain, tout à l'heure, pourrait avoir pour ce peuple,
> mais pour tous les autres, des conséquences incalculables."
>
>
> Les discours précédents peuvent être retrouvés dans l'ouvrage : Aragon.
> "J'abats mon jeu", Editeurs français réunis, Paris 1959)
merci
--
Citations de Louis ARAGON
From: Aragon <louis.aragon@staline.net>
Newsgroups: fr.soc.politique
Son idée de la France :
" Plus encore que le Patriotisme qui est une hystérie collective comme
une autre, mais plus creuse et plus meurtrière, qui me répugne, c'est
l'idée de la Patrie qui est le concept le plus bestial, le moins
philosophique dans lequel on essaie de faire entrer mon esprit. Mon pays
je le hais. Tout ce qui est français me répugne.
L'Armée rouge fera reculer l'ordure, la France en tête.
J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire
que, très consciemment, je conchie l'armée française dans sa totalité."
(Traité du style 1928)
" Les trois couleur à la voirie !
Le drapeau rouge est le meilleur !
Leur France, jeune travailleur
N'est aucunement ta Patrie " (1932)
Apologie de la police politique :
"Il s'agit de préparer le procès monstre
d'un monde monstrueux
Aiguisez demain sur la pierre
Préparez les conseils d'ouvriers et soldats
Constituez le tribunal révolutionnaire
J'appelle la Terreur du fond de mes poumons
.
Je chante le Guépéou qui se forme
en France à l'heure qu'il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France
Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
Je demande un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
Demandez un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
pour défendre ceux qui sont trahis
pour défendre ceux qui sont toujours trahis
Demandez un Guépéou vous qu'on plie et vous qu'on tue
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou
Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
Vive le Guépéou contre le pape et les poux
Vive le Guépéou contre la résignation des banques
Vive le Guépéou contre les manouvres de l'Est
Vive le Guépéou contre la famille
Vive le Guépéou contre les lois scélérates
Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
Caballero Boncour Mac Donald Zoergibel
Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."
("Prélude au temps des cerises" dans Persécuté-Persécuteur, Ed
Denoel, 1931)
A propos des bagnes soviétiques :
"Je veux parler de la science prodigieuse de la
rééducation de l'homme, qui fait du criminel un homme utile, de
l'individu déformé par la société d'hier, par les forces des ténèbres,
un homme du monde de demain, un homme selon l'Histoire. L'extraordinaire
expérience du canal de la mer Blanche à la Baltique, où des milliers
d'hommes et de femmes, les bas-fonds d'une société, ont compris, devant
la tâche à accomplir, par l'effet de persuasion d'un petit nombre de
tchékistes (3) qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient
que le temps est venu où un voleur, par exemple, doit se requalifier,
dans une autre profession - Cette extraordinaire expérience joue par
rapport à la nouvelle science le rôle l'histoire de la pomme qui tombe
devant Newton par rapport à la physique.
Nous sommes à un moment de l'histoire de l'humanité qui ressemble en
quelque chose à la période du passage du singe à l'homme. Nous sommes au
moment où une classe nouvelle, le prolétariat, vient d'entreprendre
cette tâche historique d'une grandeur sans précédent : la rééducation de
l'homme par l'homme".
(Pour un réalisme socialiste. Ed Denoël et Steele, Paris193
" Le travail libère " (devise du camp d'Auschwitz) :
"A l'usine de tracteurs de Tcheliabinsk, pendant la construction de
cette usine, plusieurs fois les brigades de bétonneurs ont organisé des
soirées d'émulation socialiste au cours desquelles il s'agissait de
remplir et vider le mélangeur de béton au lieu de 140 fois, comme c'est
la normale d'une journée, 200 fois et plus. Une large assemblée
assistait à ce spectacle qui se poursuivait au son d'un orchestre jouant
des airs de danse et des chansons. Une brigade arriva à fournir en une
nuit le chiffre incroyable de 200 mélangeurs."
(Note du poème Valse du Tcheliabtraktrostroï, dans Hourra L'Oural, Ed
Denoël et Steele, 1934)
A propos du pacte germano-soviétique (1939-1941) :
" Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, imposé à
M. Hitler qui n'avait pas d'autre possibilité que de capituler ainsi ou
de faire la guerre, c'est le triomphe de cette volonté de paix
soviétique. (.)
Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-
agression germano-soviétique qui ne suppose aucun abandon de la part de
l'URSS aux pactes G d'amitié g qu'ont signés les gouvernements toujours
en exercice en France et en Angleterre avec M. Hitler : ces pactes
d'amitié avaient pour base la capitulation de Munich.
L'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de
semblables crimes internationaux. Silence à la meute antisoviétique !
Nous sommes au jour de l'effondrement de ses espérances. Nous sommes au
jour où l'on devra reconnaître qu'il y a quelque chose de changé dans le
monde et que, parce qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on
veut."
(Ce soir, 23 août 1939)
A propos du dictateur :
" La France doit à Staline tout ce que, depuis qu'il est
à la tête du parti bolchevik, il a fait pour rendre invincible le peuple
soviétique, et dans son armée rouge, et dans sa confiance en Staline,
l'homme qui disait que gouverner c'est prévoir, et qui a toujours prévu
juste. La France doit à Staline son existence de nation pour toutes les
raisons que Staline a données aux hommes soviétiques d'aimer la paix, de
haïr le fascisme, et particulièrement pour la constitution stalinienne,
qui est une de ces raisons, pour lesquelles un grand peuple peut
également vivre et mourir. (.)
Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son
exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci
à Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de
l'indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple, de
l'avenir d'une classe ouvrière, la première dans le monde montée à
l'assaut du ciel et que l'on ne détournera pas de sa destinée en lui
faisant voir trente-six étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes
à sa tête !"
(Les lettres françaises, mars 1953)
A propos de l'invasion de la Hongrie en 1956 par les troupes soviétiques
(25 000 morts et 200 000 exilés en deux mois). Communiqué du Bureau
politique du PCF où siégeait Aragon qui fut, selon tous les témoins, le
plus âpre à défendre les troupes d'invasion :
" Barrant la route à ceux qui furent les alliés de
Hitler, aux représentants de la réaction et du Vatican que le traître
Nagy avait installé au gouvernement, la classe ouvrière hongroise, dans
un sursaut énergique, a formé un gouvernement ouvrier et paysan qui a
pris en main les affaires du pays. Ce gouvernement prolétarien (.) a
demandé à l'armée soviétique de contribuer à la restauration de la paix
intérieure. Le Parti Communiste Français approuve pleinement la conduite
du gouvernement ouvrier de Hongrie (.). Face à l'offensive acharnée et
bestiale des fascistes, des féodaux et de leurs alliés les princes de
l'Église, pour restaurer en Hongrie le régime terroriste de Horthy, il
eut été inconcevable que l'armée des ouvriers et des paysans de l'URSS
ne répondit pas à l'appel qui lui était adressé alors que les meilleurs
fils de la classe ouvrière hongroise étaient massacrés, pendus,
ignoblement torturés."
(Journal l'Humanité du 27 octobre 1957)
Intervention au deuxième congrès des écrivains soviétiques, Moscou,
décembre 1954
" Le fait de discuter de la technique du vers écarte
nécessairement aujourd'hui du vers aberrant, individuel, décomposé, qui
a perdu ses caractéristiques chantantes et que le peuple ne peut
entendre, qui ne résonne pas dans le cour du peuple, pour ramener les
poètes au langage national, énorme et longue expérience collective,
langage que l'on avait désappris à écrire, et que la nécessité de parler
pour la nation entière a remis à l'ordre du jour.
Cette reconstruction de notre vers traditionnel sert
de tous les points de vue la cause du réalisme en poésie ; elle est
l'expression même du sentiment national menacé par l'individualisme et
la dénaturalisation de la culture, les abandons des caractéristiques de
notre poésie française exigés de nous comme sont, en même temps, exigés
de nous les abandons de notre souveraineté nationale."
Discours d'Ivry, Juin 1954
" La réévaluation critique de notre patrimoine national
est l'une des tâches déterminantes de l'art de parti. L'artiste,
l'écrivain communiste, doit avoir sans cesse en mémoire le mécanisme
même par lequel Maurice Thorez a fait de notre parti ce qu'il est, quand
il a appris à la classe ouvrière la signification de Jeanne d'Arc, celle
de la Marseillaise, quand il lui a rendu son drapeau"
Discours prononcé au Kremlin le 28 avril 1959, lorsque Aragon a reçu le
prix Staline, rebaptisé Lénine.
" Je pense qu'en attribuant ce prix à un écrivain français,
il [le comité des prix Lénine] a voulu marquer la place particulière,
dans un combat commun à l'énorme majorité des hommes de ce siècle, non
seulement de l'art d'écrire, mais d'écrire en français, c'est-à-dire en
France, du milieu d'un peuple que la géographie et l'histoire ont placé
à une charnière du monde, en un point où plusieurs fois les idées
communes à l'humanité en marche ont pris force matérielle en s'incarnant
dans la masse vivante, et où toute défaillance demain, tout à l'heure,
pourrait avoir pour ce peuple, mais pour tous les autres, des
conséquences incalculables."
Les discours précédents peuvent être retrouvés dans l'ouvrage : Aragon.
"J'abats mon jeu", Editeurs français réunis, Paris 1959)

|
 cette fonctionnalité est reservée aux membres ayant une session active !
|