Un Ambassadeur qui prend de gros ri sques d'antisémitisme
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Sujet: Un Ambassadeur qui prend de gros ri sques d'antisémitisme
De: z...@freetibet.cn (ZULU)
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Organisation: Aioe.org NNTP Server
Date: 02. May 2008, 03:21:44
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Les Israéliens trahis par leur Etat
Stéphane Hessel Ambassadeur de France.
Au retour d’un nouveau séjour en Palestine et en Israël en avril 2008, j’éprouve
une
angoisse qu’il me faut partager d’urgence avec mes lecteurs juifs et non-juifs.
Par son interdépendance croissante qui implique un haut degré de solidarité
entre ses
parties, la société internationale du vingt-et-unième siècle impose aux
gouvernements de
chacun des Etats qui la composent une constante recherche de légitimité. Ses
postulats
sont la conformité avec un certain nombre de principes inscrits depuis le milieu
du siècle
précédent dans les textes fondamentaux du droit international, initialement en
1945 dans
la Charte des Nations Unies, puis de décennie en décennie dans des pactes,
traités,
conventions, statuts de tribunaux internationaux.
Pour un Etat, si fort soit-il militairement ou économiquement, perdre cette
légitimité
c’est mettre inévitablement en péril son avenir et en danger la sécurité de ses
habitants.
Or, depuis quarante ans Israël a perdu cette légitimité en bafouant jusqu’ici
impunément
ses principes, valeurs et accords qu’elle est censée respecter en tant que
membre de
l’organisation qui lui a donné naissance.
Bénéficiant de la sympathie que lui vaut le souvenir de la Shoah et du soutien
que lui
accorde pour l’instant le plus puissant des Etats membres (lui-même en perte de
légitimité
en Irak), Israël assure sa survie par l’écrasante supériorité de ses armes.
Les gouvernements israéliens successifs ont assumé l’illégitimité en poursuivant
l’occupation militaire de territoires qui ne lui sont pas reconnus, en y
multipliant
l’implantation de colonies, en traitant leur population par l’oppression, le
harcèlement
et le mépris au rebours du droit humanitaire et en restant sourds aux
résolutions adoptées
par l’instance chargée, au plan mondial, du maintien de la paix et au règlement
des conflits.
Quarante ans après la fin de la guerre des Six jours, Israël n’a pas trouvé un
gouvernement capable d’entamer sérieusement la nécessaire négociation avec les
Palestiniens qui serait en mesure de lui rendre sa légitimité, de garantir sa
sécurité
véritable et de lui donner un avenir.
Il s’agit d’un échec dont ma visite sur place me permet de mesurer la gravité.
En effet, la solution jusqu’ici préconisée officiellement par les partenaires
d’Israël
occidentaux et arabes de deux Etats souverains sur des espaces viables avec
leurs deux
capitales à Jérusalem n’est plus réaliste, puisque ces espaces ne sont plus
disponibles.
Celle d’un Etat démocratique commun aux deux peuples est encore plus chimérique.
Il reste
un Etat sans légitimité avec un peuplement scindé, comportant des juifs maîtres
et des
Palestiniens voués à un régime de non-droit, enfermés comme à Gaza et demain en
Cisjordanie dans des bantoustans, une situation comparable à l’apartheid.
A terme - et je dirais à très court terme -, cette situation ne peut que
conduire à une
explosion, à des risques majeurs dont on peut imaginer l’ampleur en voyant
l’état de la
jeunesse palestinienne. Elle n’a connu jusqu’ici qu’oppression et violence, ne
connaît
d’Israël que son armée et ne se sent pas d’avenir en paix. Elle sait aussi que
son nombre
constitue à terme sa force que rien ne pourra arrêter et que personne ne pourra
les blâmer
de combattre pour la liberté.
Pour les juifs qui ont fait confiance à un Etat pour assurer leur avenir, quand
se
réveilleront-ils de leur sommeil pour s’apercevoir qu’ils ont été trahis ?
Dernier ouvrage paru :Citoyen sans frontières. Conversations avec Jean-Michel
Helvig.
(Fayard, 2008).
http://www.liberation.fr/rebonds/323892.FR.php

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