Désolé pour la dérive, mais avec le taux d'occupation du forum je n'ai
pas envie de faire suivre sur fr.sci.polemologie... ;-)
Christophe Dang Ngoc Chan a écrit, citant Jean Lévi, Préface de /L'Art
de la guerre/, Hachette littératures (2000), ISBN 2-01-279087-9, p. 42-43
> SebL a écrit :
>
>> l'Art de la Guerre [...]. C'est pas pour rien que le traité
>> est étudié en école de gestion.
>
> C'est d'ailleurs très surfait.
>
> "Le prestige du /Sun-tzu/ comme celui du /Lao-tse/ tient d'abord
> à l'exotisme, mais aussi au vague de formules qui trouent toute sortes
> de domaines d'application."
Je suppose qu'elles trouVent, mais la faute est amusante. Ceci dit je ne
suis pas d'accord avec l'auteur, il y a dans le Sun Tsu une collection
d'évidences qui comme le dit le poncif : "vont sans dire mais vont mieux
en le disant" et qui dans la majorité des cas ne sont pas vagues du tout
si on les prend au pied de la lettre et non comme des métaphores...
Ceci dit certains feraient bien de les suivre, par exemple en décidant
d'une guerre par mesures et prévision au lieu de se baser sur les
astrologues de sa femme, ou de connaitre son adversaire et le terrain
dans lequel il s'engage avant d'ouvrir la bouche impromptu devant les
télés. Citons ici Iron-Man (le film) : "Tiens t'en aux fiches !"
> "Il s'inscrit en outre parfaitement dans la
> phraséologie belliciste et combattante de notre époque, où la guerre,
> tout en se retirant de notre quotidien en tant que réalité vécue,
> envahit sous des formes fantasmatiques ou réelles des domaines civils
> dont elle était en principe exclue : les relations sociales,
> commerciales et économiques ne sont plus pensées qu'en terme de guerre
> totale, de lutte à outrance et d'extermination."
La aussi, Sun Tsu à quelque-chose à dire sur le fait que la guerre n'est
pas destruction mais subjugation et que les ennemis d'aujourd'hui sont
les sujets de demain.
> Ainsi les théories de Sun Tzu sont-elle à la mode. Rien de mieux qu'un
> objet mystérieux et lointain pour le parer de tous les traits dont on
> ressent la carence chez soi-même."
Là encore je doute, regarder le sens du vent avant de mettre le feu à la
plaine n'est ni mystérieux ni lointain, et même si je conçois que
certains aient pu se laisser abuser par le vernis d'exotisme, il s'agit
plus d'une "check-list" à l'usage d'un général que d'un quelconque
traité d'analectes. Et même si celui-ci ne s'embarrassait pas d'éthique
moderne, bien des points sont encore récupérables (et adaptables avec
intelligence) pour ne pas commettre d'erreurs grossières de stratégie.
Rajoutons à cela que la lecture du Sun Tsu permet une intéressante
vision de la mentalité d'un général qui n'était pas de culture
judéo-chrétienne post-nazie et qui permet donc de rendre un peu de
crédibilité à des généraux de 'med-fan' qui parfois se comportent
carrément trop comme des Foch, ou comme des Rommel en oubliant les
réalités premières d'un combat sans radio et sans train.
--
Greetings, Salutations,
Guiraud Belissen, Château du Ciel, Drachenwald,
Chris CII, Rennes, France