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Bagnoles : « Les pauvres sont dégue ulasses, ils polluent »

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  Sujet:   Bagnoles : « Les pauvres sont dégue ulasses, ils polluent »  
 De: o.geha...@gmail.com (o.gehaime)
 Groupes: fr.soc.economie, fr.soc.environnement, fr.soc.politique
 Suivi-à: fr.soc.environnement,fr.soc.economie
 Organisation: Guest of ProXad - France
 Date: 16. May 2008, 16:54:28
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http://www.bakchich.info/article3781.html

  MODES DE VIE
Bagnoles : « Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent »
Pollution / vendredi 16 mai par Nicolas Beau


Salauds de pauvres ! Bouh, les vilains pollueurs… ils préfèrent 
conserver de vieilles bagnoles déglinguées, plutôt que de louer des 
petites voitures neuves. Comment imposer un droit à la voiture propre 
pour tous, y compris les plus modestes ? Ce n’est pas un canulard. Mais 
une campagne de pub, lancée ce jeudi 15 mai, par le groupe de location 
Ucar – conseillé par l’agence de pub H (Havas). La campagne est 
provocatrice, certes, mais son enjeu est décisif.

Débutée mercredi 14 mai dans le journal Le Monde, et poursuivie jeudi et 
aujourd’hui dans de nombreux medias, la campagne politically incorrecte 
du groupe de location de voitures Ucar a provoqué déjà de violentes 
réactions. Ainsi, a-t-on vu se répondre sur RTL, France Info ou Europe, 
le patron d’Ucar, Jean-Claude Puerto, et le haut-commissaire aux 
solidarités actives contre la pauvreté au sein du gouvernement Fillon, 
Martin Hirsch. Lequel dénonçait violemment le racisme anti-pauvres de 
l’industriel de la location de voitures.
La lutte finale entre beaufs et bobos

Reste que les publicitaires de l’agence H., qui sont à l’origine de 
cette campagne, sont parvenus, grâce à leur sens de la provocation, à 
dénoncer publiquement l’anachronisme d’un parc automobile vieillissant 
et polluant. On compte en France trente-cinq millions de bagnoles 
d’occasion, et deux millions seulement de voitures neuves par an. Et 
encore ce chiffre a-t-il baissé ces dernières années, puisqu’on 
atteignait les 2,4 millions de véhicules neufs en l’an 2000.
JPG - 10.7 ko
2,4 millions de voitures neuves en l’an 2000 et tant de vieilles 
bagnoles déglinguées…
© Wozniak

Trop chère, la voiture neuve est inaccessible. L’âge d’accession à la 
propriété d’un véhicule neuf est aujourd’hui de quarante-trois ans. Du 
coup, les frustrations sont de plus en plus grandes. Sur fond de 
limitation de vitesse, de radars, de pertes de points, de stationnement 
payant et d’achat, notamment pour les moins fortunés (les fameux « 
pauvres ») de vieilles guimbardes polluantes. Une lutte féroce et 
stérile oppose désormais les beaufs partisans du tout bagnole, et les 
écolos favorables au zéro voiture, type les ayatollahs verts de la 
mairie de Paris. Et après la cigarette, notre chère voiture pourrait 
devenir, est devenue peut être déjà, l’ennemi public numéro un de nos 
sociétés prohibitionnistes.
L’imagination au volant

Comment sortir de l’impasse ? La politique gouvernementale se limite à 
offrir une prime à la casse de quelques centaines d’euros (voir 
encadré). Comme si les propriétaires allaient se séparer de leurs chères 
vieilles bagnoles pour une pareille aumône. Et cela, naturellement, ne 
marche pas ! Le patron d’Ucar, Jean-Claude Puerto, plaide pour une 
réconciliation de la voiture et de la société. « Louer, explique-t-il, 
c’est rester libre et adapter le type de voiture à l’usage qu’on en fait 
». Pourquoi, en effet, ne pas se servir d’une petite berline pour se 
rendre quotidiennement au travail et l’Espace pour partir en vacances en 
famille ?

Et Puerto d’expliquer : « Plus rationnels que les particuliers, les 
groupes industriels et les administrations ont déjà fait le choix de la 
location ». Et les constructeurs leur font des rabais de 20 à 30%. « La 
location, poursuit Puerto, est un instrument de démocratisation, parce 
qu’elle rend l’usage de la voiture moins coûteux. À condition que le 
consommateur accepte de calculer ses dépenses. Or, contrairement aux 
groupes privés, le particulier ne le fait pas. La voiture, "sa" voiture, 
n’a pas de prix ». Or, la voiture vieillissante coûte cher en pollution, 
sécurité et réparations.

Combien de livres, combien de tribunes sur le bon usage des médicaments, 
de la bouffe ou du sport ! Quand, dans la foulée, parlera-t-on enfin, en 
France, du bon usage des voitures ?
Borloo, des caisses à la casse

Face au vieillissement du parc automobile, Jean-Louis Borloo ressort les 
vieilles recettes : la prime à la casse.

12 ans déjà ! Sous Juppé, la dernière prime à la casse avait été un vrai 
succès… sur le moment. En échange de 800 euros, plus de 676 000 voitures 
ont été réduites à des carrés de conserve, et le marché de l’automobile 
reprit du poil de la bête. C’est ce qu’on appelle « l’effet d’aubaine ». 
Mais l’année d’après… Fausse joie, c’est la bérézina ! Le marché de la 
voiture s’écroule. La situation s’est aggravée, puisque l’espoir 
suscité, créateur d’investissement, provoque dès lors la morosité. Le 
gouvernement Juppé a cru pouvoir renouveler les bons chiffres obtenus 
par Balladur deux ans plus tôt : 651 000 voitures dégagées, et surtout, 
une reprise de l’activité des quatre roues. Mais, en 1996, c’est râpé 
pour Juppé. C’est peut-être pour cette raison que, depuis, les envies 
d’aller à la casse se sont faites plus rares.

Oui, mais voilà, heureusement qu’il y a eu le Grenelle de 
l’environnement et son cortège de bonnes intentions. Jean-Louis Borloo, 
tout sourire, promettait de l’écologie à « qui n’en veut ». Et même un 
peu de casse au passage. On lui fait confiance. L’intention, en novembre 
dernier, était de donner jusqu’à mille euros aux propriétaires d’une 
bagnole de 6 ans minimum. Depuis, silence radio. Il faut dire que Dame 
nature est absorbée par des couacs parlementaires « génétiquement 
modifiés ».

Mais, au Ministère de l’Environnement et du Développement durable, on 
s’active. On a l’habitude de sortir sa petite calculette, son crayon et 
sa gomme. Par de multiples équations aussi improbables les unes que les 
autres, on était déjà arrivé aux résultats suivants : En 1994, lors de 
la prime Balladur, 100 millions d’euros de dégâts environnementaux 
(pollution locale et effet de serre) ont été économisés, et 190 sous 
Juppé ! Une question s’impose : pourquoi une telle différence ? Comment 
a-t-on pu doubler les économies entre 1994 et 1996, alors que seulement 
20 000 voitures séparent les deux mesures ? Mystère des mathématiques.

Autre incohérence : Sous Balladur, le seuil minimum des voitures à jeter 
à la casse était de 10 ans, 8 ans sous Juppé et 6 ans aujourd’hui. Quand 
on sait que ce sont principalement les voitures les plus vieilles qui 
polluent (salauds de vieux !), on est en droit de se demander à quoi va 
servir cette mesure. A ce rythme-là, on pourra bientôt sortir du 
concessionnaire pour aller à la casse directement. A.L.


-- 
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DateSujet  Auteur
01.01.
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