"Michel Joindot" <mi.joindot@PASDEPUBwanadoo.fr> a écrit dans le message de
news: 48176c37$0$916$ba4acef3@news.orange.fr...
Un ami mécanicien (SNCF) m'a raconté que ça lui est arrivé, 7 km
> avant de pouvoir arrêter son train parce que derrière, une partie des
> véhicules n'étaient pas freinés.
Bonjour,
Une histoire sordide, qui m'est arrivée dans les années 75, je pense ! Il y
a prescription...
J'assurais le détail StPierre - Port de Piles et retour en matinée.
Ce train, à l'époque, partait de StPierre vers 4 heures du matin,
généralement très chargé, et était direct Port de Piles.
A Port de Piles, une manoeuvre de corps d'armée formait le train du Blanc,
que relayait un locotracteur, et le détail de retour que j'assurais donc en
revenant et qui alimentait les gares de Sainte Maure, Villeperdue et Monts
où ce train manoeuvrait à chaque fois.
Au retour, arrêt donc à Ste Maure, puis manoeuvre.
La manoeuvre terminée, les freins faits, nous devions être coulés, car le
régu a refusé de nous prendre et a donc demandé au chef de service de nous
garer pour laisser passer le 168 de l'époque, si ma mémoire est bonne.
La gare de Sainte Maure n'est pas très grande, et je suis donc contraint de
refouler sur une voie de débord où se trouve déjà une tripotée de véhicules
en attente, pour que le chef de service puisse refermer ses taquets et
libérer les principales...
En effectuant ce refoulement, je suis obligé de refouler tous les véhicules
pour pouvoir rentrer tout le train, et le chef de service emmanche la
manille du premier wagon pour que la rame restante n'aille pas trop loin
dans le refoulement...
Le 168 passe, le régu donne son accord, le chef de service déverrouille ses
aiguilles en courant, et me donne le départ.
Il faut préciser que ce détail est une véritable galère à insérer au milieu
des rapides, et que personne ne fait le fainéant. Je tire sec, et tient le
trait jusqu'à Villeperdue.
En voulant m'arrêter à Villeperdue avant l'aiguille de manoeuvre comme de
coutume, le frein n'a que très peu d'effet, et l'urgence pas plus. C'était
un H7A à l'époque... Le train s'arrêtera finalement quelques deux kilomètres
plus loin, sans danger puisque tout était ouvert, mais je me souviens bien
du moment de flou qui a suivi...
Vous avez deviné la suite !
A sainte Maure, la manille qui avait été engagée pour éviter que les wagons
restants ne s'échappent n'avait pas été retirée, et j'avais emmené tous les
véhicules sans distinction, le plus grand nombre étant vides d'air, et
n'étant pas reliés à la CG. Je me trouvais donc en excès important de
charge, avec la signalisation de queue au milieu du train, et la seule
partie de tête reliée au frein.
Dans ce cas précis, la seule erreur commise était l'oubli de la manille
engagée pour une question pratique. Tout le reste avait été fait
normalement, freins et signalisation de queue...
Les catastrophes ne tiennent qu'à très peu de choses, mais ce jour là, il ne
s'est rien passé.
Bien sûr, les suites administratives ont été plutôt dures pour le chef de
service de Sainte Maure. A cette époque, rien n'était gratuit...
Bonne journée
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Gérard Parramon
http://gparam.free.fr (La conduite des trains)
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