Historicité de l guerre de Troie 9
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Sujet: Historicité de l guerre de Troie 9
De: sarbone.ave...@otenet.gr (Chaeréphon)
Groupes: fr.soc.histoire.antique
Organisation: Ami de Farinet
Date: 04. Jul 2008, 16:13:40
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Ces deux tombes témoignent sans aucun doute d'une aristocratie qui tend
à affirmer sa domination en élevant ses ancêtres au rang de demi-dieux,
mais sans référence nécessairement à l’épopée, au modèle homérique. Il
s’agit au plus d’une idéologie de type homérique, d’une idéologie
héroïque, qui découle peut-être autant que les textes de la réalité de
l’époque.
Il s’agit d’une classe qui se représente elle-même, en exagérant parfois
sa richesse et sa puissance, ou en tout cas en l’affirmant bien haut. On
pourrait alors de demander si cette classe de guerriers et de riches
propriétaires terriens représente ses propres funérailles, ses faits
d’armes. En insistant sur le caractère occasionnel des vases, on
pourrait aller dans ce sens. Mais ils faut remarquer qu’au 9e s.,
Athènes n’avait pas à lutter pour se défendre (elle a été épargnée par
l’invasion dorienne et par les troubles intérieurs qui l’ont suivie), ou
pour s’étendre (elle ne participe pas au premier mouvement colonial).
Pourquoi alors cette brusque apparition des scènes de combat ? Ceux-ci
ne sont peut-être que l’image que l’on se faisait de la vie par
excellence de la classe noble, qu’il y ait ou non référence à un passé
plus ou moins obscur. Ainsi l’arc semble être laissé de côté dans ce
type de représentations, alors qu’il est loin d’être inconnu. Il y donc
une discrimination, qui trahit un idéal chevaleresque, à rapprocher de
la convention établie lors de la Guerre lélantine et interdisant les
armes de jet.
Dans les scènes de combat et de prothésis, l’aristocratie ne cherche
peut-être qu’à affirmer son unité, sa richesse, sa puissance, face Ã
d’autres classes de la population, dans le cadre de la désintégration du
pouvoir qui fait suite à la fin du monde mycénien, à un moment où son
statut est remis en question dans la polis naissante ; ou face Ã
d’autres aristocraties, elle cherche à rivaliser de prestige, trouvant
là un dérivatif à une perte de puissance politique effective. Elle veut
peut-être aussi se justifier à ses propres yeux. Il faut en tout cas
remarquer la grande unité culturelle de cette classe, même en des
endroits très éloignés les uns des autres.
Selon Kirk, la mentalité homérique n’est pas mycénienne ; elle a été
recomposée autour de certains vagues souvenirs de grandeur, de puissance
et de luxe diffus dans l’épopée. Ce n’est pas par référence à un passé
mythique que se définirait donc cette idéologie, mais par opposition Ã
quelque chose d’établi.
On pourrait ainsi expliquer le changement de coutume funéraire entre le
submycénien et le protogéométrique à Athènes ; de même la différence
entre l’Agora et le Céramique de ce point de vue-là .
Cette idéologie aurait ainsi pour principale fonction celle de
ralliement. L’idéologie s’avère aussi stabilisante quand il s’agit de
préserver les avantages acquis des couches sociales dominantes. Et si
avec le temps, elle disparaît, comme nous en avons des indices sur les
vases et dans les tombes, c’est qu’elle s’est avérée inefficace, ou
qu’elle est devenue inutile, l’idéal aristocratique étant devenu dans
une certaine mesure celui de la Cité tout entière.
--
<http://users.otenet.gr/~sarbonne/actualite.html>
Amicalement. Chaeréphon
"Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre".
<http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm>

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