mémoire, Mai 1958, l'armée
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Sujet: mémoire, Mai 1958, l'armée
De: jejvi...@free.fr (UBUjean-jacques viala)
Groupes: fr.soc.histoire
Organisation: fan de faustroll
Date: 09. May 2008, 21:26:27
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12 Mai 1.958:
Les gouvernements de la République ont simplement oublié qu'entre
l'armée et la nation il existe un contrat tacite. Par ce contrat, les
officiers, les sous-officiers, les cadres de carrière s'engagent à
sacrifier leurs intérêts, leur famille, leur vie même, quand l'exige
l'intérêt du pays. Comme le centurion de l'Evangile, ils font voeu
d'obéissance.
Mais, de son côté, la nation s'engage à ne pas systématiquement confier
à l'armée des missions incompatibles avec les moyens, humains et
matériels, dont elle dispose.
Elle s'engage à la défendre lorsqu'elle est attaquée, à l'honorer
lorsqu'elle respecte son contrat. Or, précisément, l'armée française de
1958 a le sentiment que ce contrat n'est plus respecté.
Elle se voit trahie, à peu près impunément, par les communistes, par une
large fraction des élites et de l'Eglise, qui, mus par des mobiles
multiples, réservent à l'ennemi, en exclusivité, le bénéfice de leur
sympathie, et l'aident par tous les moyens en leur pouvoir.
Tous paraissent oublier qu'en se battant l'armée ne fait qu'obéir à la
volonté nationale.
Elle se sent ainsi incomprise, abandonnée par l'État et par la nation.
Elle impute l'essentiel de ses défaites, de ses divisions, de ses
souffrances, à ses chefs civils et militaires, ceux-ci étant nommés par
ceux-là.
Il en résulte une grave crise de confiance, vis-à-vis du commandement et
du pouvoir civil, crise qui n'a fait qu'empirer avec les années.
Elle a saisi qu'elle est destinée toujours à jouer les boucs émissaires.
Elle en a conçu une grande amertume.
Elle se sent forte des indulgences qu'elle a acquises par tous les
sacrifices consentis.
Elle est convaincue d'avoir compris mieux que personne en France la
véritable nature de la menace qui pèse sur le pays et sur l'Occident
tout entier.
Elle est exaspérée par la perspective d'une nouvelle défaite en Algérie,
qui signifierait pour elle une humiliation de plus, une rupture des
engagements moraux qu'elle a contractés à l'égard de la population. Se
souvenant de la leçon gaulliste, elle éprouve la tentation de plus en
plus vive d'intervenir dans la conduite des affaires.
De son côté, l'État a tendance, pour se dédouaner de l'opinion, à
rejeter sur l'armée la responsabilité systématique des fautes commises.
Conscient de sa faiblesse, il s'inquiète aussi de la voir peser d'un
poids de plus en plus lourd sur la politique nationale. Mais il ne
semble pas lui venir à la pensée qu'en manquant aux plus élémentaires
devoirs, et en rompant son contrat, il invite l'armée à quitter la voie
légale. Pour couronner le tout, défaites, divisions, crises de
confiance, amertumes ont entraîné à l'intérieur de l'armée un
affaiblissement général de l'autorité et, par voie de conséquence, une
indiscipline chronique, qui la ronge comme un cancer. Voilà en bref les
ombres et les lumières de cette armée, qui possède d'admirables vertus,
mais qui est affligée de vices qui la paralysent.
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UBU
Agis uniquement selon la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps
qu'elle devienne une loi universelle .
Kant

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