"Anne" <anneleguennec@free.fr> a écrit dans le message de news:
1ig7w8h.oh3h5bysxgaN%anneleguennec@free.fr...
> Jean_Dominique <jean_dominique@yahoo.com> wrote:
> Y a quand même un truc qui m'interpelle quelque part : sous Napoléon, à
> peu de chose près, quand le statut du lycée et des agrégés qui y
> asévissaient, personne ne trouvait els enseignats paresseux, avec déjà,
> leurs 15 heures hebdo...
>
> Même chose dans les années 50, à la création du corps des certifiés,
> personne n'a hurlé après les 18 heures du statut.
>
> Je remarque juste un truc : la plupart des salariés bénéficient de
> réductions d'horaire non négligeables et un allongement de leurs congés,
> et boum, tout le monde se met à hurler à la fainéantise et toussa.
>
> Là, va falloir m'expliquer.
Simple.
D'abord, il est tout à fait exact que les salariés des entreprises ont, dans
leur majorité (mais pas tous !) bénéficié de réductions d'horaires. Ce qui
signifie : 35 heures *effectives* par semaine et, pour ceux qui travaillent,
par exemple, 37h1/2 par semaine ou plus, pour des raisons de permanence, des
jours de "RTT". On est très, très loin de 18h, ou de 24h en tenant compte
des corrections, comme le démontre l'inconscient qui a initié ce fil !
Ces salariés bénéficient, en outre, de 5 semaines de congés payés. On est
très, très loin des 36 semaines travaillées par an !
Sur le deuxième point, il est parfaitement exact que les "obligations de
service" des enseignants *du secondaire*, très faibles, sont aussi très
anciennes. Mais *seulement* pour les enseignants du secondaire.
Les "hussards de la République", les instituteurs du primaire, ont toujours
travaillé beaucoup plus, et il reste aujourd'hui une énorme différence, en
terme de sens du devoir, du service à la collectivité, entre le primaire et
le secondaire. Vous devriez lire les livres de Claude Allègre, il explique
magistralement les différences entre le primaire et le secondiare, et
notamment que la "fusion" entre les deux institutions n'a jamais eu
réellement lieu.
Ce qui explique, soit dit en passant, que de nombreux parents, très contents
des instituteurs du public, font passer leurs enfant dans le secondaire
public, ce qu'il ne faut absolument pas faire !
Pour en revenir au secondaire, il faut se rappeler que la baccalauréat, à sa
création, ne concernait pas 1% d'un classe d'âge. Les enseignants, choisis
parmi les érudits, les agrégés de l'Université, enseignaient *à temps
partiel* à une toute petite minorité issue des classes privilégiées. La
plupart étaient eux-aussi issus de ses classes privilégiées. Soit ils
n'avaient pas besoin de travailler pour vivre, soit ils avaient besoin de
temps pour leurs recherches, leurs autres activités dont ils tiraient une
rémunération.
Donc, le système était fondé sur un principe simple et, à l'époque,
relativement compréhensible : "tu ne travailles pas beaucoup, mais je ne te
rémunère pas beaucoup non plus".
La situation a changé, vous ne trouvez pas ?
Au boulot !