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La casse du Service public d'Éducation

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  Sujet:   La casse du Service public d'Éducation  
 De: bri...@hotmail.com (lolli)
 Groupes: fr.education.divers
 Organisation: les newsgroups par Orange
 Date: 02. May 2008, 13:36:02
La casse du Service public d'Éducation est bien programmée depuis 1996 par l'OCDE


Une dizaine de milliers de postes supprimés à la rentrée prochaine ! Des 
établissements scolaires sont entrés en ébullition. Cette révolte qui couve 
va-t-elle ressembler aux autres ? Car on en avait bien le soupçon. Mais on 
ne pouvait pas le croire. Le respect de l'adversaire conduit à garder un peu 
de retenue à son égard. Le suspecter de tant de noirceur et de cynisme 
suppose qu'on le retranche de la communauté humaine. Alors on ne veut pas s'y 
résigner jusqu'au jour où on tient la preuve entre ses mains.

 Mais, jusque-là, les faits ont beau s'accumuler, on se refuse à franchir le 
cap. On prend des précautions. On emprunte leur formule aux astrophysiciens 
confrontés à une série de phénomènes dont ils ne perçoivent pas l'origine ou 
la cause : la course erratique de cette planète est incompréhensible ? On 
émet alors l'hypothèse : tout se passe comme si...
Il en est de même avec l'Éducation nationale depuis une dizaine d'années au 
moins : tout se passe comme si... Un esprit raisonnable ne cesse, en effet, 
d'aller de stupéfaction en stupéfaction devant tant de conduites 
extravagantes. Mais les faits, qu'on le veuille ou non, s'enchaînent avec 
une logique qui atterre : elle va tellement à l'encontre de ce qui serait 
attendu.
1- Le savoir méprisé
On dirait ainsi que, paradoxalement, dans l'institution chargée de sa 
diffusion, le savoir est méprisé. Les élèves passent en classe supérieure 
sans avoir le minimum de connaissance requis. Les examens sont donnés en 
fonction non d'un seuil minimal de savoir, mais d'un pourcentage de 
candidats décidés en haut lieu qui prouve d'abord le bon fonctionnement de
l'institution.
Les socles de savoir minimal sont revus à la baisse : des disciplines, comme 
les Lettres classiques sont délibérément éliminées, parfois au profit du 
sport. D'astucieuses incompatibilités sont instituées, soit entre les 
disciplines, soit entre les horaires : si tu fais natation, tu ne peux faire 
du latin ; si tu choisis allemand, tu dois renoncer au latin qui est 
enseigné à la même heure. Des erreurs sont sciemment glissées dans les 
programmes : on veille, par exemple, depuis vingt-cinq ans à ce qu'un élève 
ne puisse comprendre quoi que ce soit à l'information et aux médias.
2- Les conditions de travail méprisées
Au savoir méprisé paraît correspondre un égal mépris pour les conditions de 
travail elles-mêmes. Les fins d'années scolaires commencent dès la fin mai, 
parfois avant. Les conseils de classe sont précoces ou alors les examens 
organisés obligent à fermer l'établissement. Le mois de juin est la plupart 
du temps un mois qui compte pour du beurre.
Mais il en est de même dans l'année quand les conseils de classe sont fixés 
en novembre pour le premier trimestre, en mars pour le second. Sous prétexte 
d'attribuer un nombre égal de jours entre les trois trimestres, il arrive 
que le second trimestre commence au début décembre et le second à la 
mi-mars. On ignore le fonctionnement psychologique de l'élève qui après le 
conseil de classe qui vient de faire le bilan de son trimestre, éprouve fort 
normalement le besoin de souffler : les trois semaines avant les vacances de 
Noël ou de Printemps connaissent donc un relâchement. On ne court pas 5 km 
de plus après un marathon. L'élève attend le retour de janvier ou d'avril 
pour repartir.
Que dire de l'examen de certification d'allemand en troisième qu'on fixe un 
27 mars quand il reste trois mois de travail ? Pourquoi priver les élèves de 
tout ce temps qui pourrait être si utile à l'assimilation ? Après l'examen, 
vont-ils continuer à fournir l'effort attendu ?

Le silence autour des classes n'est pas assuré : on travaille dans le bruit. 
Ça braille dans les couloirs ou sous les fenêtres dans la cour : des cours 
ne commencent pas à l'heure et le vacarme de la récréation continue. Ou 
alors le bruit vient de la salle voisine où un prof s'égosille dans un 
charivari empêchant toute attention. Et le comble, ce sont les élèves qui se 
plaignent en conseil de classe des « bavardages » que des professeurs ne 
savent pas contenir !
3- La règle méprisée
Il faut dire que le mépris de la règle peut être aussi la règle. Il suffit d'un 
élève dans un cours pour le perturber si toute sanction est interdite. Or le 
droit d' « exclusion ponctuelle de la classe » prévu par la circulaire du 11 
juillet 2000 peut être arbitrairement interdit localement aux professeurs. 
Une petite frappe peut se sentir soutenu par le bureau de la vie scolaire et 
même le chef d'établissement, et jouer l'indicateur ou le provocateur.
Mais il arrive aussi que ce soient les professeurs eux-mêmes qui ne 
souhaitent pas rédiger de rapport écrit sur les conduites inacceptables dont 
ils souffrent dans leur classe. Ils ont peur de se voir reprocher de ne pas 
« tenir leur classe » ou, au contraire, par compensation, ils pratiquent la 
surenchère dans l'humanitarisme dévoyé pour se faire valoir tant auprès de
l'administration 
qu'à leurs propres yeux. C'est ainsi que l'on mélange voyous et élèves 
méritants sous la même appellation d'origine non contrôlée d' « élèves en 
difficulté ».
Il n'existe, en général, dans un établissement, qu'une infime minorité d'élèves 
récalcitrants. Mais on les laisse prendre leurs aises et empoisonner la vie 
de tous. Le conseil de discipline tombe en désuétude, on préfère réunir un 
comité informel appelé par exemple "conseil de remédiation" : ça ne laisse 
pas de trace réglementaire au-dehors qui risquerait de ternir l'image de
l'établissement 
et surtout celle de son chef soupçonné par le rectorat de ne pas savoir « 
tenir son établissement ».
On ne remédie donc à rien du tout. La violence s'installe durablement. Il 
reste à courir après les euphémismes et à appeler les agressions 
quotidiennes des « incivilités » pour en dissimuler la gravité. Quand on 
apprend qu'un professeur a giflé un élève pour avoir été injurié, c'est le 
professeur que son administration lynche en public et que le père de l'élève 
fautif traîne en justice. Et quand une professeur échappe de peu à la mort 
dans une tentative d'assassinat après avoir alerté sa hiérarchie comme elle 
l'a pu, l'administration est exonérée de toute responsabilité.
4- Le professeur méprisé
Ainsi, l'administration donne-t-elle l'exemple au besoin. Elle viole 
allègrement le règlement en refusant toute protection statutaire à celui qui 
est attaqué à l'occasion de ses fonctions, quand la loi lui en fait un 
devoir. Recrutés parfois sans avoir un niveau culturel décent, certains 
chefs d'établissement montrent par reconnaissance sans doute envers
l'institution 
qui les a reconnus, de réelles dispositions en matière de brutalité.
Pour parvenir à leurs fins, la falsification n'est pas un problème pour eux, 
pas plus que la calomnie. Une sanction peut même être infligée sans raison à 
un professeur qui s'oppose à cette débâcle pour le faire taire. Tout paraît 
permis à ces responsables puisqu'ils peuvent agir en toute impunité. Ils ont 
l'appui non seulement de leur hiérarchie, mais même de la justice qui, par 
les temps qui courent, court à leur secours si d'aventure ils ont à répondre 
de leurs agressions devant un tribunal. Mais, même en cas de condamnation, 
ils restent à leur poste pour poursuivre leur triste besogne.
La stratégie machiavélique de l'OCDE
On a beau être ingénu, tant de continuité dans l'effort pour provoquer et 
accroître le chaos au cour du service public d'Éducation finit par laisser 
supposer une stratégie délibérée de destruction. Mais l'idée paraît si 
folle. En fait, elle ne l'est pas. Un lecteur a laissé en commentaire d'un 
article précédent (1) les références d'un rapport de Christian Morrisson, 
expert de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement 
économiques, daté de... 1996, intitulé « La faisabilité politique de
l'ajustement 
 » (2).
Peut-être l'a-t-on remarqué, le mot « ajustement » est aujourd'hui dans 
toutes les bouches gouvernementales et patronales, comme le dogme d'un 
catéchisme. Ce mot modeste et inoffensif est, en réalité, un leurre. Il 
appartient à une tradition de langage politique par euphémisme 
compréhensible des seuls initiés, comme l'était l'expression « solution 
finale » de sinistre mémoire. Ce titre apparemment anodin désigne en fait 
une destruction en douceur du service public d'Éducation. Il vise à masquer 
la violence de l'objectif : « ajustement » veut dire ici destruction et « 
faisabilité politique » signifie prévention des révoltes susceptibles d'être 
provoquées par cette destruction.
En somme, ce titre mystérieux désigne tout simplement la stratégie 
astucieuse conçue pour opérer dans les pays de l'OCDE des contre-réformes 
structurelles et désengager le budget de l'État des services publics sans 
provoquer de révoltes populaires. Ainsi est-il recommandé non « la baisse de 
la quantité » qui déclencherait des révoltes, mais « la baisse de la 
ualité  » dans certains établissements et pas dans d'autres pour rendre 
insensible aux familles la destruction programmée du service public d'Éducation. 
Voici un extrait éloquent de la page 30 du rapport que le lecteur avait cité 
:
« [...] Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne 
pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On 
peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux 
universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou
d'étudiants. 
Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, 
mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement et l'école 
peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des 
familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans 
une école mais non dans l'établissement voisin, de telle sorte que l'on 
évite un mécontentement général de la population. »
Si l'on avait encore quelques doutes sur les raisons du chaos qui s'est 
installé durablement dans l'Éducation nationale depuis dix ans, ils sont 
levés. Il s'agit bien, comme le conseille cet expert de l'OCDE, de ruiner 
progressivement la qualité de l'École publique pour introduire peu à peu une 
privatisation qui s'imposera comme la seule planche de salut quand la vie 
dans les établissements ne deviendra plus supportable. À bon entendeur salut 
! La casse du service public que laissaient supposer toutes ces conduites 
irrationnelles est bien programmée à terme selon un plan méthodiquement 
réfléchi depuis 1996. Les défenseurs du service public d'Éducation ont 
quelques raisons de s'émouvoir. Paul Villach
________
(1) « Un arrêt de Cour de cassation qui devrait alarmer tous les 
démocrates », Agoravox, 14 mars 2008.
(2) OCDE, CAHIER DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE N° 13, 1996, page 30.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38026


DateSujet  Auteur
02.05.
*   La casse du Service
lolli
03.05.
+- Re: La casse du Service
Herve
05.05.
`* Re: La casse du Service
Jean_Dominique
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L.Lehrm
08.05.
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Jean_Dominique
08.05.
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Goret Neuneu
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Anne
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 `- Re: La casse du Service
Bosco
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