Re: "Les terrasses c'est pour les fumeurs."
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Sujet: Re: "Les terrasses c'est pour les fumeurs."
De: kyleg...@gmail.com (kylegl54)
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Organisation: Guest of ProXad - France
Date: 16. Apr 2008, 16:39:03
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On 2008-04-16 15:28:43 +0200, orcim <orcimeric@laposte.net> said:
>>> Ainsi donc, il aurait suffit d'imposer un panonceau bien visible à
>>> l'extérieur de l'établissement et précisant s'il est fumeur ou pas.
>> Le fameux "système à l'espagnol"...
>> Cette question a déjà été répondu un certain nombre de fois, notamment
>> dans ce forum, mais aussi dans les journaux, ainsi que sur le site des
>> buralistes.
>> Non, le système à l'espagnol n'est pas possible. Pourquoi ? Parce que
>> le décret n'a pas pour but premier la protection du client, mais la
>> protection du salarié.
>
> Dois-je comprendre que les salariés n'ont pas le choix dans une
> profession en déficit de personnel? 'plus pour longtemps, hélas...)
C'est exactement cela.
La raison est que le droit francais ne fait pas confiance au patron, et
soupsconne toujours une possibilité de pression de la part du patron
sur ses employés afin que ceux-ci acceptent même ce qu'ils,
normalement, ne voudraient pas accepter.
Ainsi, en droit francais, il n'y a pas de possibilité pour un salarié
de renoncer à cette protection. Toute disposition contraire dans un
contrat de travail, par exemple, serait nulle et non avenue.
L'idée derrière est qu'un salarié n'a pas à choisir entre sa santé et
son travail. Une autre idée derrière est d'empêcher un salarié
d'accepter un travail mettant en jeu sa santé quand il est jeune (car
il est bien connu que l'on est immortel à cet age), et de s'apercevoir
20 ans plus tard des impacts sur sa santé.
Donc oui, la loi protège les salariés même contre leur volonté.
En passant, le fait qu'il soit fumeur ou pas n'a en fait aucun rapport.
En effet, il ne serait pas juste de ne protéger que les non-fumeurs par
rapports aux fumeurs (discrimination). De plus, si un serveur fume 1
paquet chez lui, mais ne fume pas pendant son service, et est exposé 8
heures par jour 5 jours par semaine au tabagisme passif de ses clients,
alors il a une augmentation du risque tout autant qu'un non-fumeur. Sur
quel principe lui dénier cette protection ? Parce qu'il prend des
risques chez lui, il doit supporter les risques à son travail ? Enfin,
qu'est-ce qu'un fumeur ? Il y a tellement de fumeurs différents,
suivant leurs fréquences et leurs rythmes... Et puis, pour finir, il y
a aussi des "non-fumeurs" qui sont protégés "contre leur gré", c'est à
dire qui ne se soucie pas plus que les fumeurs du danger du tabagisme
passif (bien qu'en fait de "non-fumeurs", on devrait les appeller des
non-"fumeurs actifs" mais des "fumeurs passifs", puisqu'ils font le
choix personnel de fumer passivement.
Maintenant, est-ce que la loi devrait permettre au salarié d'exprimer
clairement son choix ? Oui, c'est possible. Il faudrait pour cela
revoir non pas le décret mais le Code du travail.
Des pistes là-dessus avaient été évoquées dans ce forum lors d'une
discussion avec André.
Mais c'est un combat difficile, car il y a fort à parier que les
syndicats rejeteront en bloc tout ce qui pourrait être vu comme un
affaiblissement de la protection du salarié... enfin, c'est mon humble
avis.

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