SebL a écrit :
> l'Art de la Guerre [...]. C'est pas pour rien que le traité
> est étudié en école de gestion.
C'est d'ailleurs très surfait.
"Le /Sun-tzu/ et la pensée stratégique chinoise en général jouissent du
même engouement que /Le Livre de la Voie et de la Vertu/ entre les deux
guerres avec la montée du nazisme. Et comme le /Lao-tse/, il est
naturellement l'objet de toutes sortes de distorsions, puisqu'on le
somme de résoudre toutes les questions suscitées par la folie des
hommes. Le prestige du /Sun-tzu/ comme celui du /Lao-tse/ tient d'abord
à l'exotisme, mais aussi au vague de formules qui trouent toute sortes
de domaines d'application. Il s'inscrit en outre parfaitement dans la
phraséologie belliciste et combattante de notre époque, où la guerre,
tout en se retirant de notre quotidien en tant que réalité vécue,
envahit sous des formes fantasmatiques ou réelles des domaines civils
dont elle était en principe exclue : les relations sociales,
commerciales et économiques ne sont plus pensées qu'en terme de guerre
totale, de lutte à outrance et d'extermination. L'idéologie véhiculée
par le discours économique dominant est façonnée par une terminologie
guerrière.
[...]
Ainsi les théories de Sun Tzu sont-elle à la mode. Rien de mieux
qu'un objet mystérieux et lointain pour le parer de tous les traits dont
on ressent la carence chez soi-même."
Jean Lévi, Préface de /L'Art de la guerre/, Hachette littératures
(2000), ISBN 2-01-279087-9, p. 42-43
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Christophe Dang Ngoc Chan
cdang@wanadoo.fr